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Et c'est bel et bien l'esprit de Richard Kern qui est cité dans le 'Gimme skelter' de Scott Philipps, notamment dans la scène d'ouverture, qui pose le ton : musique rock n' roll, meurtres sexys et goût du sang.
Dans une petite bourgade bien tranquille des Etats-Unis, le soit-disant fils de Charles Manson - auto-proclâmé en fait- et sa bande décident de perpétrer son oeuvre en massacrant tout le monde, espèrant dépasser le score de papa. Autant une façon de lui témoigner son amour que d'assouvir un besoin implicite de reconnaissance paternelle.
Cependant Scott Philipps dépasse assez habilement les stéréotypes du genre, ou quelques fois on est bien content de voir certains personnages se faire trucider, en travaillant les motivations de ses personnages ;ici les victimes , les habitants, ne sont pas toutes tordues, et leurs assassins sont vraiment les immatures, adeptes de la violence gratuite dissimulés derrière un pseudo-language anti-consumériste qui ne sert qu'à justifier leurs actes, assouvir certains fantasmes. Comme le laisse entendre le final, le plus inquiétant de tous s'avère plutôt Mr Tout-le-Monde.

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J'en profite pour attirer l'attention sur deux autres films, 'Easter Bunny kill ! kill ! ' de Chad Ferrin et ' Dance of the dead' de Gregg Bishopp. Tous plus ou moins des relectures d'archétypes du cinéma culte ( la référence à Russ Meyer pour 'Easter Bunny...' ou un film comme 'Maniac', le film de zombies pour 'Dance of the dead' et les road-movies pour 'Gimme skelter ' ) avec certes des moyens plus ou moins amateurs au niveau de la prise de vues, mais très bien utilisés, conférant à chacun un des qualités plastiques au-dessus du panier, doublés à chaques fois d' une écriture forte qui propose des distanciations assez pertinentes des modèles dont ils s'inspirent. Je dis ça parce que j'ai entendu à leurs sujets le terme de 'blockbusters underground' ,ce qui m'a fait royalement chier.

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Enfin si le registre du road-movie, de la violence urbaine vous intéresse, je vous recommande tout particulièrement le travail de David Lapham, qui, après une courte expérience sur les super-héros ( chez feu Valiant ) s'est lancé dans l'auto-édition en fondant sa propre boîte ( El Capitan ) et la série qui a fait sa renommée : 'Stray Bullets' dont à ce jour il n'y a pas eu une seule édition en français correcte ( ), ce qui n'est pas le cas par contre pour son deuxième opus 'Murder me dead' aux éditions Delcourt.

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Avec un titre qui m'a fait saliver des semaines à l'avance, 'Le baron contre les démons '.
On est plus proche du Méta-baron que de celui de Munchausen, mais bon, le film de Ricardo Ribelles mérite cependant un peu d'attention.

' En 2097, sur une Terre ravagée, peuplée de créatures hybrides et anthropophages, vit Ragnarok, entité monstrueuse et descendance de Satan en personne qui vient de kidnapper une poignée de femelles humaines dans le but de les inséminer et générer ainsi une nouvelle espèce de démons. Le Baron, guerrier légendaire et officier d’Exorcio Deus Machine – une organisation militaro-religieuse luttant contre les forces du Mal – a pour mission d’éliminer les prisonnières et de mettre un terme aux agissements de Ragnarok. Mais les choses se déroulent au plus mal et Le Baron termine entre les griffes de la perfide Lady Pervertum qui lui réserve le moins envieux des sorts… ' ( extrait du programme LUFF )

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C'est très très bien écrit, au niveau des articulations du récit et des caractérisations des personnages, rien n'est laissé au hasard.
On a l'impression de prendre en route une chouette série tv dont on se laisse emmener vers le dénouement avec plaisir, en passant par vraiment différents intermèdes assez réussis; le tout n'est pas sans rappeler, simplement au niveau visuel, la série 'Captain Power', mais 'Le Baron contre les démons' a été conçu avec dix fois moins de moyens. Le réalisateur s'est autorisé quelques insertions 3D ici et là, parcimonieusement, ce qui laisse néanmoins deviner ce qu'il pourrait faire avec un vrai budget,et on perçoit très bien celui-ci déjà prêt pour des adaptations Marvel, ou d'autres comme ' Les chroniques de la Lune Noire '. Je ne suis pourtant pas un fan de cette série, mais je me suis quand -même surpris à y penser grâce au film de Ribelles ,qui m'a un instant laissé entendre ce que cette b.d pourrait donner sur grand écran lors d'une séquence mémorable entre les affrontements armés entre les troupes des deux camps.

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Comme le dit le programme, le film est saturé des références du genre: DeVinci et Jules Vernes,Jack Kirby pour les super-héros mais aussi le manga horrifique, Peter Jackson et son 'Bad Taste', le 'El Topo' de Jodorowsky ainsi que la poupée Chucky . Pour le reste c'est du cheap non pas revendiqué ni atteint du syndrome Ed Wood, juste très bien utilisé et assumé,ou au lieu de corps ensanglantés on a par exemple des poupées gonflables et c'est très bien comme ça.

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