images qui bougent

blog de discussion, publications d'articles sur le cinéma, le théatre, la littérature et la bande -dessinée...

27 avril 2009

Le Christ s'est arrêté à Winnipeg

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Contacté par un délégué semi-fonctionnaire d'une secte de grande envergure pour moderniser un spectacle de théâtre relatant la vie d'un obscur doctorant en psychologie d'avant l'Antiquité soupçonné de pratique illégale de son métier et décédé dans des circonstances encore mystèrieuses à ce jour, un jeune metteur en scène rassemble une troupe de comédiens...

Je tiens à prévenir tout de suite les âmes sensibles, ce film date de la fin des années 80 et porte très froncièrement cette période en lui -je ne me moque pas j'ai beaucoup d'affection pour cette période, simplement je préfère avertir que ce film contient des coupes de cheveux démodées, des scènes d'émotion avec des rifles de guitare en surimpression et aussi un relatif accent quebecquois par-ci par là. Pour ceux qui sont prêts à surmonter l'épreuve ils auront affaire à un très très beau film, une sorte de 'Vanya sur la 42e rue' au Quebec dans le sens ou c'est un véritable hymne au métier de comédien, au théâtre et au rôle que celui-ci occuppe depuis toujours dans nos sociétés : un révélateur de réalité, une catharsis pour nos emotions et nos peines, un court instant de répit parfois un peu vite régurgité, un peu comme qui vous savez.

Le réalisateur laisse la part belle aux moments et aux métiers du spectacle à l'intérieur de son film : un extrait de théâtre en guise d'ouverture, une scène de doublage hilarante et enfin l'adaptation de la vie du Christ sous le principe de la déambulation, ce qui m'a rappellé de grands moments à moi aussi, puisque je n'avais pas revu ce genre d'approche depuis un de mes périples au festival du théâtre de rue à Aurillac ou l'on pouvait suivre Oedipe déclâmant son texte en différents endroits de la ville, nous conduisant vers d'autres acteurs prenant le relais et ainsi de suite jusqu'à obtenir une représentation complète de la pièce antique avec la ville pour décor, de jour comme de nuit.

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S'il n'est pas encore sujet à thèses cela ne devrait tarder, tant la démarche de Guy Maddin est aussi singulière qu'atypique, depuis près de quinze ans maintenant celui que l'on surnomme le canadien fou construit son oeuvre envers et contre tout. On l'a souvent comparé à David Lynch à cause de l'esthètique de ses premiers métrages ( 'Archangel', 'Tales from the Gemni Hospital' ) mais avec le temps ceci ne s'avère bel et bien qu'une critique valable à moitié seulement : là ou Lynch laisse le temps et la durée emplir l'image et lui donner du sens, Maddin enchaîne les plans les uns d'avec les autres comme pour aller très vite au bout de l'idée qu'il aborde. Fin de la parenthèse pour dire également que l'on cantonne allègrement celui-ci sous l'étiquette art et essai ainsi qu' expérimentale car apparemment le monde n'a pas encore accepté l'idée que l'on puisse raconter des histoires en dehors de l'air du temps, et en utilisant les qualités intrinsèques de l'histoire de celui-ci, qui ne sont finalement que des codes mais que l'on aurait enterrés un peu vite.

Maddin reprend en effet l'esthètique des films muets ( le côté théâtre filmé, les encarts textes ) pour en faire un espace quasi ludique et raconter des histoires oubliées de l'Histoire, une autre histoire du monde que l'on ne trouve pas dans les manuels mais qui se sont bel et bien produites, en prenant comme unité commune de lieu sa ville d'origine natale, Winnipeg, qui devient de fait le terreau de toute l'histoire de l'humanité -pensons aux figures tragiques incestueuses de 'Careful'. L'Histoire reste intrinsèquement liée à l'univers filmique de Maddin, qu'il renouvelle sans arrêt, que ce soit par l'introduction progressive de la couleur, de la chorégraphie,d'un montage plus contemporain, d' insertions d'images d'archives ou contemporaines comme c'est le cas préçisément ici pour 'My Winnipeg' ou sous couvert d'une autobiographie déguisée ( comme c'était déjà le cas dans les deux films précédents ) l'auteur explique pourquoi il n'arrive pas au propre comme au figuré à 'quitter sa ville' et en profite pour donner son point de vue sur ce que c'est que l'inspiration.

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24 avril 2009

Eééééé non...

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Les critiques ont étés unanimes, du moins celles dans la presse prévue à cet effet, à propos du nouvel 'OSS 117' promu évènement national depuis la défaite de 'Bienvenue chez les ch'tis'. A dire vrai ayant vu la bande-annonce de 'Rio ne répond plus' je faisais partie des émules, on a envie de dire aux producteurs que avec un concept aussi fort qu'ils se gênent surtout pas pour en faire à la pelle.Et effectivement j'ai ri. Mais peut-être que j'aurais pas dû. En fait j'ai envie de le revoir car il y a même quelques vannes qui sont passées un peu vite.

Je n'ai pas vu le précédent 'Le caire nid d'espions' je ne peux donc pas comparer, mais ce qui a finit le reste de ma motivation réside bel et bien dans l'impression au final d'avoir assité au meilleur dans la bande-annonce ( la scène du crocodile.bon il y a egalement la scène de la partouze avec une référence sympa à Jan Kounen -Mr Kounen si vous m'entendez : osez le troisième volet par pitié - et la scène sur la statue du Christ avec mention spéciale pour la statue il est vrai ) alors que sur le papier le concept de l'agent secret beauf était bien plus alléchant. Beauf cependant il l'est, et Dujardin incarne à merveille le personnage jusqu'à la dernière minute ( 'et oui Dolorès et peut-être pouvons-nous rêver une réconciliation un jour entre les juifs et les nazis' ), bravo pour l'écriture, bravo aussi pour le message d'espoir. Malheureusement pour notre concept adoré, on reste quand même un peu sur notre faim et on se retrouve assez vite dans des routines comiques datant de la période bénie de l'humour télévisuel des Inconnus pour les seules vraies fulgurances hors-cadre. 'OSS117Rionerépondplus' serait dès lors beaucoup plus engagé qu'il n'y paraît et ne perd pas son temps dans les méandres qu'offre son registre, pour au contraire se focaliser sur son sujet, le choc des cultures, en règle générale. La France du Général n'est pas plus épargnée que les autres, et l'esthètique décalée des 60 est aussi là pour stigmatiser cette nostalgie bizarre du début des Trentes Glorieuses. Les utopies on en parle même pas puisque les hippies ne sont au final que des nazis déguisés ou bien des mignons superficiels et consuméristes.

Les nazis, tiens parlons-en, vous noterez qu'ils occuppent ( pardon ) une place bien particulière dans l'inconscient cinématographique de toute une génération depuis 'Les aventuriers de l'arche perdue' en passant par 'Hellboy' etc...on en retrouvera dans le 'Inglorious bastards' de Quentin Tarantino ou déjà Brad Pitt nous rappelle que un nazi c'est donc quelqu'un de blond, avec des yeux bleus...et nous explique les mesures de première urgence ( 1- Saisir la batte de base-ball 2-...) car oui les nazis sont -eux aussi sur le papier- l'image ultime de la honte de l'humanité, ce qui est plus facile quand on raconte une fiction et qu'il nous faut des méchants : tout le monde est censé savoir ce que ça veut dire. Problême, on les voit tellement qu'on les connaît maintenant et que l'on y fait plus du tout attention, aussi tout appel de conscientisation quel qu'il soit se retrouve aussitôt transformé en berceuse, la faute à uneprospérité relative socio-économique qui fait qu'il est de meilleur ton de nos jours de casser du nazi que des homosexuels - si seulement c'était vrai . Mais il se trouve que certains spectateurs dont moi ( je fais egalement référence à une critique parue sur 'le cinéma d'Olivier' à propos du film 'Valkyrie' que j'avais oublié de saluer sur le point qui va suivre : ) également qui font partie de cette génération qui a grandi avec certains films particuliers à la télé, ceux avec Lino Ventura ou Simone Signoret ( je pense encore plus préçisément au film 'Les patates' avec Pierre Peret ) ou à chaques fois l'arrivée de la Gestapo était un truc qui faisait réellement flipper -et on peut rendre grâce à tous ces réalisateurs qui ont choisi d'user du réalisme pas n'importe comment- quand ce ne sont pas quelques 'anecdotes' familliales qui leur ont fait comprendre un peu plus ce que c'était -des nazis. L'argument qui revient le plus souvent -prenez ici un interlocuteur fictif au hasard- est celui de Pierre Desproges que l'on ne manquera pas d'nvoquer pour les rabats-joie que nous sommes : 'On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui', or le propre du rire, c'est bien au moins de faire ça intelligamment.
C'est pas toujours le cas.
Heureusement l'écriture et le jeu de son acteur principal font que ce nouvel opus d'OSS 117 se distancie assez élégamment d'un certain second degré sur lequel on se repose douilletement depuis quelques temps maintenant.

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16 avril 2009

Une bonne fois pour toutes

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Oui. Que ce soit dit : Taiyo ( Taiyou ) Matsumoto est un génie. Il est là il vit en même temps que nous et il est publié. Ne vous y trompez pas, beaucoup ont réalisé cela mais se refusent à l’admettre, l’esprit du temps sans doute, et donc ils chiquenaudent (‘oué cé pa mal..’) du bout des lèvres comme ça préférant sniffer la tartiflette en charentaises. Les autres, ceux qui revendiquent leurs droits de consommateurs idiots, réfractaires à tous phénomènes de mode non-certifiés diront que c’est carrément pas de la b.d , ou bien que ‘c’est pas bien dessiné’. On s’en va ?

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Matsumoto a été révélé en France dans un ordre non-chronologique, tout d’abord avec la publication de ‘Amer béton’ et qui correspond pour l’auteur à un stade de maturité graphique relativement avancé. Il s’est imposé au Japon avec une autre série, ‘Ping-Pong’ ( et encore une autre avant celle-là je crois ) qui sera par la suite publiée en France grâce au succès un peu plus que confidentiel –mais tout de même - de ‘Amer béton’ justement. En effet le style de Matsumoto est un peu inhabituel même pour un lecteur de manga lambda puisque l’essentiel de ses influences s’avèrent être les classiques européens, entendez par là non pas Hergé mais plutôt Moebius et Munoz,..c’est à dire les classiques modernes. Et avec de telles références on comprend que cela rejaillisse immanquablement sur la narration ( multiplicité des points de vue sur les rythmes de la ville, les pensées des habitants, on est pas si loin du film de Wim Wenders 'Les ailes du désir' que des auteurs comme Munoz et Sampayo ont grandement préfiguré avec leur chef-d'oeuvre 'Alack Sinner' - v.article éponyme du 01/09/08 ) sans pour autant exclure les codes narratifs du manga, ils sont toujours là et même un peu accentués. ‘Amer béton’ à travers les aventures de deux enfants des rues qui se sont faits les gardiens-justiciers de ‘la ville’ ( mi-mégapole décrépie, mi-parc d’attraction ) impose un univers unique, avec un point de départ relativement convenu ( la dualité entre le bien et le mal, ‘face au côté obscur’ ) mais littéralement transcendé par un traitement audacieux alternant contemplatif, voire même onirisme, et ultra-violence.

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Dis comme ça ça peut paraître attendu, les comics américains jouant depuis longtemps sur ce ressort ( un personnage dont les ventes faiblissent , on lui fait péter les plombs un petit peu et après ça va mieux ) mais Matsumoto dépasse rapidement ce cadre pour entrer dans une véritable réflexion sur le libre-arbitre. Un mot encore, ‘Amer béton’ a été adapté en long-métrage animé par Michel Arias en 2007 et c’est une véritable réussite, dans le sens ou le noir et blanc épais et sensuel du dessin de Matsumoto s’est retrouvé remplacé par de surprenantes adéquations au niveau de la couleur et de la matière, ce qui fait que l’on ne perd rien à lire la b.d et à regarder le film –et surtout de se dire que ce Mr Arias est à suivre du coin de l’œil.

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Après ça suivra assez rapidement le recueil d’histoires courtes intitulé ‘Frères du Japon’ -ou nous sommes définitivement dans des ambiances plus réalistes, plus intimistes - et beaucoup beaucoup plus tard le receuil chez Delcourt ‘Gogo monsters’ que je n’ai pas encore lu mais qui je crois reste dans la veine du précédent : des histoires toutes empreintes de poésie ( ce que faisait plus ou moins au même moment, à l'autre bout du monde un certain David Mazzuchelli ) et des illustrations ou l’auteur s’attarde au déploiement d’un onirisme aux relents de paradis perdu, ou de vestige à espérer toujours. Les thématiques des récits sont d’ailleurs bien souvent axées sur le conflit entre la primauté d’un certain monde intérieur et l’acceptation du monde extérieur : en un mot comme en, le passage à l’âge adulte.

( Cliquez sur les images pour agrandir : )

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Néanmoins à ce stade, on préfère encore voir Matsumoto comme un formaliste qui aurait qui plus est déjà tout dit et tendance à se répéter. Et c'est là ou il revient en faisant très très mal avec 'Number 5' qui se pose pendant au moins les 3 premiers tomes en plaisir de geek affreusement coupable : renouant avec l'univers s.f du Moebius de 'Arzach' et les bastons bien barbares -en fait on peut trouver les prémices de 'Number 5' d'après une histoire courte dans 'Frères du Japon' -; le découpage est ultra-dynamique et le dessin entièrement aux traits et de hâchures nerveuses, proche de l'esquisse parfois même, à part pour les premières pages d'ouverture, en couleur,euh comme pour un manga. Mais il en reste pas là en insufflant à son récit une profondeur rarement égalée et règle son comptes aux histoires d'affrontements entre types avec des super-pouvoirs, grâce justement à ses outils de prédilection que sont donc le contemplatif et l'onirique à nouveau, qui trouvent un nouveau cadre et font à nouveau des merveilles. 'Number 5' est une véritable référence et si vous l'achetez vous le regretterez jamais.

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14 avril 2009

Beau fixe

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Bon je n’ai pu m’empêcher d’être surpris à propos de ce que j’ai pu lire à gauche et à droite sur ‘Gran torino’ de Clint Eastwood, bien que moi aussi j’aurais aimé être surpris ( par le film ) et je comprends leur déception. On ne peut pas reprocher à Clint de faire du Clint, surtout à son âge il va plus changer. C’est ce même personnage qui j’en suis sûr a certainement comblé certains après-midi ou week-end VHS il fût un temps, le même roublard irrascible capable de finalement lâcher ses convictions pour un bon plat de canard laqué, en fait Eastwood c’est toute une éducation.Une fois ce deuil accompli, on trouve encore le moyen d’ajouter que ‘ il n’a jamais été un grand réal’ ...oui mais à part ça ça crève les yeux qu’il a toujours été capable de chier des blockbusters à la seconde, alors ? On peut lui reprocher ses choix artistiques ( un traitement un peu retenu sur ‘Bird’quand même, s’il y en a que ça intéresse je ne saurais trop leur recommander la nouvelle de Julio Cortazar ‘Un homme à l’affût’ dans la collection des livres de poche à 2 ros, tirée de son recueil ‘Les armes secrètes’, pour le reste je ne suis pas un spécialiste de sa filmo j’ai aussi bien raté ‘Million dollar baby’ que son dyptique sur la bataille d’Iwo Jima ) ainsi qu’une idéologie qui vieillit aussi mal que Charlton Heston, mais sur ce point je vous rassure, c’est pareil chez nous, et même qu’on les comprend encore...

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Après ça ‘Casualties Of War’ de Brian DePalma que j’avais raté en son temps et aussi depuis, et ou je retrouve un de mes réalisateurs préférés en très bonne forme, tout en sobriété pour un film qui s’ouvre et se termine au présent et dont le récit est un long flash-back, et ou le réalisateur y va de ses portraits de GI’s en terrain conquis. Sean Penn est une révélation, complètement dans son personnage bien crade jusqu’à la moelle et tellement dans son bon droit- en voilà un de ces acteurs que j’ai rarement vu se répéter. Le contexte permet autant d’alterner des moments burlesques ( comment Penn sauve la vie de J.Fox ) qui viennent tout à fait justifier le glauque qui suivra : le Vietnam, la guerre est le lieu ou l’on peut péter les plombs en toute impunité, et si il commence à y avoir une demande à ce niveau de la part du public, De Palma indique clairement que contrairement aux autres réals, lui n’y souscrit pas. Il s’attache au contraire à décortiquer gentiment les mécanismes de l’effet de groupe face à l’autorité, face à un bouc émissaire tout trouvé, dans la lignée vraiment de ce que Jean-Pierre Mocky a pu faire avec ‘A mort l’arbitre’.

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C’est par le plus grand des hasards que j’ai découvert une pièce-‘Anéantis’- d’un auteur contemporain que je ne connaissais pas : Sarah Kane, d’origine anglaise et qui nous aura quittés sans avoir pu voir l’an 2000 en mettant elle-même fin à ses jours, laissant derrière elle une œuvre intègre et fulgurante. Après sa mort les critiques ont par ailleurs admis qu’ils l’avaient peut-être ‘mésestimée’. Je n’ai lu qu’une pièce , c’est donc bien peu pour se faire un avis, mais cela a suffi à m’impressionner pour longtemps, voici une écriture dans la plus droite des continuités du ‘théâtre de la cruauté’ d’Antonin Artaud, très minimale dans ses éléments de mise en scène pour une reconstitution forte des figures et du climat de la guerre, qui n'est pas sans rappeller Arrabal non plus, le grotesque en moins. On avait fait le rapprochement avec le conflit en Bosnie qui faisait rage à l’époque, mais Sarah Kane va plus loin, elle ne montre pas une guerre mais TOUTES les guerres et nous rappelle ce qui se cache bien souvent derrière certaines victoires.

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Le grand retour d’Alex Proyas avec ‘Predictions’ -paraît que j’ai bien fait de rater ‘I robot’- plus qu’honorable, pas du tout moralisateur ni forcément de bon ton.Je ne sais pas non plus pourquoi Nicolas Cage fait pitié à tout le monde, le scénario justifie assez son jeu, et notamment dans la relation avec son fils, et le petit plan sur la Converse aux lacets attachés est là pour nous rappeller que dans une autre vie, Cage était le psychopathe Castor Troy ; je le trouve assez bon dans ce rôle d’anti-héros humain trop humain -j’ai adoré la scène en voiture lorsqu’ils vont dans le bungalow de la mère du personnage principal féminin, du point de vue des relations et des échanges entre les personnages j’ai vraiment beaucoup aimé. Ce qui m’a gêné le plus c’est une logique de ton très X-Files pour les moments fantastiques : ambiance bleutée, gravures de mode comme extra-terrestres énigmatiques, à part ça ça va. Les effets spéciaux impressionnants c’est sûr, pour une histoire très bien racontée somme toute. Quoi qu’on en dise, et vous m’en voyez le plus surpris, je n’ai pas vu beaucoup mieux cependant que le ‘Phénomènes’ de M. Night Shyamalan, m’est avis tout de même que Mr Proyas n’en est qu’à l’échauffement, ce qui nous promet de futurs grands moments.

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Et enfin ‘Duplicity’, un peu dans la continuité de la série ‘Ocean’111213’ au premier abord et un petit côté ‘Les aventures de la fin de l’episode’( de Lewis Trondheim et Franck Le Gall, collection 'Pattes d emouches' de l'Association ) en ce qui concerne les personnages, mais assez agréable en règle général. Tony Gilroy est quelqu’un à qui je n’avais pas du tout fait attention, bien que j’eus pas mal apprécié ‘L’associé du diable’ dont il a écrit le scénario. ‘Duplicity’ surfe avec pas mal des conventions du genre des films d’arnaque, j’adore Clive Owen ( à chaques fois que je le vois j’ai l’impression de voir vraiment le double de Paul Auster, et j’attends impatiemment qu’il joue un jour dans une adaptations des romans de celui-ci, genre ‘City of glass’ ) et j’ai rien contre Julia Roberts ( c’est étrange comment après toutes ces années je n’avais pas remarqué sa très belle bouche ) et le film repose en partie sur leur interaction…je n’ai pas dit performance parce que à voir le film on peut se faire une idée des répétitions, mais ils jouent assez bien de ce côté mise en abîme également. Quelques petites lacunes de scénario dans les dernières minutes ( comment Owen rejoint Julia à l’aéroport ) un joyeux retournement final ( l’arroseur arrosé -mais non…) mais une chouette vartiation et un chouette mot de la fin sur le sujet ( 'j'ai du mal à respirer ' ) tout de même . En fait ce qui m'avait surpris c'était dans la bande-annonce le ralenti avec les deux pdg concurrents,...

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03 avril 2009

Faire l'amour...

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John Woo a bien statué dans toute la presse spécialisée que son intention en adaptant la célèbre ( laissez-moi ,moi aussi je peux avoir l'air culltivé ) bataille de la Falaise Rouge était bel et bien de réaliser sa 'guerre de Troie' à lui, et rivaliser avec les grandes productions américaines; de ce point de vue 'Les trois royaumes' n'a rien à leur envier en ce qui concerne la débauche de décors ( les navires de guerre sont impressionnants ) et les scènes de bataille haletantes, moi même je n'ai pu empêcher mon petit coeur qui bat de se serrer parce que j'ai décrété il y a longtemps qu'on ne me sortirait pas la larme à l'oeil. Non pas que Woo donne dans le sentimentalisme, au contraire, ce serait plutôt de la sensibilisation, ou simplement une découlante logique de tous les éléments qu'il met en place, et ce à tous les niveaux. Bien sûr on a des héros qui font le boulot de quinze types à eux seuls, les chorégraphies sont magnifiques et pas trop tape-à-l'oeil, de plus les combats sont toujours ancrés dans un contexte très réaliste, avec la démonstration des différentes formations des armées, et ce que cela détermine comme genre de confrontation.

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C'est vrai qu'on est bien assis.
Au niveau spectaculaire je pense que ça va aussi à part pour les puristes qui devront attendre deux heures de bla-bla entre deux bastons, car l'émotion disais-je ( en tout cas je me suis permis d'en parler ) provient également et surtout de l'empathie que l'on peut ressentir pour les personnages, et s'ils sont attachants ce n'est pas simplement grâce à un souçis de caractèrisation très bien rendu mais parce qu'ils se battent pour des choses très belles, ils défendent 'leurs' philosophies. En effet on se retrouve très rapidement avec un certain manicheisme en pleine face, d'un côté le dialogue, de l'autre l'obeissance aveugle, l'éthique et la sagesse en face de la soif de pouvoir, ou plusieurs formes d'art sont tour à tour conviées et finissent par se révéler des armes redoutables :
au milieu des ingrédients habituels du film de guerre, John Woo signe une oeuvre humaniste en nous rappellant ce que l'on nomme civilisation en ce qu'elle a de plus beau, je vous laisse deviner la fin du message.

Bien sûr ils sont tous très bien habillés car ce sont des seigneurs de guerre, mais la dimension humaine n'est pas écartée :
l'un des camps assiégés cherche d'abord à protéger ses paysans, je disais ça au cas ou on se moquerait des scènes cérémoniales et de leur esthétique publicitaire, car elles nous tombent dessus aussi un peu comme ça, j'ai vérifié mes sources et il s'agit tout simplement d'une question de format, pardon de durée attention : 146 mn pour nous contre 280 pour la version asiatique, c'est beaucoup plus facile pour distribuer des palmes et c'est ce qui explique le départ en trombe du
récit.

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A oui. On a tendance à définir John Woo comme ' l'homme aux pigeons blancs' , à moins que ce ne soit ' l'homme aux colombes immaculées' à cause d'une scène mythique dans 'The killer' eh bien eh bien il ne déroge pas à la règle cette fois encore, il y en a un ( e ) faux( xsse... ) en gros plan pendant deux minutes, une vraie peluche pour enfants ( c'est pour ça c'est difficile de dire ), c'est bien drôle.

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02 avril 2009

Le sommeil de la raison...

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Dans les contrées anglo-saxonnes de nos voisins préférés 'La chanson de Beowulf' est un classique littéraire à peine un peu moins fameux que 'La légende du Roi Arthur', et jusqu'à aujourd'hui encore l'objet d'une multitude de thèses et d'adaptations. L'une des plus célèbres étant celle de John Gardner avec son roman 'Grendel', du nom du monstre des forêts que combat le brave guerrier, et ou cette fois la fameuse épopée est relatée depuis son point de vue à lui , donnant lieu à un récit philosophique très fort, aux frontières du merveilleux ( disponible chez nous chez 10/18 et qui sera l'objet d'une adaptation en animation par l'australien Alexander Stitt, 'Grendel grendel grendel'). Signalons encore la relecture -et pas des moindres- de Matt Wagner avec son comic-book éponyme ( article du 26.02.2008 ) et c'est à peu près tout ce que je pourrais vous communiquer sur le mythe. Grendel semble davantage inspirer les artistes que le valeureux Beowulf, s'avèrant le prétexte à des réflexions multiples sur le thème du monstrueux et de l'humanité au même titre que la créature de Frankenstein.

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'Grendel grendel grendel' de Alexander Stitt.

Ce sera encore le cas en ce qui concerne le film de Robert Zemeckis, et pas n'importe comment, car le script est co-signé par Roger Avary et Neil Gaiman ni plus ni moins. Ce dernier, assez souvent cité sur ces pages, a acquis une renommée interplanétaire grâce au succès de 'The Sandman' pour DC Comics dont la particularité fût d'avoir opéré un croisement entre toutes les mythologies ( il y a bien 'Thor' et 'Hercules' chez Marvel, 'The Sandman' s'étant éloigné assez rapidement du registre super-héros ) et remis véritablement au goût du jour l'emploi de personnages et archétypes merveilleux ( démarche qu'il poursuivra dans son travail littéraire, voir son roman 'American gods' ), je pense à la série 'Fables' toujours chez DC Vertigo. Quand à Roger Avary ( 'Killing Zoe', 'The rules of attraction' ) il cherche depuis longtemps à adapter 'The Sandman' en long-métrage, avec une approche dans l'esprit des films de Jan Svankmajer qui lui valût d'un seul coup la bénédiction de tous les fans mais malheureusement pas des grands studios.

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On ne peut que se réjouir d'une collaboration entre ces deux auteurs, au regard dores et déjà de 'Beowulf', qui malgré les apparences -l'image de synthèse genre 'Final fantasy'- n'est pas un film si grand public. N'y aurait-il eût la séquence de combat final avec le Dragon qui ne peut manifestement être mise en scène autrement qu'avec de tels moyens, je continuerais de m'interroger encore sur ce choix. Le traitement du monstre justement est assez craspec pour de la 3D, mais cela contribue à donner à 'Beowulf' une identité qui nous fait nous douter d'entrée que l'on va sortir des sentiers un peu habituels. En effet le traitement des personnages, à savoir les guerriers de l'époque qui ne sont pas des enfants de choeur, démarre l'essentiel du propos de la version de Gaiman et Avary, ou ce sont les humains qui sont les plus monstrueux, au regard desquels le monstre ferait figure de bon fils véritable, et qui pose la question sur ce qui définit de fait véritablement les héros : non pas pour ce qu'ils font mais aussi pour ce qu'ils ne font pas.
Dès les premières minutes 'Beowulf' aurait eu de quoi rivaliser avec le film de John Boorman 'Excalibur', si ce n'était qu'il lorgne un peu trop du côté de celui-ci , dans l'histoire originale Beowulf affronte Grendel, la mère de celui-ci ( une sorte de ver de terre géant ) et enfin le dragon, avec lequel il n'a pas le même genre de liens. Cette référence n'enlève cependant rien au propos vers lequel les auteurs semblent vouloir nous diriger, et qui fait du 'Beowulf' de Robert Zémeckis un film définitivement inhabituel, une illustration à la lettre de la célèbre phrase du peintre Goya.

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01 avril 2009

La ciudad y los perros

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Il y a quelques mois déjà je tombais par hasard sur un sketch des 'Guignols de l'Info' ou l'on pouvait voir Julien Doré déambuler dans son intérieur, avec comme Michael J. une salle de proj personnelle ou, disait-il ' je peux regarder tous les chefs-d'oeuvre du cinéma péruvien' avant de nous sortir une merde sur son piano. A ce moment-là je me suis mis à envier très fort Julien Doré, car il est certain qu'avec tous les chefs-d'oeuvre du cinéma péruvien à disposition, on finit forcément par avoir quelque chose d'intéressant à dire.

Un peu plus tard un de mes amis très chers qui me laisse entrer gratos au cinéma ou il bosse en échange de paquets de mangue séchées - je me retiens à grand-peine de vous dévoiler son nom afin que le monde entier sache à quel point ce type est corruptible et cupide - me prêtait un livre de Mario Llosa Vargas, écrivain d'origine péruvienne dont il est - aussi difficile que cela puisse être à croire- un fervent admirateur. Il s'agit de son premier roman, qui a été salué unanimement à l'époque-1962-, mais à en croire notre ami, ce n'est pourtant pas son meilleur. Et puis, 'salué unanimement' ce ne fût pas tout à fait le cas dans son pays d'origine, ou des exemplaires ont mêmes étés brûlés. L'auteur ayant été traumatisé par son enfance dans un collège militaire et c'est ce qu'il relate assez crûment dans 'La ville et les chiens' ( ed. Folio ); je n'en étais encore qu'au 100 premières pages, scotché par la préçision du style de l'auteur dans sa description des menus combats qui constituent le quotidien dans ce genre d'institutions quand j'appris que la cinémathèque proposait une rétrospective du cinéaste d'origine péruvienne Francesco J.Lombardi, qui signa en 1985 une adaptation du premier roman de Vargas, vers laquelle je me suis précipité vous pensez bien.

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A l'heure qu'il est je n'ai toujours pas terminé le roman, très dense; Vargas avec sa première oeuvre voulait certainement 'en mettre un coup' et c'est ce qu'il a fait, multipliant les points de vues subjectifs, ce qui fait que l'on ne sait pas toujours qui parle. Cette incursion vers l'expérimental est très sans doute fortement lié au contexte de l'époque, ou tout le monde était encore à se remettre de l'infleuence de Faulkner et de Joyce. Je ne saurais trop vous recommander le visionnage de ce film, il est de ceux qui nous font comprendre pourquoi la raison d'état a encore d ebeaux jours devant elle, et à part envoyer en masse des lettres à Arte, il y a peu de chances de voir ce film sur les cinémas d eminuit de nos chaînes nationales -ils n'existent plus. En tout cas grâce à ma cinémathèque qui ne réserve pas la culture aux plus nantis, j'ai pu moi aussi me sentir un peu comme Julien Doré -et je ne joue pas de piano- avec Louise Bourgoin en moins bien ent...

poussin...

poussin attends...

c'est pas ce que je voulais dire....

veuillez_excuser_linteruption_de_notre_blog

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