images qui bougent

blog de discussion, publications d'articles sur le cinéma, le théatre, la littérature et la bande -dessinée...

31 mai 2009

A ma décharge...

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...je dirais ceci, je ne suis pas familier du cinéma d'Alexandre Sokourov. J'ai beaucoup entendu parler de 'Va et regarde' mais c'est tout ce que je savais de ce cinéaste, ce qui est amplement suffisant pour me ruer dans un cinéma si je vois son nom quelque part.

Ici l'auteur de ces pages sort une ou deux références pour éviter d'expliciter vraiment son opinion sur le film :

j'ai eu l'impression de me trouver dans un interstice inconnu, comme un extrait inédit, du film de Tarkovsky ' Le sacrifice' ( ce qui est une sorte de compliment car j'ai été proprement impressionné et fasciné par celui-ci, ce qui doit faire une belle jambe à Sokourov ) , en tout cas dans la toute première partie de celui-ci, ou le père parle à son jeune fils, il y a un rapport similaire entre les personnages et la nature qui les environne. Continuons, je me rappelle aussi avoir par exemple acheté un exemplaire de 'Extinction' de Thomas Bernhard - je sais pour le moment, ça n'a rien à voir - parce que Thomas Bernhard est le meilleur écrivain du monde premièrement, et que c'est un véritable BONHEUR de lire du Thomas Bernhard deuxièmement; je m'étais arrêté sur celui-ci parce qu'il était écrit que c'était un roman 'créspusculaire' et à l'époque je me demandais vraiment comment on fait pour écrire un roman 'crépusculaire', qu'est-ce que c'est même en fait qu' un roman 'crépusculaire'... alors si on devait me demander mon avis, ce serait ça : 'Mère et fils' est un film véritablement 'crépusculaire'...

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28 mai 2009

Enjoy

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Il y a peu j’ai fait l’éloge ( encore ) des productions indépendantes avec ‘My little eye’ de Marc Evans, et j’ai pu citer par là d’autres films comme ‘Gimme skelter’ de Scott Phillips ou ‘Dance of the dead’ de Gregg Bishop, qui pour moi possèdent chacun dans leur registre les mêmes qualités remarquables, à savoir un même souçis d’exigence et d’ inventivité témoignant d’une passion bien visible pour le médium, une rigueur d’approche et une constance qui relèveraient presque de la hargne. En visionnant ‘Popcorn’ de Mark Herrier, datant de 1991, j’ai eu l’euphorique impression d’être présenté à l’un de leurs ancêtres à tous. Je ne serais pas ici en train de me gargariser à vrai dire si je n’avais pas eu vent de cette perle dans un article stellaire du Dr Devo sur Matière Focale sans lequel je n’aurais pas surveillé les bacs de dvd soldés du coin de l’œil.
( http://www.matierefocale.com/article-26146188.html )

Maggie, jeune étudiante en cinéma, est hantée par un cauchemar récurrent dont elle n'arrive pas très bien à expliciter la signification. Elle utilise néanmoins les images et le contenu pour le moins mystérieux de celui-ci pour son propre projet de fin d'année. Un beau jour, sa section de cinéma décide d'organiser un festival de films Z, afin d'attirer l'attention sur eux et de récolter quelques fonds pour l'achat de matériel et exhument un vieux cinéma. Aidé par un spécialiste des effets spéciaux, ils vont ni plus ni moins passer des chefs-d'oeuvre tels que 'Mosquito 3D' ( à voir en relief, et accompagné d'un dispositif ou la version latex de la créature du film passera réellement au-dessus de la tête des spectateurs ), 'L'homme-électrique' qui sera l'occasion de faire passer quelques secousses dans les sièges, et 'The stench' un film culte en odorama. Au cours de leurs travaux de ré-aménagements, ils tombent sur une pellicule mystérieuse d'un film inconnu, qui se révèle ô surprise similaire en tous points au cauchemar de Maggie.
Leur prof leur explique alors qu'il s'agit d'un film tristement célèbre -intitulé 'The possessor'-, réalisé par un psychopathe local et inachevé, ce dernier ayant tenter d'en réaliser le final au cours de la projection, qui coûta la vie pour de vrai aux spectateurs dans un incendie dramatique. Maggie en est fortement déstabilisée, mais la vie continue. Le festival commence et elle ne peut s'empêcher de redouter que quelquechose d'atroce ne se produise à nouveau; ses doutes finissent vraiment de se dissiper quand le fantôme du réalisateur fou s'adresse à elle...

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( Tremblez devant la fureur de....'Mosquito 3D' )

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(...oui tremblez )

‘Popcorn’ est un film tout simplement brillant, réalisé avec passion et maitrise qui jamais ne s’ésouffle, ne néglige ou n’évacue son contenu au profit d’un quelconque spectacularisme ( au contraire celui-ci est un levier, un vecteur, evidemment et surtout il est le sujet, mais jamais il n’est une fin en soi ) et qui va au bout de son sujet avec une constance qui fait non seulement plaisir à voir mais n'en renforce que mieux son propos, c'est aussi la marque des grands auteurs. Il n’y a pas une piste scénaristique qui ne soit épargnée: que ce soit la scène de transformation à l'envers avec le 'coup des lentilles' ou encore celle du béguin d’un personnage secondaire pour le méchant, pas un personnage apparu une fois à l’écran qui n’aie ‘sa scène’, quelle qu’elle soit, et qui contribue à donner au tout épaisseur et cohérence. Datant de 1991, le film souffre d’une tonalité globale presque téléfilm, ou film d'ados moyen, cependant au regard des différents registres abordés par le biais des films dans le film, on comprend la nécessité d’un cadre aussi neutre.

Sans avoir l’air d’y toucher , ‘Popcorn’ propose une réflexion lucide sur l’industrie du spectacle, le rôle de l’artiste et de l’image de manière tout à fait abordable mais aussi de façon virtuose et visionnaire. Les films dans le film sont autant des hommages à des films cultes comme ‘La créature du lagon noir’ et ‘L’homme qui rétrécit’ qu’au travail de John Waters ( mais anticipent aussi bien l’hommage de Tim Burton à Ed Wood que la démarche filmique de Guy Maddin; on se demande d'ailleurs si tout le monde, tous les grands avant qu'ils ne le deviennent, n'ont pas vu 'Popcorn' : de David Cronenberg à Brian Yuzna, de David Lynch en passant par Sam Raimi et Paul Verhoeven ) et s'avère un panorama assez pointu et vaste de l'histoire récente du cinéma, tous registres confondus puisque le film maudit ‘The possessor’ est lui-même une citation explicite de l’œuvre de Kenneth Anger ( à cause d'un certain picturalisme immanquable, mais d'ou le raccolage sataniste n’est absolument pas tenu à l’écart ) et s’avère le point d’ancrage d’une réflexion sur le rapport contemporain de notre société avec l'image moins anodine qu’il n’y paraît; 'The possessor' lui-même parle le langage des rêves, est porteur de sensations troubles et de fantasmes qui ne demandent qu’à se concrètiser.

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( Kenneth Anger : 'Inauguration of the Pleasure Dome' -1954- )

C'est ce qui fait que Maggie utilise ses rêves dans son travail dans un premier temps pour aussi et surtout se comprendre elle-même, ou toute l'histoire est un peu le prétexte pour qu'elle comprenne d'ou lui viennent ses fantasmes et ses pensées, liés à des épisodes traumatiques. Le rêve fait office de révélateur, mais quand on cherche à devenir artiste, on tombe facilement dans la tentation de privilégier sa vie intérieure ( l'oeuvre en devenir devient le prétexte à un certain enfermement ) au dépit du monde extérieur, ainsi de sa relation avec son petit copain qui 'ne comprend rien à ce qu'elle fait'.
David Lynch utilise eminamment ce procédé, il ne se prive pas de dire qu'il trouve ses histoires en s'inspirant beaucoup de ses rêves et de ses méditations ( une méthode bien connue que Dali utilisait dite 'paranoia critique', faire apparaître les visions de l'inconscient par une confrontation implacable au vide ) car il raconte des histoires autant extérieures qu'intérieures, 'mentales', ou les deux niveaux de réalité s'interpénètrent ou le personnage utilise des éléments de l'un pour résoudre des problêmes de l'autre. Ce qui est proprement vertigineux, c'est que l'une des scènes que le Dr Devo ( encore lui ) pointe dans son article, qu'il nomme 'une échappée belle' à propos d'un des très rares ralentis du film, est véritablement annonciatrice d'un cinéma sensoriel tel que le pratique Lynch depuis 'Lost Highway'.

'Popcorn' sort le personnage ainsi que le spectateur de cette immersion personnelle, pour ne dire qu'une chose, il faut autant se méfier des sentiments que des apparences parce que 'il y a un truc', même nos pulsions sont motivées.C' est bien sûr l'histoire d'une vengeance, mais au delà c'est aussi l'histoire des tentatives successives surtout pour faire se rejoindre le rêve et la réalité, le fantasme d'imposer coûte que coûte que la fiction se poursuive et se paracheve dans la réalité, prenne le dessus sur celle-ci, ici dans un génocide global, peut-être une offrande à un quelconque Dieu obscur ( en ce sens la référence à Anger est loin d'être anodine ) qui réclame du sang et aussi l'impunité d'un contexte particulier pour s'exercer, ou simplement par sentiment aveugle et absolu de revanche.
Par la monstration des artifices 'Popcorn' recule toujours plus loin dans l'histoire du cinéma, revenant aux sources de l'art en marquant sa nature théatrale ( décors peints apparents avec caméra, ce qui n'est pas non plus sans rappeler les premiers films de Méliès ) puis en insistant sur la notion de performance, remontant ainsi aux tréfonds de ses origines avec la notion principale de catharsis, mais plus loin encore sur son fondement religieux à travers le sacrifice. Le film alterne avec une aisance confondante les différents niveaux de lecture avec une double réflexion sur l'image par rapport à l'individu et à la masse, sur la fonction nécessaire du spectacle, le cinéma remplacant les anciens combats de gladiateurs jugés trop sanglants.
'Popcorn' s'assume lui-même en tant qu'artifice, en tant que spectacle, surfant avec les différences de distance entre fiction et réalité : les intermèdes du festival sont le moyen de raconter son histoire, comme il inclut les intermèdes de celui-ci ( le moustique géant pour de vrai en clou du spectacle, les musiciens ) ce qui à l'intérieur de l'histoire même sous-entend que, quelle que soit l'oeuvre d'art, elle n'est pas imitation de la réalité, elle ne la dépasse pas non plus : 'la fiction sera toujours en-dessous de la réalité', et il le faut puisque 'le dormeur doit se réveiller', aussi il est important de montrer et de garder à l'esprit la part de l'humain qui se dissimule derrière le rêve, le fameux 'We are stuff that dreams are made on' de William Shakespeare.

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27 mai 2009

'Usual suspects' d' Akira Kurosawa

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Ce film , réalisé en 1950 par Akira Kurosawa est considéré comme l'une des pierres angulaires du cinéma, à égalité avec le 'Citizen Kane' d'Orson Welles. Il est dit qu'il influença de façon décisive l'emergence de la Nouvelle-Vague en France, comme quoi je devrais arrêter de répéter tout ce qu'on me dit car je ne vois pas encore très bien en quoi. Au lieu de cela je vais essayer d'en parler avec mes mots à moi, dans l'espoir d'aboutir à un article digne de ce nom. Je n'ai pour ainsi dire pas vu tant de films que ça de Kurosawa, mais je sais pourquoi j'aime bien : dès les premières images, dès les premières prises de vues, on sait tout de suite qu'on va nous raconter quelquechose ( j'avouerais avoir été littéralement imprimé au fauteuil par la suite, au vu de la beauté des images lors la déambulation d'un des personnages dans la forêt, au début du récit ...dans le récit ), le film s'ouvre ici sur la désolation d'un temple en ruines sous une averse diluvienne, et les quelques personnages qui s'y abritent semblent dans le même état. Les faits dont ils ont étés témoins semblent les avoir bouleversés jusque dans les tréfonds de leur être -ils n'ont pas fait les frais de ces évenements- et fortement avoir ébranlés leur croyance en l'être humain ...Peu à peu nous en apprenons un peu plus de la bouche de ces personnages pour une nouvelle tierce personne, à propos d'un meurtre qui s'est produit dans la forêt, ainsi que les versions contradictoires des supects, dont les narrateurs ont assistés au procès. rashomon2 'Rashomon' est devenu si incontournable pour la particularité de son scénario, à savoir nous raconter un seul et même évènement depuis des points de vues multiples, procédé qui était particulièrement sujet à expérimentations à l'époque, principalement en littérature. Mais cela reste surprenant que le film soit considéré comme un chef-d'oeuvre de la modernité alors qu'il puise ses racines dans le classicisme le plus absolu : ce procédé narratif est connu depuis 'Les mille et une nuits' en passant par 'Don Quichotte', quand à l'approche multiple d'un sujet, ce sont pour ainsi dire les fondations de l'Art; et ce n'est pas par hasard non plus si les peintres chinois et japonais sont également cités comme influences les plus prépondérantes de la peinture moderne ( ex-aequo avec l'art Africain : ) c'est dans la philosophie même de leur art que de montrer la Nature sous 3 aspects différents ( thèse, anti-thèse, synthèse un peu, et cela se traduit par un subtil enchevêtrement des rapports entre le vide et le plein dans l'image ) et c'est cette même approche que l'on retrouve encore dans l'art moderne, sous des formes différentes ça je ne dis pas, mais le cubisme procède par exemple en tout cas de cette même recherche. C'est pourquoi on ne dit pas trop une trop grosse bêtise en affirmant que 'Rashômon' est un film cubiste. 'Usual suspects' aussi. Quand à Félicie , n'en parlons pas, je crois qu'elle se marie bientôt.

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Cependant chaque version contredit la précédente et s'avère complètement crédible, le spectateur n'a pour finir aucun élément pour se faire une opinion juste, tout comme les personnages. C'est surtout la vérité qui a disparue dans la nature. Les seuls indices qui nous restent ce sont les mensonges, qui révèlent ceux qui les profèrent: le bandit, interprété par Toshiro Mifune ,est une caricature, ou il est évident qu'il ne peut apparaître dans une histoire sans en resortir grandi, la femme bafouée produit une version de femme bafouée, on va même jusqu'à faire parler les morts...On se retrouve au final incapables de démêler l'implication réelle des personnages, du fait des implications justement de chaques mensonges, nous faisant par là même douter encore d'un quelconque espoir à fonder en l'être humain tant l'immoralité semble règner partout, à l'image de ce crime impuni du bandit sur le samouraï. Ci-gît, la foi :

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26 mai 2009

Portrait de l'artiste en gros lourd

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Quatrième et dernière réalisation de Serge Gainsbourg, ' Stan the flasher' date de 1990, avec Claude Berri dans le rôle principal et première apparition à l'écran de Elodie Bouchez. Stan, scénariste de son état, donne des cours d'anglais, essaie de brancher les petites minettes en leur lisant Hamlet parce que au quotidien c'est pas la joie : personne ne veut de ses scripts, et avec sa femme c'est plus vraiment ça l'âge se faisant. Des fois ça lui arrive de sortir à poil sous un imper et d'aller montrer sa queue aux petites filles. Depuis quelques temps c'est de pire en pire, Stan est sur le point d'aller encore une fois trop loin...

Dépeint à poil sur sa cuvette à chiottes et en manque de chatte ( dixit ), Gainsbourg semble nous dire qu'on a tous en nous quelque chose de Claude Berri; ambiance bukowskienne totale, viscéralement aussi glauque et desespérée qu'un roman d'Hubert Selby Jr. Aspect renforcé par le fait que les dialogues sont aussi des paroles de chansons, on se retrouve avec tout le monde en train de parler marlou, même si les comédiens ne sont pas tous convaincants ( ils joueraient tous comme Yves Rénier dans 'Merci la vie' et Gainsbourg rivalisait pour de bon avec le 'Sailor et Lula' de David Lynch sorti la même année ) - ce qui parfois pourrait s'avérer le véritable problême du cinéma, comme le pensait Hitchcock - pourtant la caméra de Gainsbourg les aime et les transfigure : mise en scène frontale ( Michel Robin en cellule, rappelant un cinéma qui ne se pratique presque plus, à part peut-être du côté de Noé et de Carax ) ou encore mouvements de steady-cam vertigineux qui viennent se terminer sur la ventripotence de Claude Berri, métaphore du talent bafoué. Les éclairages sont du reste somptueux de bout en bout, à se demander si Gainsbourg n'a pas bossé avec le directeur photo de Derek Jarman. Avec la récurrence d'une mélodie utilisée systématiquement en générique ( qui n'est pas sans rappeler certaines musiques des téléfilms érotiques sur M6 ) et aussi à cause des ralentis qui l'accompagne assez souvent,' Stan the flasher' possède une dimension eminamment clipesque, mais loin de surenchérir, ces effets se révèlent au final et contre toute attente des outils narratifs parfaitement utilisés pour une démonstration impeccable de l'emploi du montage alterné. Sobre, super-efficace. Elodie Bouchez est elle aussi instrumentalisée au milieu de tous ces adultes qui piquent même si on ne s'y frotte pas.

J'aime beaucoup Gainsbourg mais toutes ses obsessions ne me parlent pas forcément et pourtant je ne suis pas que prude. Dans son roman 'Eugénie Sokoulov' on peut se faire une idée de sa vision de l'artiste à travers l'histoire tragi-comique d'un peintre qui trouve sa démarche ( lui ouvrant les portes du succès ) à cause d'une crise de flatulences paranormale, ici cette fois l'artiste est un exhibi, et on aurait tort de n'y voir que de la perversité au dépit de la part de révolte qu'il y a derrière ce comportement. Le terme de 'flasher' m'avait induit en confusion, croyant que celui-ci n'était reservé qu' aux adeptes de la shooteuse. A un moment donné même, le personnage sniffe effectivement son lit, mais bon apparemment le terme dans le jargon c'est que pour les exhibis. Je me rappelle une interview du Maître pour les Inrocks ou revenant sur la période ou il voulait être peintre, il disait qu'à cette époque il était capable de dessiner une aiguille et son chas en un seul trait de plume. Voici donc quelqu'un qui sait appuyer juste ce qu'il faut. Contrairement à son personnage, Gainsbourg sait exactement ou s'arrêter, tout en faisant à nouveau cependant la démonstration de son sens imparable du doigté qui a fait sa réputation : au milieu du marasme, une nuance de recul semble poindre, sur le visage d'Elodie Bouchez, une lueur d'affection...une histoire en dehors du conformisme, un peu moins mélo que le 'Noces blanches' avec Vanessa Paradis tout de même; est-ce bien cependant de ce genre de révolutions dont nous avons besoin ?

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23 mai 2009

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22 mai 2009

En compétition cette semaine ...( 2 )

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Les deux films partagent ainsi une certaine similarité au niveau du thème, le dilemme entre la raison du coeur et le coeur de la raison, entre les élans de la passion et la sécurité du conformisme, entre sortir avec Brigitte Bardot et faire la vaisselle de Marguerite Duras, entre une salade végétarienne aux cinqs flocons d'avoine et un jambon sauce madère servi avec une serviette à carreaux. Assez ri j'ai peut-être été un peu abrupte à propos du film de Zabou Breitman en ce qui concerne la forme à proprement parler, sans avoir le même sentiment d'unité ( en partie dû au travail chromatique ) que sur le film de Gray, on est pas complètement en rade non plus esthètiquement ( il y a un cadrage sur le dos de Marie-José Croze -le retrouveras-tu- ET SON CHIGNON, au moment ou elle fait une liste des choses à faire idéalement et qui constitue un des moments les plus poignants du film ) ça se débrouille même plutôt bien niveau spatialisation et mise en scène, si ce n'est donc, des articulations un peu plus marquées. Il n'empêche que cette dernière colle très bien avec le déroulement du récit : une alternance de champs et de contrechamps pour montrer le contraste entre les deux personnages à leur première rencontre ( Daniel Auteuil en quadra maladroit , Marie-Josée Croze-profession: super-nana ), ensuite des plans très serrés pour montrer l'intensité de cette passion naissante, puis la valse des ouvertures sur les lits ou les halls d'hôtels, avec sketchs.

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La deception vient plutôt du fait qu'au lieu de me dire que ' c'était une passion dévorante, intense' etc...j'aurais préféré le ressentir, ce qui n'était pas le cas. Au niveau de l'interprétation il y a également des choses que j'ai trouvées limites : quelqu'un qui dit deux fois de suite la même chose sur deux différentes intonations, n'est pas forcément quelqu'un que l'on peut appeler spécialement un comédien -ou une comédienne, je pense particulièrement à Florence Loiret Caille. Marie-José Croze m'a semblée elle se contenter de lignes de caractère très écrites : son personnage est amoureuse, elle laisse une nouvelle chance; même si elle pose des règles à un moment donné qui sont déjà un premier signal d'alarme, elle n'apparaît pas meurtrie par la situation ( pourtant avec la scène du restaurant au Japon, on s'apercoit qu'un homme heureux, c'est peut-être pas si beau à voir ) et reste selon moi dans une certaine réserve. Mais les temps de la relation sont très bien décrits, très chapitrés et presque malheureusement sans ambiguité, pour aboutir finalement à une conclusion doublement puante - mais c'est donc la vie qui est comme ça - : une première fois dans la relation entre les deux amants et dans les choix d'Auteuil - enfin c'est ce que je pense -, et une deuxième fois dans les circonstances prétextes à la confession de cette histoire, dont on peut douter de la véracité même au final ( puisqu'il y a des inserts similaires à la scène dans 'Reservoir dogs' ou Tim Roth raconte son histoire pour s'echauffer puis sans transition devant les types qu'il doit convaincre, le personnage d'Auteuil n'essaie-t-il pas lui-même de se convaincre de ce qu'il dit, ou revit-il vraiment ces moments de bohneur passés ? ) pour en venir au fait, peut-être sa véritable intention : aider sa belle fille à partir vraiment. Sinon pourquoi ces 'confessions d'une famille qui n'est déjà plus la tienne' ? Est-ce vraiment parce que la vie est 'trop courte' ? Est-ce vraiment pour le bien de la jeune fille qu'Auteuil raconte cette histoire , ou bien encore une fois pour son bien à lui...? il m'a semblé voir bien peu d'empathie dans le personnage du beau-père, malgré les circonstances.

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Nous avons dans ce cas préçis l'exemple d'une troisième option au milieu du tumulte des sentiments, parce qu'il faut bien que les morales s'appliquent un peu parfois. 'Je l'aimais' ne tombe jamais dans le pathos et c'est presque dommage, on a pour finir l'impression que beaucoup de choses sont restées sans conséquences -mis à part le final - elles sont juste évoquées. En partie à cause du fait que l'histoire est racontée du point de vue partiel du personnage de Daniel Auteuil. Autant la relation entre les amants nous est dévoilée au début par petites touches sensibles, une fois passée le cap de la sensualité , on peine un peu à véhiculer du sens et on reste beaucoup dans l'indiciel, il aurait fallût pourtant très peu du même aplomb pour poser davantage le personnage d'Auteuil, prenant conscience de la décomposition de sa cellule familliale et omnubilé par sa passion nouvelle; mais à voir la façon dont les choses sont posées, on serait presque tentés de lui donner raison, les choses vont un peu trop naturellement dans son sens. Ce qui reste le plus surprenant c'est d'avoir dans les deux films des personnages qui finalement baissent les bras devant l'amour. On part d'une passion unique et inespérée pour aboutir à chaque fois à une démission, et cela semble vraiment le propos définitif de chacun : dans 'Two lovers' on ne comprend pas bien la réaction de Joaquim Phoenix la veille de son départ avec Gwyneth, ils sont voisins, elle l'appelle à la fenêtre -ils ont fait l'amour pour la première fois un peu plus tôt dans la journée, et d'ailleurs Gwyneth fait dans cette scène un truc terrible avec un sein et un téléphone, chose qui me hantera que je le veuille ou non jusqu'à la fin de mes jours - et non, il laisse la nuit et la journée du lendemain se loger à l'intérieur de ses projets, il cloisonne déjà lui-même son rêve de liberté avant qu'il ne commence, en le renfermant d'emblée dans le conventionnel. L'improbable se produit et il est déjà sur les rotules, il ne peut plus se battre. Dans 'Je l'aimais', la belle-fille le dit, elle, dès le début, elle a en quelque sorte 'acceptée' la rupture, dès son annonciation, le matin au réveil. Tout dès lors n'est que continuation de cette décision que nous n'avons pas vue mais qui a déjà été prise. Intéressant constat, que ce soit dans n'importe quelle recherche, ça doit donc être vrai pour celle du bonheur, le moment ou l'on s'arrête est bien souvent celui ou on devrait continuer. Si il y a bien quelque chose qui ne souffre pas la demi-mesure c'est bien l'amour. Apparemment on ne le répètera jamais assez.

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21 mai 2009

En compétition cette semaine...( 1 )

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...à ma gauche le 'Two lovers' de James Gray et à ma droite 'Je l'aimais' de Zabou Breitman. Dans cet article je vais dire du mal de tel film du bien de l'autre, ce qui suit révèle donc des moments-clés de l'intrigue. D'abord, comme vous le savez déjà, en critique, l'argument comparatif, ça n'est pas bien, c'est que pour les publicités, mais que voulez-vous j'ai trouvé amusant de voir ces deux films avec un sujet commun programmés en même temps dans les salles sur ma planète. Parce que hormis ceci, ça va être comme qui dirait vite vu, entre James Gray et Zabou Breitman -dont je suis secrètement amoureux depuis des années si ce n'est que mon coeur est déjà pris - et oserais-je le dire, avec ' un certain problème du cinéma français' en général, qui je l'espère sera repris par vous amis lecteurs, à savoir une certaine forme de didactisme.

James Gray est assurément un futur grand, mais alors très très grand. Ceux qui connaissent sa filmographie le savent sans doute déjà, et moi qui vient seulement de visionner 'Two lovers' je m'en rends déjà compte. En toute subjectivité voilà le genre de film que j'ai toujours rêvé de voir réalisé, parce que pour une fois c'est comment dire vachement bien de voir un film entier. Enfin. La trame du récit, même si elle est constituée de chapitres, s'impose comme 'une histoire' en un seul et même mouvement, avec ses lumières, ses plans, son univers, et non une succession de petits tableaux avec chacun sa morale à la fin - c'est pas la peine de suivre mon regard -. Si Gray opère un peu de la même façon, puisqu'il y a toujours quelque chose à déduire à la fin d'une de ses scènes, au moins il ne le laisse pas paraître.

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Pour une fois ce que nous avons sous les yeux évolue vraiment. Cela revient tient en partie du fait, que dès le début du récit, Gray nous maintient en alerte : on assiste d'entrée à une tentative de suicide de la part du héros, et on apprend par la suite que c'est parce qu'il est purement ravagé par une ancienne histoire. On sait que le sujet en est une autre, une nouvelle, alors qu'est-ce qui va se passer...
Comme le fait remarquer Maydrick dans sa critique que je vous conseille absolument ( : http://maydrick.over-blog.com/article-25592598.html ) je cite : on nous apprend par la suite que le personnage principal est censé être bipolaire, et l'on est pour le moins en attente tout du long de voir comment cette bipolarité va se manifester. Or celle-ci ne se manifestera jamais. Il me semble à moi que l'interprétation magnifique de Joaquim Phoenix traduit au contraire quelque peu ce trait de personnalité, mais avec une subtilité qui relève elle aussi de l'entièreté, par l'éventail de ses nuances justement . Nous avons affaire à un personnage bien sûr fragile mais surtout dévasté par une ancienne histoire, mais qui paradoxalement semble avoir retenu une leçon de tout ça, et c'est ce qui fait qu'il peut en parler librement à la fille que ses parents lui font rencontrer (- et pour cause: il n'a rien à ne se reprocher ), mais nous nous savons qu'il a cherché tout de même à en finir, il y a définitivement ici un poids qui semble trop lourd à porter. Et tout du long ce qui définit véritablement son personnage, c'est sa volonté de mieux faire, à vouloir terriblement être enfin heureux; faisant implicitement l'analyse de ce que c'est vraiment que la notion d'engagement.

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A part ça, ce doit être bizarre d'être à la place de Léonard, lui qui est apparemment quelqu'un de banal et anodin - alors qu'à le suivre au quotidien on se rend compte qu'il a une sensibilité terrible qui cherche à simplement s'extérioriser, on le voit faire le clown au boulot ou sur une piste de danse, on voit les photos qu'il prend - le voici qui rencontre coup sur coup deux bombasses. En tout cas la nana, Sandra ( Vinessa Shaw), que lui présentent ses parents a beau être toute sympa, il semble bel et bien que la véritable histoire soit celle entre lui et Michelle ( Gwyneth ), qui avance d'ailleurs un peu plus vite, et ce uniquement pour des raisons de proximité - ce qui remet en question implicitement en même temps la validité de cette relation. Sandra a beau être douce et tendre, et leur histoire de débuter comme un bel amour adolescent ( peut-être pour combler un besoin de recommencement ), il semble que ce soit Michelle qui symbolise le mieux l'essor que souhaiterait Léonard à sa propre vie, l'histoire avec Sandra, n'est elle, rien d'autre qu'un arrangement. Ce qui est d'ailleurs amusant, c'est de voir comment ces deux relations vécues en parallèle se répondent mutuellement, donnant du point de vue de Sandra un Léonard tout à fait intègre et responsable alors qu'elle attend de lui qu'il soit plutôt véritablement amoureux, tandis que sa relation idéale souhaitée avec Michelle relèverait plutôt du saut à l'élastique perpétuel, demandant sans arrêt de nouvelles preuves ( 'ouiiin...j'ai tellement peur qu'on me laisse tomber' ) ou constamment des implications nouvelles sans pour autant offrir de véritable retour : je pense aux deux magnifiques scènes ou Joaquim Phénix reçoit un coup de fil de Gwyneth qui l'appelle à l'aide, après la bar mitzvah de son futur beau-frère dans une salle vide, baignée par la lumière du petit matin, à laquelle succède un hall d'immeuble baignée d'une lumière artificielle, crue 'ok..je vais chercher un taxi', et ou Gray fait successivement preuve d'une poésie incroyable ( à l'image de l'état d'esprit de son personnage - et merveilleusement traduit par une spatialisation splendide - ) et d'une préçision narrative chirurgicale ( ou l' image de la déception est traduite par un contraste glacial; simple mais redoutablement bien placé ), et ou le fond rejoint à l'image harmonieusement la forme.

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20 mai 2009

Pleurs

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Cinqs jeunes gens acceptent de participer à une émission retransmise sur le web, proche des concepts que l'on connaît de télé-réalité, ils devront passer six mois dans une maison perdue au milieu de nulle part et seront filmés 24 h sur 24, pour obtenir à la fin une importante somme d'argent qu'ils pourront se partager. Si l'un d'eux quitte la maison pour une raison ou pour une autre avant le délai imparti, tout le monde perd. Justement le délai approche, bientôt la fin même si tout le monde en a un peu sa claque de tout le monde.. mais les choses prennent tout à coup une tournure toute différente; vous vous en doutez : quelqu'un commence à slasher, mais on ne sait pas qui.

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Film réalisé en 2002, on pourrait penser qu'il a été tourné hier, enfin pour dire que j'ai vu certains films récents qui ne lui arrivent pas à la cheville, et parfois avec dix fois plus de budget.
Visuellement d'abord, c'est juste le festival, avec un souçis constant d'inventivité et de trouvailles pour coller au mieux au propos, et cela va du plus recherché au volontairement très branque. Et c'est à chaques fois le bonheur, car on passe des effets à proprement parler du matériel (-partage de l'écran en plusieurs images -) à l'expérimentation formelle la plus brut : découpes à l'intérieur de l'image grâce aux différences de plans, d'éclairages, et qui dessine peu à peu un motif formel constant de cadres dans le cadre on ne peut mieux approprié à son sujet....je ne peux malheureusement pas vous dire plus. Je ne vous détaille pas non plus les prouesses techniques en ce qui concerne les angles de vues, les jeux de reflets ( provoquant des dédoublements à l'image des plus somptueux ) car ils se succèdent à vrai dire à un rythme assez impressionnant.

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Que l'on soit dans un couloir, une salle de bain, un salon, il n'y a pas un plan qui ne tienne pas la route, ou qui ne dise rien et qui ne force pas le respect par l'élégance de sa composition, même pour le moment le plus anodin.
Les moments de tension sont eux portés à leur paroxysme pour se retrouver en même temps démystifiés : caméra portée, gros plan pour trouver d'ou vient ce bruit et puis tout à coup plan général ( mesdames et messieurs : la cage d'escalier... sous vos applaudissements ) c'est juste terrible ! On a la fois l'ambiance et les circonstances de l'ambiance. Et j'allais oublier ce qui semble en passe d'être un exercice de style quasi-obligatoire : la session 'éclairage à la lampe de poche', qui avait déjà fait mon bonheur tout récemment dans le 'Mister lonely ' de Harmony Korine je ne m'en cache pas. On échappe malheureusement pas à l'emploi en mode nocturne de la caméra qui revient ponctuellement au travers du récit, s'imposant d'abord par nécessité avant un quelconque usage esthétique, dont on s'apercevra au final qu'il n' est pas totalement dénué.

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Mais ce n'est pas tout, pour vous dire vraiment qu'il n'y a rien mais rien qui flanche dans ce charmant 'petit bloquebustere indépendant n'est-ce pas' ( ce qui est bien avec eux d'ailleurs c'est que quand il y a quelquechose dans le film, il y en a vraiment, si vous voyez ce que je veux dire, que ce soit de la psychologie, du suspens, du cul ou de la réflexion..j'ai oublié 'du sang' et c'est vrai qu'il y en a un peu aussi ) le script est millimétré - et les comédiens au diapason de celui-ci, incarnant à merveille des djeuns avec des pré-occupations bien de leur âge ( : 'Danny...? This is my ass... - I KNOW Emma ') - et évite les doigts dans le nez les clichés que nous promettait le pitch pour exposer son sujet de façon bien plus définitive...

ce qui n'a pas manqué de me rappeler cette référence absolue, que je ne pouvais pas ne pas vous signaler :

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19 mai 2009

HeavyLiquid

S ( comme Stooge ) est revendeur de stuff, une drogue nouvelle qui vient d'arriver sur le marché, à part qu'on ne sait pas vraiment ce que c'est et que ses effets sont pour le moins surprenants. Quoi qu'il en soit c'est très prisé et des maffieux qui adorent se déguiser en peintures cubistes sont à ses trousses. Echappant temporairement à ses poursuivants, S est contacté par un mystérieux commanditaire afin de retrouver une sculpteur très prometteuse qui, on ne sait pourquoi, a complètement disparue de la circulation il y a maintenant quelques années. Ce serait très grassement payé, et permettrait à S de semer encore plus de distance entre lui et ceux qui lui courent après; oui mais voilà, c'est aussi l'occasion pour lui de renouer avec un certain passé qu'il aurait volontiers laissé là ou il est...

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( Cliquez pour aggrandir )

On reste encore un petit peu dans la science-fiction avec un auteur dont il me tardait de pouvoir parler, Paul Pope.
Révélé en 1995 par sa série auto-publiée THB, le jeune auteur impose tout de suite un univers très personnel alliant romance et science-fiction débridée ( les deux ) et servi par une virtuosité graphique qu'on ne peut juste pas ignorer. Passionné boulimique de bande-dessinée, le jeune auteur puise ses inspirations dans tous les registres confondus, prenant ce qu'il y a de mieux dans la b-d européenne ( Hugo Pratt notamment ), les comics et les mangas ( à la même époque il travaillera pour la star des éditeurs là-bas, Kodansha, ce qui est plutôt pas mal pour un début de c.v ) pour forger un style pétri de toutes ces influences, auxquelles il faut encore ajouter à cela un état d'esprit très mode, très rock n' roll.

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On pourrait penser que le terme de 'jeune prodige' a été inventé pour lui, mais ne vous y trompez pas, c'est aussi la manifestation d'une volonté, Pope a enchaîné la parution de sa propre série à un rythme et un format qui forcent carrément le respect, témoignant d'une virtuosité si vertigineuse que l'on se demande si l'auteur pour finir passe encore par l'étape des crayonnés.
Son travail finit par attirer l'attention des grosses boîtes, tout d'abord Dark Horse Comics pour lesquels il produit 'The One Trick ripp-off' ( traduit en français aux éditions Bethy, pour lequel j'ai un petit faible et qui fournirait un long-métrage cyberpunk d'exception ) avant d'officier pour DC Comics et sa branche plus adulte, Vertigo, ou il publiera 'Heavy Liquid' et '100 %'. La consécration viendra avec sa mini-série pour DC 'Batman Year One-Hundred' ( en référence de l'oeuvre culte de Miller et Mazzuchelli 'Batman Year One' ) pour lequel il recevra un Eisner Award.

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Paul Pope est désormais distribué par les éditions Dargaud en France qui ont déjà traduits 'Heavy Liquid' et '100 %' et pour qui il devrait bientôt délivrer en exclusivité un projet appelé ' La chica bionica'; il travaille également à un magnum opus ,'Battling boy' , pour l'éditeur First Second. Je vous laisse avec un extrait sur lequel vous pouvez cliquer, ainsi que sur les propres commentaires du monsieur. Après ça, je suis sûr que vous allez l'adorer :

' In Batman Year 100, I had room for a couple of long fight sequences, but I felt cramped even with 200 pages. This fight scene from BATTLING BOY alone is about 50 pages. It's liberating to have no page restrictions. I wish Kirby could've had 50 pages for one fight scene, imagine what he would've done.'

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18 mai 2009

Qui comme son nom...

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Cela faisait un moment que je me disais qu'il fallait que je lise du Robin Cook, maître incontesté de ceci et de cela, et ça tombait bien donc, 'Invasion' dans la première édition chez Albin Michel, soit environ 375 pages, mais ça va c'est écrit gros. C'est aussi un peu ça le problême.

'Invasion' c'est aussi l'histoire de la propagation d'une grippe étrange qui s'avère en réalité un virus extra-terrestre. Suite à une pluie d'étoiles filantes, les habitants d'une petite bourgade chez nous en Amérique trouvent un peu partout de curieux petits cailloux noirs qui sont en fait des machineries hyper-sophistiquées chargés de répandre la maladie, en vous l'injectant tout simplement, après un contact suffisamment prolongé sur les bords ( 'aie..m'sieur..y a un caillou qui m'a mordue..-oui mon enfant, c'est bien fait... ), mais c'est pas tout, ils font four à micro-ondes aussi - je déconne pas. Les contaminés sont alors frappés par une grippe foudroyante mais brève et entament ensuite une phase de mutation : ça commence par une energie débordante et un gros smile qui s'imprime sur la face, et en phase terminale vous ressemblez au Mogwai du 'Naked lunch' de David Cronenberg - voir figure ci-contre.

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Sauf pour les petites natures, diabètiques, epilleptiques, ça marche pas, vous vous ne passez pas le cap de cette grippe chargée de vous purger de votre côté humain. Ainsi une assistante-professeur et son pote préparant médecine assistent stupéfaits à la lente métamorphose de leur respectivement fiancé et meilleur ami d'enfance, le premier à avoir été touché par ce fléau :

d'abord il s'achète un chien.

Ensuite il se met à avoir des pré-occupations écologiques nouvelles, tout comme les parents puis la petite amie d'un étudiant de l'assistante-professeur, tandis qu'un policier se trouve lui aussi confronté à des phénomènes bizarres suite à cette succession de morts étranges du fait de cette épidémie aux yeux bleus..a non cé pas ça..enfin si presque, parce que une fois contaminés vous phosphorez voilà c'est comme ça. Alors alors cette invasion ( puisque-c'est-bien-le-mot -n'est-ce-pas ? ) peu commune est-elle le fait d'une entité supérieure bienveillante, car ils ne font rien d'autre dans un premier temps que proposer 'un nouveau départ' pour l'humanité, et n'est-ce pas ce qui pourrait lui arriver de mieux ? bah on s'en fout un peu et si un noyau de Résistance s'organise c'est d'abord et surtout par esprit de contradiction, avant même de connaître les véritables intentions des envahissseuuurs...

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Considéré sous cet angle ça devient un peu plus chouettos, on se dit qu'on a ici matière à une série télé sympa, un remake gentillet ou simplement une intéressante continuité de la série ci-dessus : l'ecriture est surtout très visuelle, très chapitrée du fait des différentes intrigues parallèles et se déroule gentiment un peu comme un missionnaire au regard des possibilités qu'offre le Kamasutra. L'auteur parsème ici et là le récit de clins d'oeil à ses auteurs préférés : King pour Stephen King ( dans le rôle du chien, et ce en raison de la propension bien connue de l'auteur de se déguiser en ), Kinsella ( en flic qui meurt au début ) et Harlan Ellison auquel il donne son prénom au fabuleux sauveur de dernière minute. Or je trouve que ce monsieur Cook devrait éviter de trop se la raconter car il n'est pas si habile en termes de maitrise des techniques littéraires, on se retrouve même face à certains impondérables qui vont sous peu se retrouver catalogués comme des classiques de l'amateurisme, par exemple on vous répète plusieurs fois la même chose, une fois pour nous spectateurs, et une autre pour les personnages, de cette façon -là c'est pas super-compliqué d'écrire des pavés vous trouvez pas, à se demander si ce n'est pas le fait d'être payé à la page qui motive l'auteur plus qu'autre chose; il nous gratifie qui plus est de quelques trésors ici et là, des trucs alambiqués qu'il doit sûrement nommer son 'style' et qui sont censés être la manifestation d'une maitrise d'un certain sens poétique, je cite : ' (...) le diagramme apparût sur l'écran, un disque blanc avec une pointe rouge au milieu, comme une part de tarte..' ou encore ' il faisait un temps superbe ce matin, le ciel sans nuages était d'un bleu cristallin et au loin, la ligne déchiquetée des montagnes mauves se détachait en éclat d'améthyste, baignée d'une lumière dorée', technique littéraire bien connue dite 'intermède bonbon Suchard'. J'aurais également préféré un véritable mystère à une pirouette en pseudo-science de dernière minute, ou que certains éléments soient un peu plus utilisés, comme la paranoia croissante et le sentiment aigu de la différence, éléments qui trouveraient tout à fait leur place dans le cadre d'une série télé, d'un film ou d'un téléfilm par-contre, ...

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Posté par sigismund à 11:16 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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