04 mars 2009
Tout se paie

'Alors qu'il s'apprêtait à fêter l'anniversaire de sa fille, Oh Dae-su est arrêté par la police pour ivresse sur la voie publique. Arrivé plus tard, son ami d'enfance Joo-hwan persuade les policiers de le laisser repartir. Mais sur le chemin du retour Oh Dae-su est enlevé. Il est ensuite séquestré, sans savoir par qui ou pourquoi, avec pour seul lien avec l'extérieur une télévision. Relâché 15 ans plus tard, toujours sans explication, Oh Dae-su est contacté par le commanditaire de son enlèvement.' ( sources : Wikipédia )
Le 'Old boy' du sud-coréen Park Chan-wook est le volet central d'un tryptique sur le thème de la vengeance, initié en 2002 avec 'Sympathy for Mr Vengeance' et clôturé en 2005 par 'Lady Vengeance.' Pour avoir découvert la filmographie de Chan-wook dans le désordre, j'aurais tendance à dire qu'il n'est pas utile de voir les volets antérieurs et précédents qui ne sont pas ouvertement reliés entre eux, evidemment si vous pouvez les voir dans l'ordre je ne doute pas que ce soit mieux. Ayant commencé avec l'excellent 'JSA' puis avec 'Lady Vengeance' ,et encore après avec 'I'm a cyborg but that's ok ', je vous dirais que je retrouve un auteur en grande forme, car d'un point typiquement formel, 'Old boy' porte les prémices de la force ( perceptible depuis 'JSA' mais qui se manifeste vraiment de films en films comme une montée en puissance de la maîtrise du style ) des films qui le suivront, à savoir la capacité de son auteur à maîtriser tous les registres, et à proposer une sythèse efficace d'un peu tous les cinémas.

Ce qui est vraiment , mais alors vraiment impressionnant avec Chan-wook c'est qu'à partir du moment ou il s'attaque à un sujet ( ici la vengeance donc, vecteur de toutes les transgressions, elles-mêmes douloureusement sujets ici ) il ne s'arrête que quand il en a réellement terminé, quand celui-ci ( le sujet ) reste par terre, pantelant, essoufflé, qu'il ne peut plus se relever et surtout qu'il n'a rien à ajouter. Aussi Chan-wook cultive-t-il la forme longue pour chacun de ses métrages, et avec lui on peut dire qu'on en a pour son argent n'est-ce pas. Chan-wook donne sans compter, synthètisant les formes narratives ( alternant respectivement avec le meilleur des européens, des asiatiques, des indépendants et du mainstream américains ) surfant sur tous les registres en de somptueuses oscillations entre le burlesque et le drame; ce qui fait que pour une fois, on a vraiment l'impression d'avoir affaire à un film vivant, même si la technique éblouit à chaques plans. J'entends par là un film conscient de sa propre temporalité, et qui gère impeccablement son intrigue - avec de multiples rebondissements merveilleusement chorégraphiés qui surtout, surtout n'ont absolument rien de gratuits, ni de téléphoné dans le sens d'arriver démagogiquement d'un point A à un point B - : on a juste affaire à une situation qui ne cesse de se détériorer, et il faut faire quelque chose. Et ou chaque étape est importante.
