images qui bougent

11 octobre 2010

Ne pas avoir peur d'être libre, ' Ken Park ' de Larry Clark

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Portraits-croisés d'une bande de copains dans une petite bourgade américaine, peu de temps après le suicide de l'un d'entre eux.

On retrouve ici un peu de la structure narrative de 'Kids' en suivant moins nerveusement toutefois un groupe plus restreint de différent personnages tous plus ou moins indirectement liés les uns aux autres, prétexte à nouveau pour le réalisateur indépendant Larry Clark de brosser un portrait assez frontal de la société américaine contemporaine, à nouveau d'après un scénario de l'excellent Harmony Korine.

C'est surtout la structure familliale qui est passée ici au crible, comme lieu de toutes les oppressions, comme en réponse à la complaisance que l'on a toujours prêtée aux deux auteurs. Le fait se vérifie d'autant plus aujourd'hui quand on voit l'interdiction aux mineurs dont a fait l'objet en France la dernière retrospective du travail photographique du réalisateur. Il serait bien temps d'expliquer aux censeurs que si l'Art Contemporain montre ce qu'il montre de la façon dont il le montre, c'est bien qu'il y a une raison. Préçisément c'est l'un des ressorts thématiques principaux d'un film comme 'Ken Park', qui n'est pas sans rappeller non plus l'approche subversive et déconstructive de quelqu'un comme Todd Solondz ( 'Happiness'; ' Storytelling'; 'Life during wartime' ) ou celle de Gus Van Sant pour ' Elephant' à propos des éruptions de violence de la part de la jeunesse contemporaine.

En juxtaposant les différents univers familliaux de quatres teen-agers, Larry Clark met l'accent, avec nuances, sur l'aspect autarcique de cette structure,génératrices de tous les traumatismes, et soulignant par là la nécessité pour les protagonistes de trouver un éxutoire. Avec nuances parce que justement certains personnages arrivent à trouver des solutions et c'est ce qui fait de 'Ken Park' un film beaucoup moins sombres que les réalisations précédentes de Clark. Cependant d'autres  personnages n'auront pas tous le même recul que d'autres, ou seront littéralement dévorés par l'irrationnalité dangereuse qu'entraînent parfois des relations axées principalement sur des rapports de force. Tous ne sombrent pas dans la déchéance, drogue etc... ou même dans la mort, mais tous ne trouvent pas non plus la force nécessaire pour actualiser la rupture, ou plutôt l'échappée belle adéquate.

A travers le noyau dur de trois personnages principaux, Clark laisse entendre pourtant une alternative possible, directement issue des théories les plus utopistes, pas des plus inenvisageables compte-tenu des conditions qui les auraient générée, quand on voit à quoi elles s'opposent, à quoi elles répondent, une sorte de retour à l'innocence qui s'impose d'elle-même, comme seule réaction définitivement, autant qu'irrémédiablement, saine.

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10 octobre 2010

' Parfait amour !', votez Catherine Breillat

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Inspiré d'un fait-divers, ou peut-être de tous les faits-divers, le film de Catherine Breillat est -excusez-moi d'employer à nouveau des gros mots- une réussite absolue, un monument intégral en ce qui concerne les films avec des histoires d'amour qui finissent mal en général aussi bien qu'un témoignage édifiant de ce que fût la société française avant le passage au nouveau siècle. 'Parfait amour !' relate la relation entre une jeune madame de 37 ans, divorcée et mère de deux enfants avec un jeune homme de dix ans son cadet, qu'elle a plus ou moins vu grandir par ailleurs, qui commence comme comme un conte de fées, qui pourrait, enfin tout ce que la modernité des Trentes Glorieuses a essayé de nous faire avaler à grands coups de François Truffaut -avec tout le respect- et de Claude Lelouch -pareillement, mais oui- se décompose, se désagrège littéralement ici sous nos yeux pour révéler le gouffre béant qui sépare encore les individus d'hier et d'aujourd'hui.

Et sans forcer, sans martelage, par accumulation des faits tout au long d'un récit magnifiquement écrit, superbement interprété et mis en scène avec emphase et efficacité, simplement l'ennui finit par transparaître progressivement de l'intimité ( on pense ici très fort au 'Twenty-nine palms' de Brunot Dumont qui lui a carrément exclu le dialogue à l'intérieur de celle-ci, c'est dire si les choses se sont arrangées ) et finit par se vérifier peu à peu dans le quotidien, le pathos qui aurait dû disparaître au contact de l' autre finit par s'imposer, car des deux côtés la Bête se réveille, en proie aux morsures continuelles de l'insatisfaction.

Les rôles principaux sont sublimes, Isabelle Renault que je n'avais jamais vue avant, c'est Romy Schneider et Simone Signoret ré-incarnées en une seule personne, ça fait un drôle d'effet, est donc incroyable de nuances, tout comme Francis Renaut, dans un tout autre registre, pas des plus aisés non plus. Les seconds rôles ne sont pas en reste non plus, avec Alain Soral imparable dans le rôle du c'est tellement vrai -visible sur Daily Motion je crois-, ainsi que Laura Saglio, effroyable de candeur et de crédibilité. Une sommité qui nous rappelle à quel point Catherine Breillat est un auteur important pour nous, pour le cinéma, et qui nous fait nous demander pourquoi elle n'est pas diffusée davantage, sachant que l'on pourrait se poser la question en ce qui concerne les films de quelqu'un comme Arnaud Despleschin, desquels la critique se gargarise au moment des sorties en salles mais qui ne sont plus jamais visibles nulle part par après. ' Parfait amour !' devrait être montré dans toutes les écoles.

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08 octobre 2010

even better than the real thing, ' Le maître des illusions ' de Clive Barker

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A New-York, le detective privé Harry D'Amour se remet difficilement d'un mauvais coup de pub suite à un exorcisme raté, accepte une petite récréation -un cas de fraude à l'assurance- du côté de Los Angeles.

oyez, oyez. Les expériences cinématographiques de l'écrivain horrifique Clive Barker avaient toujours été jusque là sources de déception, de l'echec commercial de 'Nightbreed' ( Cabal') honteusement charcuté au montage par les studios, quand ce n'est pas un autre de ses projets qui est transformé en comédie musicale en cours de route (…) ou encore les séquelles assez discutables infligées à ' Hellraiser' ; ' Lord of illusions' n'échappera qu'à moitié à cette règle, bien que la passion de l'auteur pour son film transpire de l'écran à chaques minutes.Le film se rembourse à peine aux States, bien que ouvertement plebiscité par des gens comme Wes Craven et Quentin Tarantino, en France il ne bénéficiera même pas d'une sortie en salles .Clive Barker  finira tout de même par obtenir le director' cut pour l'édition en vidéo. Retour sur un des meilleurs films de genre des années 90, hélas trop méconnu.

C'est très simple, on perçoit effectivement à l'écran tout ce qui différencie un yes-man de quelqu'un qui à une vision : Barker campe d'abord son intrigue et ses personnages avec une efficacité visuelle impeccable et d'une façon toute littéraire, le film s'ouvre sur ce qui est déjà la fin d'une autre aventure ( et qui ferait déjà en lui-même un sujet de film INCROYABLE ) à l'intérieur duquel le spectateur est jeté sans explications, il prend le train en route et doit plus ou moins déduire ce qui se passe. L'auteur expliquera que 'si la science-fiction justifie tout', l'horreur elle peut , et même doit, ne pas se sentir obligée de le faire - attention quand-même Clive, y a des gens qui lisent aussi des comics ( et ceux-là sont toujours ravis quand on pense à eux au cinéma ); n'empêche que, comme qui dirait, 'ça se tient' … Toujours sur cette ouverture, le réalisateur nous gâte également , à tel point qu'il ne manquera sûrement pas d'inspirer autant John Carpenter pour son ' Vampires' autant que Quentin Tarantino pour 'From dusk till dawn' : on se retrouve dans le desert avec un côté pourri genre Mad Max 2 ( d'autres y verront carrément une référence à ' L'Au-delà' de Lucio Fulci, surtout dans la scène toute finale ) tandis qu'un groupe, pas forcément des gros killers par ailleurs, émergent de leur bagnoles en préparant leurs flingues, tout venus qu'ils sont pour en finir avec un certain Nix, le chef de leur sympathique petite communauté recluse, genre ' Manson' Family ' un peu, lui-même en réalité un occultiste de ... tout premier ordre.Comment toute cette histoire va se relier avec l'histoire de notre Scott Bakula ( très crédible ) de détective privé ( un personnage récurrent de l'oeuvre de Barker il paraît ), je préfère vous en laisser la découverte.

Clive Barker opère avec 'Lord of illusions' un croisement entre le film noir et le registre horrifique, qui n'est pas sans rappeller 'Angel heart' de Alan Parker, si ce n'est qu'il ne parvient pas à être aussi claustrophobique et prégnant que ce dernier. De mon point de vue, l'enquête du détective pêche quelque peu à tenir le spectateur en haleine, bien qu'elle réserve quelques bonnes petites surprises, et malgré une mise en scène des plus efficaces. On a droit de fait également à un emploi des plus maîtrisés et parcimonieux de toutes la gamme des effets spéciaux, du stop-motion aux premiers inserts 3D ( ces derniers seraient presque de trop mais on ne peut reprocher à l'auteur sa fibre visionnaire ) et surtout magnifiquement intégrés à la narration. Car il est bien expliqué à notre héros la différence entre un illusionniste ( quelqu'un qui utilise des 'trucs' ) et un magicien, véritable faiseur de miracles de par sa connection avec l'occulte, thématique qui nous vaudra d'assez beaux moments de bravoure, notamment quand ' l'illusionniste' Swann explique au detective la vision qu'il a eue de la 'Vérité' lors de son dernier affrontement avec Nix. Les liens entre les différents personnages, laissés en suspens au début du film, viennent ainsi se préçiser, gagner en épaisseur, tandis que notre héros tout en pectoraux ( bien sublimés par le réal, ...c'est domage y a quand même Famke Jansen à côté ) entre contre son gré dans cette ronde macabre et ajoute tout en creux au sous-texte implicite sur l'identité sexuelle qui ne cesse de parcourir le récit - sous-texte qu'on ne peut evidemment que guetter dans ce registre mais opéré ici tout en décalage et en nuances, entre les archétypes du film noir et la quête supernaturelle de pouvoir...

C'est en toute bonne foi que je vous encourage à découvrir ce film, il y a plein de choses à voir, comme au meilleur temps des vidéo-clubs.

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07 octobre 2010

moi non plus je t'aime, ' Toute une nuit ' de Chantal Akerman

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...film choral suivant davantage le ballet de l'amour que celui des êtres. Tantôt celui-ci leur apparaît insoutenable, impensable, inenvisageable, tantôt il agit comme par contagion, il se répand dans l'air et donne des idées à tous ceux qui sont autour, tantôt il conduit juste un peu plus vite aux impasses que l'on ne pouvait à peine toucher du doigt. Réciprocité dans un sens, dans l'autre, a non pas celui-là, le film ressemble à une longue improvisation théâtrale, dont la ville de Bruxelles fournit l'unité de lieu et la nuit, une seule nuit en réalité, l'unité de temps. La réalisatrice Chantal Ackerman agence  les circonvolutions de cette valse aux retrouvailles et aux adieux avec un sens de la composition qui pousserait n'importe quel photographe amateur à s'immoler par le feu, conduit et chorégraphie avec brio ses petites scénettes vers ce qui peut, ou ne pas être, un des moment clés de l'existence. Qui sait comment tout cela va-t-il finir ?

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04 octobre 2010

...et-c'est-déjà-bien-parce-que-de-mon-temps-on-avait-même-pas-ça, ' Une hâche pour la lune de miel ' de Mario Bava

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...l'histoire d'un tueur en série spécialisé dans les jeunes mariées.

Tout d'abord sachez que je ne vous spoile rien avec cet intitulé, vous le vérifierez par vous-mêmes dès les premières minutes. Deuxièmement il faut croire que vraisemblablement tout arrive, encore un film que je ne pensais jamais pouvoir visionner un jour, à part peut-être au festival de Triestes qui n'est quand-même pas la porte à côté – envoyez vos dons. De partout je n'entends que du bien sur ce film, ainsi que sur son réalisateur Mario Bava, et le statut hors-norme qu'il semble occuper dans le cinéma de genre - influence prépondérante pour Quentin Tarantino, maître à penser pour Dario Argento qui fût son assistant, tout un tas de bonnes raisons pour s'intéresser au monsieur. Pour ma part ce n'est que le deuxième que je vois de lui, après le sublime ( absolument ) 'Planète des vampires', et 'Une hâche pour la lune de miel' jouit d'une notoriété unanime dans la construction du mythe du tueur en série, quasi aussi important que le Norman Bates d'Hitchcock, et dont l'on retrouve l'influence jusque dans le sublime ( lui aussi ) premier long-métrage de Lars Von Trier, 'The element of crime '.

L'intrigue ne se focalise pas uniquement sur l'enquête policière, comme c'est souvent le cas dans les giallos, mais aussi et surtout sur la personnalité du tueur. Très rapidement, le personnage est campé dans toute sa dramaturgie : tuer est une nécessité pour lui, car c'est au cours de cet instant pulsionnel qu'il peut entrevoir certains souvenirs enfouis, inexplicables, à l'origine de sa pathologie, et dans un premier temps donc on pense avoir à faire à une sorte d'anti-héros presque martyre, curieux. Le fait qu'il ne tue exclusivement que des jeunes mariées finit d'ajouter du trouble au mystère, mais le film bascule un peu plus quand on découvre que celui-ci semble avoir assimilé sa pathologie à une façade sociale tout à fait acceptable, mariée lui-même à une riche héritière avec qui il entretient des rapports plutôt houleux, mais qui lui permet de faire tourner sa maison de haute-couture spécialisée...dans la garde-robe des noces ! Au moment où l'on se demande dans quelle mesure le personnage entretient son fantasme morbide de recommencement, le personnage commet justement le meurtre de trop, et va entraîner le spectateur de très près dans sa folie.

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Ce n'est que dix ans plus tard que Ricardo Fredda réalisera son ' Murder obsession', avec quand-même notre Henri Garcin NATIONAL – qui à mon sens clôturera superbement la thématique ( à laquelle un film comme ' Mémoires suspectes' avec Ray Liotta continue de faire écho ) non sans avoir recours à quelques trucages-fausses pistes assez désagréables dont Mario Bava avait su lui se passer au profit d'une narration résolument autarcique et fichtrement efficace, et...plus intéressante également. Mais ne fustigeons pas ce cher monsieur Fredda , car la clotûre de son 'Murder...' vaut bien elle aussi tous les discours psychanalytiques du monde. Au risque de me répéter donc, Mario Bava lui ne tombe pas dans certaines maladresses en restant tout entier dévoué à son récit , d'où la maîtrise transparaît à chaques plans, dans des cadres soigneusement composés, d'une efficacité imparable sans chercher l'effet à tout prix, dont les redites elles-mêmes viennent toujours se justifier par la suite, et des éclairages magnifiques et toujours appropriés , pas plus que le bord ...tout ce que le cinéma contemporain - de genre- se refuse de faire, sans comprendre d'où vient le problème, et c'est pour ça que Bava est Grand et c'est tant mieux.

Je vous avouerais que j'ai été bien content d'avoir pu vous glisser un mot sur ce monsieur Fredda également, dont je ne suis pas non plus un éminent spécialiste ( pour n'avoir vu que 'L'iguane à la langue de feu' en plus du film précedemment cité, mais que ma Cinémathèque préférée qualifie ni plus ni moins ' d'alternative au néo-réalisme italien de l'époque'...) et sur ce que à vrai dire j'apprécie vraiment dans les giallos : les qualités de leurs défauts. Même si on trouve quelques fois des éléments surjoués qui ont le don de faire bondir du fauteuil davantage que les moments prévus à cet effet, je pense par exemple à l'héroïne de 'Suspiria' ( MAIS SURTOUT, surtout à un flash-back artisanal dans ' L'iguane...' que je n'ai retrouvé nulle part ailleurs, c'est le cas de le dire, sinon dans ' La cité de la peur' ) ils ont au moins le mérite d'expérimenter : je pense à l'introduction pas très conventionnelle du héros de ' L'iguane... ' ( pensons aussi à l'excellent ' La maison aux fenêtres qui rient' ) autant qu'à la mise en scène nerveuse de Fredda dans les scènes de combats, ainsi qu'à une tendance générale de ces auteurs à raconter leur histoires en dehors des sentiers rebattus. Fin de la parenthèse. Des giallos ( giallis ), j'en regarde pas assez, voilà ce que je me dis.

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01 octobre 2010

à quelle heure ?, ' L'année dernière à Marienbad ' de Alain Resnais

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Dans un hôtel, un homme essaie de retrouver une femme qu'il aurait aimée, avec qui il aurait eu une liaison un an auparavant, qui ne le reconnaît pas...

Aux dires d'Alain Resnais, le film aurait simplement dû s'appeler 'L'année dernière', le lieu donné dans le titre n'aurait été rajouté qu'au dernier moment, ce qui aurait contribué paraît-il à fiche la pagaille chez les amateurs de geographie autant que chez les critiques, quand on sait que l'hôtel où se déroule l'action est le résultat cinématographique de trois lieux différents et que l'histoire elle-même ne s' y est peut-être pas déroulée, pas étonant que l'on se retrouve en plus perdu dans des méandres d'interprétations. Chef-d'oeuvre ou pas, au bout de quelques minutes de visionnement, je me demandais déjà si j'allais me sentir concerné par le film, c'est comme ça, avec l'aristocratie je n'arrive jamais à m'identifier, et je ne me sentais pas non plus aidé par cet emploi étrange de la temporalité, des personnages en arrêt, qui n'existent pas tant que l'on ne s'adresse pas à eux, encore que là, tout d'un coup ça m'intéresse: en fait je n'ai retrouvé nulle part un tel onirisme patenté,sinon peut-être dans la dernière trilogie schizophrénique de David Lynch, et surtout dans 'Inland Empire', qui comme son nom l'indique, et à l'intérieur duquel on circule aussi beaucoup. Il semblerait que la rechercherche formelle autour du déroulement temporel soit l'un des axes de travail principaux de Resnais, ne connaissant jusqu'à maintenant que des films comme ' Je t'aime je t'aime '  ( dont Michel Gondry s'inspirera pour son déjanté et sublime 'Eternal sunshine of a spotless mind ' ) ou encore ' Mon oncle d'Amérique' -qui lui pose la question du libre-arbitre et de l'alternative,.., tout ça pour vous dire que j'aurais dû me méfier: avec ' L' année dernière à Marienbad ' c'est les débuts, on est juste en plein maelstrom...on danse ?

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Pour certains c'est tout simplement le plus grand film de l'histoire du Cinéma, et on serait effectivement tenté de leur donner raison tant le film d'Alain Resnais est exemplaire de modernité, à la limite de l'expérimental puisque tentative d'adapter à l'écran les théories du Nouveau Roman – le scénario est signé Alain Robbe-Grillet – dont l'unes des composantes principale était 'd'en finir' avec la conception balzacienne du roman ( et tout particulièrement avec la notion de 'héros' et de personnage ); de fait ' L'année dernière à Marienbad ' fait littéralement voler en éclat la conception de narration même, déjà bien malmenée ne serait-ce qu' un an auparavant par Jean-Luc Godard avec 'A bout de souffle', puisque l'histoire est faite de multiples flash-backs et de reprises qui en font davantage un récit subjectif que chronologique. 

A cet égard il peut également représenter pour d'autres ce que le cinéma d'auteur français a de plus pédant, aux répliques et dialogues sur-écrits, sur-joués et qui sont encore parodiés de nos jours à chaques fois qu'il est question d' Art Contemporain. Le groupe Blur -je ne sais pas si c'est une référence- l'a d'ailleurs tourné en dérision dans leur clip 'To the end' mais on retrouve paradoxalement résumé dans celui-ci un peu de la modernité de ce que le film a apporté au cinéma, alors que l'on sait qu'une telle entièreté de nos jours,  à quelques exceptions près ( Grandrieux, Dumont ), serait difficilement envisageable. Car il faudrait toutefois ne pas oublier de parler de la mise en scène impeccable, ponctuée de mouvements de caméra subtils qui viennent charger cette narration d'une insoutenable gravité, dictant presque à eux seuls le récit; il faudrait également parler de la photographie juste éblouissante, qui joue sur les oppositions constantes entre le noir et le blanc, à en frôler -est-ce possible- l'expressionnisme ( je pense à la chambre de Delphine Seyrig, dont les reliefs sont éclairés à l'extrême pour devenir motifs, et le lieu, quasiment une version en négatif de lui-même ) véritable poésie formelle qui n'est pas sans rappeller non plus les films de Jean Cocteau, je m'arrête là car de toutes façons le film est un manifeste à lui tout seul.

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28 septembre 2010

vingt-quatres heures de la vie d'une (jeune) femme, ' The girlfriend experience' de Steven Soderbergh

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Chelsea est escort-girl. Elle vit avec son petit ami Chris qui travaille comme coach dans une salle de sports. A travers des bribes de son journal nous suivons quelques instants de son quotidien.

Je me rappelle pourquoi j'aime bien les films de Steven Soderbergh, que je retrouve ici comme on l'aime: emphatique, préçis, inspiré, loin des mic-macs classy de la série des 'Ocean' -il était temps que ça s'arrête comme qui dirait- pour nous raconter le portrait d'une jeune femme de son temps, ce qui vous le découvrirez après visionnage, n'est pas une raison. Rares sont les cinéastes donc qui pratiquent encore du cinéma qui vous fait aimer le cinéma, rares sont les cinéastes aussi qui me donnent la sensation de véritablement assister à un 'roman visuel'. Pour les fans plus récents du réalisateur, pensez à la scène mythique entre Jennifer Lopez et Georges Clooney dans 'Out of sight' et vous aurez la texture de 'Girlfriend experience', pensez à l' élégance de la narration destructurée mais rigoureuse de 'The limey' et vous vous demandez vous-même à l'instant ce que vous attendez au juste.

Deux approches qui sont devenues avec le temps la marque de fabrique de Soderbergh qui nous le savons aime son métier, il ose le flou, l'abstraction pour insuffler à son récit ce que d'aucuns appelaient 'le temps sensible', et ainsi le film devient vivant autant que les personnages, ce sont les lumières de la ville entre-aperçues par la vitre d'un taxi, des moments fugaces, des moments de temps mort mais aussi de pleine conscience de soi; ensuite le réel reprend le dessus, la conversation, les silences, le temps des échanges, avec ce réel qui reprend le dessus c'est progressivement le cadre avec quelques zones d'ombre qui prennent quasi toute la place, avec les personnages qui en émergent, qui en font encore partie comme s'ils en étaient issus mais par pour longtemps, au plan suivant on quitte cette chaude intimité, ce ne sont plus que quelques bougies et ils sont ensuite juste là, déjà bien en face l'un de l'autre, ils vont se rejoindre bien autrement. Paradoxalement c'est quand les choses seront bien à leur places, cadrées, savamment composées que le vivant s'imposera vraiment, deviendra ce truc, là, entre les silences. Oui il y a certainement une éthique du flou et du net, de la caméra portée et de la caméra posée chez Soderbergh, ainsi que des échelles de plan utilisées pour mieux signifier la distance, le va-et-le vient entre le chaud et le froid, le vivant et le mort.

Et pour tout vous dire, Chelsea elle se pèle grave; tellement qu'elle est bien obligée de finir par s'en rendre compte, un peu comme les personnages des romans de Brett Easton Ellis qui ne savent pas vraiment d'où vient leur malaise, Soderbergh ose même un moment le parallèle en reprenant la tendance énumérative de l'auteur ( sur-magnifiée dans 'American Psycho' ) quand Chelsea énonce ce qu'elle porte, ce sont ses 'outils de travail' et c'est peut-être parfois tout ce qu'il reste à dire, tandis que les clients se débarassent de leurs problèmes ou de leur mauvaise conscience en même temps qu'ils se déshabillent. C'est aussi dans ces moments-là pourtant que parfois Chelsea apprend d'autres choses, ce que les autres savent, ce dont les autres parlent pendant que elle a son bussiness à faire tourner, et c'est parfois tout ce qui lui reste vraiment, valant ce que ça vaut. A elle comme à nous de faire le tri au milieu de tout ça ( entre les hommes qui le sont trop et ceux qui ne le sont pas assez : le final relève brillamment cette notion du chemin à parcourir, puisqu'il n'est pas question d'autre chose que de la poursuite du bonheur, doublé d'une réflexion sur le don de soi ) car Soderbergh livre son portrait de façon kaleidoscopique, entrecoupée de conversations qui ne prennent leur importance que bien plus tard, dans les actions qu'elles auront aidées à susciter. Soderbergh écrit véritablement à la caméra et nous tombe son sujet les doigts dans le nez tandis que certains de ses contemporains n'ont toujours pas regardés 'La maman et la putain' - ou se demandent encore comment aborder le sujet.

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19 septembre 2010

Flic ou zombie ou...plus si affinités, 'Dead heat' de Mark Goldblatt

 

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Les inspecteurs Mortis et Bigelow se voient bien surprendus au cours de leur habituel braquage de 11h30 à quel point il est difficile de lutter contre la délinquance tant les dits criminels sont violents, récalcitrants à appréhender et pour tout dire difficile à abattre. Après un petit tour d'autopsie et un énième rateau pour Mortis pourtant bien habillé, il s'avèrerait que les dits opposants étaient déjà morts avant de se faire tuer, détail qui va entraîner nos deux intrépides inspecteurs rompus à toutes les grandes questions existentielles sur une bien étrange piste, notamment d'une machine à ré-animer les morts au sein d'une entreprise tout à fait respectable de...produits de beauté ( ).La dite machine dont on ne sait pas encore vraiment à qui elle appartient et pourquoi, ne réssuscite que pour une durée d'environ douze heures, ce qui n'arrange pas tant que ça ( oui mais...bon ) l'inspecteur Mortis qui vient de se faire tuer...

Je me demande vraiment si la dernière diffusion de 'Dead heat' ('Flic ou zombie') ne remonte réellement pas à l'époque de mes huit ou dix ans où j'ai entrevu la fin chez des potes qui avaient Canal; nostalgie encore une fois, je ne suis pas à une madeleine près, surtout quand je vois une saison bien Z de 'Buffy contre les vampires' quelques dix ans plus tard. La fin de 'Flic ou zombie' devait m'avoir fait suffisamment d'effet. Grâce à YouTube qui est mon ami, j'ai pu enfin visionner le film dans son entièreté, un risque mais c'est toujours un peu le cas quand on réalise un rêve d'enfant. Réalisé par Mark Goldblatt, le nom me dit bien quelquechose, ah oui m'exclamais-je en regardant la bio sur Wikipédia, on peut se rappeler le bonhomme soit en tant que réal du discutable 'Punisher' avec Dolph Lundgren, soit en tant que monteur (quasi ) atitré de Joe Dante, James Cameron et Paul Verhoeven, c'est au choix.

C'est un peu la même chose pour le film, on peut le situer aux frontières du nanar à cause de ses ficelles de transitions narratives, ses vannes gay-friendly bon enfant ainsi que tout ce qui fait le charme vestimentaire des années 80 ( Mortis rencontre une ex à Sonny Crockett, qui lui file ses fringues vraisemblablement, ne riez pas ça peut jouer dans la balance d'un critique, sans quoi la French Touch n'aurait pas eu autant de succès ) le plus rude se situant peut-être davantage en ce qui concerne la mise en scène, presque série télé ou téléfilm pour tout ce qui ne concerne pas les séquences à effets spéciaux, où là on a tout de suite plus d'ambiance, plus d'angles différents et en général une assez belle photo ( avec une petite redondance pour le côté 'lumière de salle de bain' mais il se trouve que ça se justifie complètement, et démontre mine de rien que le film est quand-même sympathiquement pensé, si vous aimez le 36e degré...qu'est-ce que je voulais dire avec ça ??...a oui Mark Goldblatt a aussi participé au 'Nightbreed' -'Cabal'- de Clive Barker, enfin ...après ), ou alors, ou alors ( alors ou; ou, alors; sinon; enfin; jamais plus; sinon plus enfin jamais; de toute façon avec toi c'est toujours comme ça; mets pas tes pieds sur la table à côté des chips; et toi arrête de militer pour les droits de l'homme avec de la baleine morte écrasée sur la gueule,...) on se laisse aller au côté pop-corn de cette tentative de rendre le zombie un peu plus mainstream, puisque on a tout de même droit à un petit tour panoramique des possibilités actionesques du dit mort-vivant où les fans de comic-books trouveront peut-être plus leur compte que les fans du genre à proprement dit.

ça reste un peu du survol mais c'est ce qui nous fait dire que ça donnerait certainement une série télé du moment bien sympa , pour peu qu'un type un peu passioné s'y coltine, format qui permettrait certainement d'élargir un peu l'eventail des situations et ramener par là les zombies à leur racine subversive, ou à...toute autre forme de revendication que ce soit, hein, pourquoi pas.

 

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17 septembre 2010

à travers ciel, ' はなび ' de Takeshi Kitano

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Alors attention, c'est un film de japonais, avec des japonais dedans et attention attention les cocos c'est filmé comme un japonais. N'allez pas me faire dire ce que je ne pense pas, ceux qui sont concernés se reconnaîtront (http://www.matierefocale.com/article-hana-bi-de-takeshi-kitano-jap-1997-katana-que-l-amour-47841484-comments.html#comment67790255- il y a un monstre à trois pattes dans l'image ci-dessus le trouveras-tu ? ), que voulez-vous Kitano nous a pourri tout l 'été -maintenant c'est l'autre zozo à Versailles, à nous montrer le visage de la tyrannie, chez nous , dans notre beau château et pis quoi encore ? -il était partout, retrospectives, expos, et même en vente libre à la FNAC et aux Megastores, beaucoup trop abordable le vieux si vous voulez mon avis. Mais qu'est-ce que vous voulez que je vous dise, dans les années 90 y avait peut-être tellement RIEN qu'il faut pas s' étonner si comme ça y a des types qu'on retrouve d'une décennie à l'autre -ça marche pour beaucoup de choses d'ailleurs, ce procédé -alors bon maintenant qu'on a bien compris la leçon y a plus qu'à l'enterrer, vas-y passe-moi ta soeur.

A quel moment Kitano a commencé à passer sur Canal et cessa d'être le petit truc branchouille réservé à moi et à ceux qui écrivent dans les journaux en vente pourtant dans tous les kiosques, à vrai dire je ne sais plus, je m'en souviens comme de ma dernière paire de couilles au cul toute neuve, c'est comme ça, je suis un oiseau de nuit moi, un loup des steppes, je murmure à l'oreille des moules frites, j'ai commencé à prendre de la coke à cinq ans, quand j'ai commencé à dealer euh ta soeur. MOI et là tu permets que je t'explique petit- je t'appelle comme ça parce que c'est plus facile pour moi- je l'ai découvert avec 'Violent Cop' et je peux te dire que c'était déjà bien jap. Mais bon, que justement à partir de ce film Kitano soit devenu le seul archétype dans la filliation d'un Clint, ça on s'en fout, personne ne regarde de westerns ni de films policiers ( c'est le mal, comprends-tu ) une dégaine sans une seule ligne de dialogues tout en plissement de l'oeil, et encore que d'un seul côté, qui te pète un coup de tronche parce qu'il a trop regardé la mer , alors eh bien ça c'est carrément surfait mon pote, je te le dis comme je le pense.

Attention j'ai rien contre le contemplatif ( les Russes sont très forts...tu places des cinéastes Russes tant que tu peux, tu verras à chaques fois ça passe ) mais allons-y franchement : chez Kitano ça fait parvenu, voilà c'est démago. Sous prétexte qu'ils sont tous suicidaires au Japon, il pense que ça intéresse tout le monde, demande autour de toi, qui est-ce que ça intéresse ? Tout le monde préfère voir un portuguais en train de chier c'est quand même plus drôle..Le coup du mec détruit par la vie, ravagé de l'intérieur et ben tu veux que je te dise ça n'existe pas ( si, pour ceux qu'ont rien compris, hop genre 'un peu de décence', quand tu veux rester pour la dernière tournée avec le staff, ça passe, et ça fera des invites pour demain...TOUJOURS TOUJOURS éduquer les masses quand le besoin s'en fait sentir ) voilà t'as perdu tes potes ta fille ta femme est en train de crever et ben t'assumes, tu fais pas un braquage et pis s'en va, c'est pas Mod. Moi aussi je suis passé par là et je me suis pas mis à peindre des trucs chelous qu'existent déjà dans la nature sauf que je les peins dans le désordre tu vois...y faudrait être reconnaissant pour la leçon en plus de ça; et des leçons il arrête pas d'en donner, le type qui dit ta bourgeoise au lieu d'infarctus, direct il s'en prend une, bonjour l'ouverture d'esprit; mais ceci explique cela , tu vois ses peintures, c'est un peu comme son film, ça doit être un peu comme sa vie, c'est pas étonnant que ce soit aussi le bordel pour ses personnages, dire qu'il aurait presque chamboulé le film noir à lui seul à cause de sa narration là, c'est comme l'autre anglais de mes deux qui raconte l'histoire d'un amnésique à l'envers, FAUT PAS VENIR ME LA FAIRE JE TOMBE PAS DANS LE PANNEAU, moi qui ne m'identifie jamais, qui fait du second degré en y plaquant des syndrômes d'éjaculateur précoce ( lacaniens...ouais j'prends plus qu'ça...) qui ne sont pas les miens...tu vois ça peut pas. Moi c'est comme ça je supporte pas l'autorité, ni la connerie qui va avec.

 

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on y vient, ' 4 mois, 3 semaines et 2 jours ' de Cristian Mungiu

4mois1

...oui bien sûr, oui, je comprends tout à fait votre réaction, mais non. Oui, il m'a bien semblé qu'à un moment donné il serait question d'aborder l'actualité des salles, je me rappelle tout à fait en avoir parlé, on est certain d'en avoir déjà raté quelques uns qui nous aurait bien intéressés -toute l'équipe et moi- comme par exemple 'D'amour et d'eau fraîche', et si ce n'est pas le cas pour d'autres, ça risque même de l'être bientôt ( 'Un poison violent' ) et, j'en parle autour de moi, on en discute et j'admets qu'on ne peut pas tout mettre sur le dos de la crise ou du RSA ni du prix du kébab dans le 13e...il y a -et je m'en rends compte- un truc qui résiste. Peut-être le fait de savoir qu'il y a encore 'Tetro' de Coppola qui passe encore, et si c'est pas ça alors c'est ' Red shoes', et peut-être pas, hein, en même temps. Par exemple j'adore Mathieu Amalric, à cause que je suis presque un fan de la première heure et que je vénère en plus quasiment toute l'oeuvre d'Arnaud Desplechin.

Bon. Pourquoi je ne me suis pas déjà rué sur 'Tournée' je ne sais pas, la faute au battage qu'il y a eu autour à Cannes -pff et alors, si ce n'est que le grand retour affiché du burlesque avait plutôt l'air de bien tomber...mais est-ce que c'est une si mauvaise chose ? Avec toutes ces dames aux poitrines opulentes, on se dit c'est le retour du baroque, les parades de Fellini, et puis keskya, moi aussi j'en veux ça c'est sûr...en plus ça fait un moment qu'on voudrait -oui moi et mon équipe ( envoyez vos dons )- que dis-je, qu'on brûle de vous parler du film 'Les dernières nouvelles du monde' où il était justement monsieur Amalric j'aime beaucoup ce que vous faites. Et puis il y a Xavier Beauvois, on ne peut pas dire que je ne l'apprécie pas non plus, et à eux d'eux ils ont quand même mis un peu tout le monde d'accord cette année, alors alors...

AU RISQUE DE RATER QUELQUE CHOSE, en ce qui concerne 'Des hommes et des dieux' j'ai envie de dire pas maintenant. J'ai rien contre les faits historiques ni les chants religieux, si ce n'est que j'ai peut-être un peu étudié la question de mon côté. Je ne...bref. Mais de loin je salue la démarche. J'entends par là que la foi ça n'intéresse pas grand monde: je reste partisan du fait que si l'on s'est réchauffé une fois auprès d'un certain âtre, eh bien on ne peut pas faire comme si il ne s'était rien passé, alors on y va sur l'honnêteté intellectuelle ou en général si vous voulez. Ce que je veux dire c'est qu'il y a certainement dans le film de Xavier Beauvois quelque chose qui va m'intéresser sur le regard qu'il porte sur le monde, à travers le prisme de l'engagement qui plus est, car vous le savez nous sommes nombreux à aimer les blagues de Jonathan Lambert. L'histoire écrite par les vainqueurs je vous dirais même que maintenant ça ne me fait même plus rire, surtout que les grands bêtisiers de fin d'année s'écrivent au jour le jour, et la presse qui ne fait même pas son travail, à voir des pots de vin partout, forcément quitte à parler de cinéma, je me demande bien comment on peut encore montrer le réel -pardon... pas de gros mot on a dit, ..qu'est-ce que je pourrais marquer à la place...alors, oui : le présent.

...a on me dit dans mon oreillette que c'est pas le problème du cinéma, on me dit d'écouter Jean-Pierre Jeunet qui explique que s'il fait sans arrêt là comme ça des feuilletons primevères, enfin rétros, c'est ( je cite : ) ' parce que c'est destiné aux handicapés de l'émotion'. Merci, d'ailleurs, j'aime beaucoup euh...et d'ailleurs quelle meilleure façon de parler du présent que de parler du passé, hein héhé...et donc comme on se réjouit à l'avance de sa prochaine adaptation des 'Pieds Nickelés' pour passer le temps on va - c'est subversif ça j'aime bien- on va -enfin à ma façon hein, tout en décalage-parler un peu du présent, avec le film qui a remporté la Palme d'Or en 2007, et qui se situe un peu avant la fin du régime Ceausescu, chez nous en Roumanie.

On parlait de Dieu tout à l'heure, il paraît qu'il est dans les détails :'4mois, 3 semaines et 2 jours' c'est un délai un peu limite pour un avortement. Une étudiante cherche à se le faire faire en douce et sa co-loc bonne copine va faire de son mieux pour l'y aider. Les choses étant ce qu'elles sont dans notre beau pays ça passe par louer une chambre hors des dortoirs collectifs, trouver la personne qu'il faut d'un tel qui le connaît d'un tel,...réunir l'argent même. Si vous pensez que vous allez être quitte pour une leçon de misérabilisme pleine de sous-titres, vous vous fourvoyez, misérabilisme n'est pas le mot, on est juste dans la clandestinité et le rationnement. '4mois, 3semaines et 2 jours' est un film assez sublime par sa mise en scène, mais je vous avouerais que je suis plutôt bon public de ce côté-là et ça se voit à mon manque d'arguments : tout ce que je vous ai résumé est, développé avec fluidité, une très belle circulation et un regard emphatique sur les personnages, leur contexte, et le rapport entre les deux.

Posté par sigismund à 04:13 - Commentaires [0] - Permalien [#]



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