images qui bougent

blog de discussion, publications d'articles sur le cinéma, le théatre, la littérature et la bande -dessinée...

31 juillet 2009

God damn the WTF

19098065_w434_h_q80

Bon, comme souvent : 'après la bagarre', mais après tout pourquoi pas. Le problême c'est que beaucoup a été dit et aussi n'importe quoi, comme si véritablement on voulait à dessein ranger le film de Von Trier aux oubliettes ' bon, c'est distribué partout, ça on y peut rien mais au moins ça n'intéressera personne', de le releguer au statut de petite curiosité du moment et vraiment pour ceux que ça intéresse, ou si vous avez deux heures à perdre. Pourtant l'heure est grave, c'est ce que nous dit le film, alors asseyeons-nous un moment jusqu'à ce qu'elle ne le soit plus puisque c'est comme ça que notre monde est fait...

S’il y a une chose à préçiser sur Lars Von Trier pour couper court à toutes les accusations de boursufflures ou de pédantisme, c’est bien celle-ci : dans un documentaire qui avait été diffusé sur ‘ Arte’ ( mais que l’on peut également trouver sur l’édition dvd de ‘The kingdom’ – ‘L’hopital et ses fantômes’ ) intitulé ‘Transformer’, on trouve -entre autres- le témoignage de son producteur qui nous explique sa propre ‘fascination’ à propos du réalisateur : lui qui ment des millions de fois par jour, il s’avoue absoolument déstabilisé par la personnalité de Von Trier qu’il définit comme quelqu’un ‘ qui ne ment jamais’. Et c’est un point qui me semble hautemnent digne d’intérêt, que justement Lars Von Trier est froncièrement un amoureux de la vérité. Quand celui-ci inclût une partouze en plein dans son film ‘ Les idiots’, c’est plus qu’un tour de force narratif, faire se téléscoper différents registres dans une même histoire. En soi ce n’est pas forcément une innovation, d’autres font de même quand ils font le tour de leur sujet, mais en employant le registre pornographique c’est une prise de risques et surtout une démarche réaliste et exigeante. Inclure de la pornographie dans une fiction, c’est faire voler en éclats tous les standarts, après ça vous pouvez imaginer vous-mêmes le moment partouze dans le film de votre choix, ‘ Armageddon’, ‘ Moulin rouge’, ‘Star Wars’…, car c’est littéralement inclure ‘le chaînon manquant’ en toutes choses, le petit truc qu’on ne vous dit pas, qu’on vous laisse peut-être deviner avec un clin d’œil coquin, mais qui est finalement partout et qui sert surtout à tout et n’importe quoi : il ne s’agit pas de dire que derrière tout moment de cinéma, il y a une bite dans une chatte, il s’agit de dire que c’est aussi, simplement mais surtout …là.

Et ce n’est certainement pas pour rien que l’on a dit à juste titre que la scène d’ouverture était d’un publicitaire insoutenable, nous qui regardons pourtant de courts petits clips parfois, ou l’on vous fout une meuf à poil pour un produit douche, et quelles valeurs on nous sert avec le produit. Je n’apprendrais rien à personne sur ce point, et je n’ai pas besoin d’un truc mi-arty mi porno pour me faire bander la tête, merci bien. Ce qui m’intéresse c’est la démarche de Von Trier , son exigence artistique grandement motivé par sa haine des faux-semblants. Il n’y a absolument rien de gratuit dans la sexualité exacerbée montrée par ‘Antichrist’, et l’intéressant n’est pas qu’elle soit ‘justifiée’ par un propos - il n’y a qu’à re-regarder ‘Breaking the waves’ pour avoir une idée de la vision de Von Trier sur l’amour, et déjà ce film en dit beaucoup. Le fait est qu’elle est le sujet. On nous a balancé tout un tas d’histoires sur les crimes passionnels ou sur des histoires qui finissent mal en général mais rarement avec la même acuité. Scoop : la sexualité est intrinsèque au drame. Surtout ne me remerciez pas nous répond l’auteur. On a pu définir ‘Antechrist’ comme ‘un grand film abstrait’, je répondrais moi qu’il s’agit au contraire d’un film éminament concret.
19096169
Oublions pour un temps la violence et le sexe montrés frontalement, et regardons le sujet deux minutes. Au moment de la sortie du film j’ai tout de même entendu quelques opinions venant de personnes diverses, pour qui le postulat de départ de l’histoire n’était pas une provocation, un prétexte à un spectacularisme douteux : ‘ deux personnes après la mort de leur enfant qui s’entre-tuent : ça se tient’. Von Trier montre ce que personne ne veut voir, ce que la plupart des gens savent mais préfèrent ignorer, Von Trier soulève la question des enjeux, à travers des sujets qui ‘n’existent pas’ : la violence domestique, les rapports dominants / dominés et peut-être encore plus que ça. Parce que c’est ‘normal’, ce sont ‘ des choses qui arrivent’. J’aimerais savoir cependant en quoi il serait moralisateur préçisément ? Von Trier nous gâcherait-il le sel de la vie en égrénant son couple jusqu’à en faire des ultra-archétypes ( Eros et Thanatos ), à montrer comment une absence, une parole de côté suffit à détruire la confiance dans un couple et les ravages que cela peut produire, ces soit-disant ‘aléas du non-dit’. Ce qui est attaqué ici c’est l’union entre deux êtres, et à travers la question des enjeux, c’est la sempiternelle dualité de l’être humain dans son rapport à l'autre et au monde, par l’opposition entre Nature et Culture : le ressenti d’un côté - une proximité, une connection véritable avec notre environnement originel ( Elle ), et de l’autre la rationalisation à outrance, la domination comme but définitif, ultime ( Lui ). N’est-ce pas cette opposition qui font du monde ce qu’il est, l'opposition entre la raison individuelle et la raison collective, depuis quand clâme-t-on qu’il serait grand-temps si ce n’est de faire marche arrière au moins d’arrêter les dégâts. Il n’est même pas encore véritablement question ici d’éthique, Dieu merci, si vous me passez l’expression, car ce qui est soumis à la question à l’issue de cette opposition, c’est la conscience, et l’importance primordiale de la notion de complémentarité : du ressenti dans la rationalisation, de la maitrise dans le sentiment et la pulsion; l’union, encore une fois.

antichrist_L_3

Le seul reproche que je me permettrais vis-à-vis du film, malgré son approche virtuose de sa thématique, serait celui-ci : si les deux personnages étaient dans des âges similaires, il n’ y aurait pas d’histoire. La différence d’âge entre les personnages permet, valide les niveaux d’incompréhensions entre eux d’eux. Charlotte Gainsbourg, qui a plus ou moins la trentaine, incarne à merveille une femme encore jeune, et on s’est permis de dire que dans le film elle a juste un rôle de timbrée du fait d’un certain côté ‘saute au paf’ et c’est quelque chose qui tient à mon avis uniquement à la différence d’âge, au vu qui plus est de la relation entre eux d’eux qui nous est progressivement montrée ( et ayons, je vous prie, une pensée émue au souvenir de la grande époque du cinéma ou les hommes n’arrivaient même pas ne serait-ce qu’à effleurer la main de celle qui était le réceptacle, le sanctuaire béni de tous leurs fantasmes : Jeremy Irons dans ‘Un amour de Swann, et vous autres bande de Visconti, revenez, car vous nous manquez tellement… ) si elle est dans la ‘consommation’ je dirais que c’est de son âge. Si l’histoire se déroulait avec des héros d’âges similaires, on aurait peut-être plus affaire à des gens qui savent pourquoi ils ont à un moment décidés de 'fusionner' n'est-ce pas l’un avec l’autre’…

La scène ou Charlotte Gainsbourg se mutile est véritablement et définitivement anthologique : après avoir infligé à son amant ce que c’est que de porter quelquechose dans sa chair, ce qui clôt toute la partie du conflit liée à l’incompréhension mutuelle, elle prend conscience de sa faute à elle, celle qui lui est propre, d’avoir cédé à ses propres pulsions au lieu de ne serait-ce que tenter de sauver son enfant – le rôle de la conscience donc, le fait que rien n’est jamais sans conséquences – et cette mutilation est la marque de son passage à un statut égalitaire avec lui en terme de compréhension, elle lui offre, puisque elle est consciente de ses erreurs, un amour dorénavant raisonné. Le problême c’est que lui est désormais dans le ressenti pur, un mélange de pulsion et de survie, ou l’un légitime parfois l’autre, et aussi dans la même connection qu’elle avec la Nature, connection qu’il se refusait à admettre lui-même complètement. Au lieu de se rejoindre ils ont juste échangés leurs places, l’un et l’autre demeurent toujours des étrangers. Et c'est ça qui est dramatique, non ?

antichrist

Posté par sigismund à 15:43 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


29 juillet 2009

C'est ta faute Philip Ridley

DARKLY_NOON

Callie ( Ashley Judd ) vit dans la forêt avec son petit ami Clay ( Viggo Mortensen ) dans la maison familiale de celui-ci. Pendant une absence prolongée en ville de celui-ci pour du boulot, leur pote Jude ( Loren Dean ) déboule avec un inconnu qu'il a failli écraser sur la route. L'inconnu ( Darkly Noon ), en haillons et dans un piteux état, avec pour seul bagage une Bible à son nom ( Brendan Fraser ) est en en fait le dernier survivant d'une secte catholique qui vivait elle aussi dans la forêt et qui aurait été littéralement massacrée par la police. Callie l'acceuille spontanément, voyant que celui-ci aurait certainement quelques difficultés à s'adapter au monde du dehors, et peut-être même un peu trop chaleureusement. Darkly Noon, rebaptisé ' Ly' semble peu accoutumé à ce que l'on appellerait une femme libérée, et se retrouve à la fois à désirer très fort Callie, mais aussi à la haïr. Peu de temps après, Clay revient enfin rejoindre sa bien-aimée...

Philip Ridley, auteur et réalisateur ici, semble avoir toutes les qualités car c’est tout d’abord un auteur dramaturgique couronné de récompenses et un plasticien renommé, et son travail cinématographique, plus épars, a reçu dès son premier long-métrage ‘ The reflective skin’ ( 1990 ) moultes louanges de la part de la profession, et je me rappelle très bien l’engouement de la rédaction du magazine ‘ Mad Movies’ en ce qui concernait ‘The passion of Darkly Noon’ réalisé cinq ans plus tard , sorti dans nos salles sous le titre raccourci de ‘Darkly Noon’. C’est toujours d’ailleurs grâce à la même équipe que j’ai pu avoir le ‘buzz’ en ce qui concerne son prochain long, ‘ Heartless’, prévu pour fin 2009 et très très attendu alors même qu’il est toujours en cours de post-production.

darklynoon

Quoi qu’il en soit, ‘ Darkly Noon’ est véritablement une petite perle, classique dans un sens, mais d’une maîtrise sobre et absolue. Un défaut qui se fait sentir sur bon nombre de certains films français ( j’en parlais à propos de ‘ Dédales’ de René Manzor notamment, mais aussi à propos de ‘Chrysalis’ de Julien Leclerq ) semblait définitivement le manque de structure, à tel point que cela semble être de l’ordre du refus, nos réalisateurs préférant sacrifier à l’assise globale tel ou tel passage de bravoure technique, technologique. Et je ne me priverais donc pas de signaler, non sans une certaine jubilation que j’espère perceptible, que nous avons ici une superbe et redoutable démonstration d’efficacité narrative, peut-être légitimée par un budget restreint, mais en tout cas qui reste intègre par rapport à son propos et c’est ce qui fait toutes ses qualités. Nous avons, vous l’aurez remarqué peu d’acteurs, peu de décors ( une ferme et la forêt qui l’entoure, rajoutons encore une caravane et une grotte souterraine ) le film ne se disperse pas trop et repose mine de rien sur les règles du théâtre classique, ni plus ni moins : unité de lieu avec la forêt, et unité d’action avec la passion de Monsieur Noon. La seule entorse étant liée à l’unité de temps, normalement en un jour, qui est ici étendue à une semaine ( le temps de la création du monde donc complètement légitimé par le 'véritable' sujet ) plus le 8e - et c’est là que ça se gâte. Après, je ne vous dit pas tout, le film de Philip Ridley recèle bien d'autres petites surprises en terme de montage et de narration mais encore une fois, si cela fonctionne si bien, c'est parce que c'est judicieusement accolé à son propos et que cela fait au final autorité : on imagine' The passion of Darkly Noon' difficilement autrement que tel qu'il est.

bscap138

Enfin bon, contrairement à ce que cet article pourrait laisser entendre, je ne suis pas forcément un fanatique du classicisme, et quand on ne le sait pas, on y fait pas spécialement attention, et quelques fois on en a même carrément pas besoin, mais une fois qu’on le sait, on ne voit plus que ça. Pour ma part le déclic est venu avec le film de David Fincher ‘Seven’ qui applique le même procédé narratif étalé sur une semaine, mais on retrouve l’application de ce procédé sur ‘Nid de guêpes’ de Florent Emilio Siri par exemple et ça fonctionne aussi très bien....En tout cas on remarquera que bizarrement les ‘classiques’ du cinéma cette fois sont bizarrement des films plutôt structurés. Le premier qui me vient étant ‘Citizen Kane’ par exemple. Je pense certainement également que la filmographie d’Hitchcock n’est pas non plus exempte de films structurés.Et depuis je peux affirmer sans en rougir que je remarque beaucoup plus rapidement si un film a quelque chose à dire ou pas. Après bien sûr, ce n’est pas parce qu’un film respecte ces règles que ce sera un bon film pour autant.
En fait je disais ça comme ça.
Pour rien.
heartless_movie_poster

Posté par sigismund à 17:45 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 juillet 2009

Leave Harry alone !

PosterHarrySangMele
Décidément il ne faut pas croire ce que les gens racontent et surtout ne pas écouter ce que les gens disent ‘ouais le dernier HP il est pas bien parce qu’il est nul’ tout ça tout ça…Au risque de me répèter, j’ai envie de dire à certains membres de la profession ( comme aux autres d’ailleurs, je ne vois pas pourquoi on ferait de la ségrégation ) qu’il serait temps d’admettre qu’il y a des films qui ne sont apparemment plus pour eux...Non pas que je leur demanderais d’arrêter d’être exigeants loin de là, mais juste de se calmer deux secondes. Je ne suis pas un lecteur de la saga littéraire d’Harry Potter, mais je lis encore beaucoup de comics, et quand je les vois adaptés au cinéma, comme qui dirait, même moi je ne suis pas dupe : les meilleurs éléments, ce qui nous fait aimer la série, on ne les trouvera pas tout de suite, et on prie pour avoir une mise en place sympa ( le premier ‘X-Men’ ), mais pour le reste on ne se fait pas trop d’illusions, il y a pour chaques films un cahier des charges bien préçis, on ne peut pas vraiment parler de réel cinéma comme certains l’envisagent.

C’est pas faute d’essayer, remarquez bien, pensons au dernier Batman par Christopher Nolan, ‘The dark knight’ charcuté au dernier tiers par les producteurs, il s’en est fallût de peu que Nolan réalise un bon vrai film d’auteur, de super-héros. Il y a ‘Watchmen’ de Zack Snyder bien sûr ( je dis bien sûr, mais cela n’a pas toujours été le cas ) grâce auquel le genre reprend un peu du poil de la bête et trouve à grands coups de coude , FINALEMENT, sa place entre les classiques de la s.f et les grandes fresques genre ‘ Le seigneur des anneaux’. Je ne parle pas du travail non plus de Guillermo Del Toro sur ‘Hellboy’ parce que je n’ai pas vu le dernier ( bôo-ôoôh ) et gageons que c’est maintenant que la franchise ‘Spider Man’ va devenir intéressante. Des guignols en costumes, des sales mioches avec des baguettes magiques, c’est un peu le même combat, vous en conviendrez, et vous êtes bien d'accord comme quoi ça n’apporte rien.

Si mon nom doit rester gravé dans le marbre du Temps, j’aimerais bien sûr que cela soit pour autre chose que d’avoir pris la défense du film de David Yates, néanmoins, ce que moi je voulais dire personnellement, c’est que par rapport aux autres films de la franchise, ‘ Harry Potter et le prince de sang-mêlé’ ce sont de sacrés vacances. Fini enfin les films fourres-tout et ultra-condensés, enfin, enfin un peu de respiration…. En terme de continuité justement, je trouve que ça suit plutôt bien, j’entends par là la façon de montrer la magie avec la boutique des frangins pour le côté merveilleux, et aussi la petite parodie de ‘Transformers’ avec l’introduction du nouveau professeur ( scène jubilative en diable, qui me fait saliver d’avance pour les adaptations à venir d’autres comic-books ) mais aussi les combats, toujours un peu plus ‘réalistes’ ( je pense à la mort de Gary Oldman dans je sais plus quel épisode ) avec un peu de caméra subjective pour accentuer le côté ‘on-sait-pas-d-ou-ça-vient-quand-ça-part’, un parti-pris que j’aime assez, puisque ainsi, la magie, dans sa déclinaison, accède de fait un statut un peu plus crédible. Les scènes de confrontations entre les forces du Bien et du Mal prennent par ailleurs des tournures de plus en plus inquiétantes, malheureusement en ce qui concerne le spectacularisme de la scène du début, on sait que l’on va encore y avoir droit par la suite.
Mais pour le reste, on a le temps de s'apesantir un peu sur les ambiances, et la photo est plutôt agréable à regarder.

Dans cet épisode il y a aussi très peu de Qwiddish et c’est une bonne nouvelle également ( si d’ailleurs dans le dernier épisode on nous fait le coup d’un pénalty salvateur je serais le premier à arracher les sièges et à les jeter sur l’écran ) et j’ai aussi beaucoup aimé le générique de fin, que j’ai trouvé très beau, ce qui n’est pas de l’humour - pour cette fois.

Sinon un confrère critique a relevé une presque similitude de la photographie avec celles des Frères Quay, dans la scène de la caverne souterraine, et moi je rajouterais une citation éclair de Guy Maddin, toujours dans cette même scène, Dumbledore vu depuis sous la surface de l’eau, ça dure trois secondes trente, mais les plans de Maddin aussi, et on a typiquement l’impression de voir plutôt une scène d’un autre film – qui n’existe pas, genre ‘ Les Niebelungen’ – qu’une scène de Harry Potter, et c’est quelque chose avec lequel Maddin s’amuse quelques fois. Ainsi Yates s’inscrit-il de fait, par cette/ces références INDUBITABLEMENT dans la lignée des cinéastes qui font du cinéma, car qui n'a pas été bien content de voir un jour, dans les films de son enfance, des ouvertures sur autre chose, d’autres films, d’autres univers, alors hein ...? ( je sais c'est régressif comme attitude, ...je sais pas ce que j'ai ) grâce soit donc rendue à ceux qui ne rechignent pas à transmettre le flambeau.

Au niveau de l’intrigue, la piste du ‘ Prince du sang-mêlé’ est assez bien gérée, selon la technique bien connue du ‘ Mac Guffin’, c’est-à-dire la carotte dans le fameux duo de la carotte et du bâton et dont l’exemple le plus fameux est celui employé par Hitchcock dans ‘ Psychose’ : on croit que le film raconte une certaine histoire et en fait non, à un quart du film, le réal tue celle que l’on croyait être son personnage principal. Ici c’est un peu la même chose, toutes proportions gardées, on commence avec cette piste du livre un peu étrange, on l’oublie, et puis celle-ci resurgit, de façon presque anecdotique. Moi, en terme de narration, j’aime assez. C’est une autre façon de caractériser le personnage de Rogue assez en emphase avec la façon dont il apparaît depuis le début dans la saga. Au bout du sixième épisode, on commence cependant à se familliariser avec la dramaturgie intrinsèque de Harry Potter, on sait que tous les personnages que l’on aime bien, genre Gary Oldman, David Thewlis ne vont pas faire long feu, que leur parcours brefs dans nos vies comme dans celle d’Harry n’en seront que plus chargés de sens. Alors quand au côté soap inévitable sur l’évolution des personnages vers l’âge adulte, je ne me sens vraiment pas d’en parler; si on évacuait cette notion, j’aimerais savoir de quoi ça parle au juste ‘Harry Potter’...

South_Park_Mormons

Posté par sigismund à 11:51 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 juillet 2009

Schizophrènie mode d'emploi

affiche_w434_h_q80

Claude ( Sylvie Testud ), une jeune fille sans histoires se retrouve au tribunal pour une série de meurtres assez violents qu’elle n’a pas commis. En effet, depuis l’âge de sept ans, elle souffre de démultaplication de la personnalité et aurait agi sous l’influence d’un de ses différents alter-égo, c’est en tout cas ce qu’est forcé d’admettre le jeune docteur Brennac ( Lambert Wilson ), qui s’occupe du cas de la jeune fille sur la demande de son confrère et ancien mentor Karl Freud ( Michel Duchaussoy ), qui lui, ne sait plus quoi faire pour éviter la prison à vie à la jeune fille. Les deux médecins arrivent progressivement à dénombrer et isoler certains personnages-clés de la psyché fragmentée de Claude, il y a le petit Thésée, âgé de sept ans environ, Ariane l’aventurière, Dédale, le chef, parce que quelqu’un devait bien s’occuper de Claude après la dissolution de sa personnalité, et aussi Minotaure, celui qui ne doit jamais sortir…

dedales_2002_reference

Tout d’abord pour un film qui s’appelle ‘Dédales’, laissez-moi vous dire que l’on peut s’asseoir sur la spatialisation. J’entends par là que le film ne se concentre malheureusement pas sur la mise en scène mais davantage sur les différentes articulations de son scénario boulonné au millimètre, tellement que si on n’expose pas un peu tout de façon linéaire, tout se pète la gueule. Car en effet, il y a beaucoup d’éléments. D’abord une première trame narrative au présent, très dense, sur le traitement psychiatrique de Claude et axé sur les manifestations successives de ses différentes personnalités, ainsi qu’une seconde, six jours avant son arrestation, du point de vue d’un flic, genre médium tourmenté, interprété par Frédéric Diefenthal ( on notera également la présence de Tomer Sisley en collègue sympa ) . L’une étant censée éclairée l’autre, oui mais pourquoi ? Y-aurait-il quelque chose que l’on ne nous aurait pas dit ? Peut-être ( tatatatin ) mais c’est le scénario qui nous le dira, et rien que le scénario. Du point de vue de l’image, on a une photo très indicielle, parfois quand même très belle, et parfois aussi même un peu osée, genre surexposée et cracra, mais c’est uniquement parce qu’il y a également une caméra dans un des rôles principaux, la photographie se cantonne aux scènes de genre, s’en sort très bien malgré tout, mais cela, oui cela, surtout pour laisser la parole au scccééénario, qui lui nous dira tout, tout, tout sur la schizo. Car en effet, et là je m’insurge, elle a bon dos Sylvie Testud. Sous prétexte qu’elle est une actrice tous-terrains, on ne se prive pas de lui en faire dire des conneries. De quoi plomber une carrière, c’est littéralement du sabotage.

3831__dedales

On nous dit, ‘alors Claude, depuis toute petite, elle a des fuites de temps, elle se réveille dans des endroits, dont elle ne sait pas comment elle s’y est rendue’, la faute aux alter-égos. La mise en scène préfère une approche frontale, afin d’exclure l’hypothèse que Sylvie, elle, euh, simule, en lui laissant le soin de switcher sous nos yeux, et de se dépêtrer comme ça, avec un trauma bourrés de noms grecs par-dessus le marché. Ainsi le spectateur que nous sommes ( mais toi aussi, ami lecteur.. et toi aussi, ami violeur de petites filles… ) se retrouve plutôt contraint d’admettre ce curieux mécanisme plutôt qu’autre chose, sans l’avoir réellement vu en action. Bien que le fait de se reposer pour se faire sur les comédiens -pour justifier le casting peut-être d’une part- est une des forces et une des surprises du film, c’est quand-même encore le scénario qui distille méchamment les quarts d’heure de gloire : chaque personnage a un rôle à jouer et il faut être suffisamment patient pour le comprendre, comme nous y invite une très belle phrase de Julio Cortazar avant le générique. Et en plus il n’y a pas un pathos, mais deux. Je sais pas, paraît que c’est meilleur, et puis comme ça c’est aussi plus compliqué. Non pas que celui-ci soit greffé de façon incohérente, il viendrait même renflouer le propos, mais péniblement. Outre la thématique nébuleuse sur le pourquoi du rapport au mythe grec dans son lien avec la schizophrénie, se rajoute une réflexion sur le libre-arbitre et la fatalité. Claude, ou plutôt Minotaure, dans ses pulsions meurtrières oblige ses victimes à jouer leurs vies aux dés. Si elles gagnent, elle les épargne. Les dés sont d'ailleurs le seul élément commun à toutes les personnalités de Claude, il y a ici le fond du problême. A ce stade, sans les références, on pourrait peut-être dire bravo, bien pensé, ceci cela.

Diceman

Si vous permettez, il n’y a pas que le personnage qui soit schizophrénique, le film aussi. Dans l’errance meurtrière de l’héroïne, on lorgne gentiment du côté du cultissime roman un chouia cyber-punk de Maurice Dantec, ‘ Les racines du mal’, puis dans le motus operandi on est carrément dans le plagiat du roman ( ou la citation sympa, c’est selon, disons tout de même que le matériau original attend son adaptation depuis des plombes ) de Luke Rhinehart, ‘ L’homme-dé’ mais oui mais oui , publié dans les années 70 aux States, le roman fût interdit partout dans le monde pendant 30 ans, puis l’embargo a été levé on ne sait d’ailleurs pas très bien pourquoi au début des années 2000. On le trouve en français aux éditions de l’Olivier, le livre raconte l’histoire d’un psychanalyste qui un peu n’importe comment, par dépit, commence à jouer sa vie aux dés. L’élément déclencheur fût tout d’abord son envie de baiser sa voisine de pallier, ce qu’il fera, mais rapidement il se met à rédiger des listes, avec toutes les choses qu’il aurait aimé faire ( ce que fera également Claude à un certain moment ) ou bien a toujours voulu faire, ou bien qu’il se propose de faire uniquement par défi, genre trafiquants d’armes. La thématique se voit déclinée jusqu'à prendre des proportions assez énormes : avec sa philosophie du dé, Rhinehart ne se serait-il pas le nouveau messie ? En tout cas, si vous ne connaissez pas, un livre à découvrir. A part ça pour ce qui nous intéresse, les plus cultivés d’entre vous penseront immanquablement aussi à des classiques tels que ‘ D’un coup de dé jamais n’abolira le hasard’ de Stéphane Mallarmé, ou au fameux ‘ Pour en finir avec le jugement de Dieu’ d’Antonin Artaud, et vous aurez raison car c’est bien de cela qu’il s’agit.

Après je ne vous en dirais pas plus sur 'Dédales'. Quand vous aurez fini de le voir, peut-être que vous m'en voudrez beaucoup et que vous aurez envie de me lyncher. Il y a beaucoup de choses qui m'ont plûtes, le syndrome du Minotaure, je trouve que c'est un postulat encore intéressant, des acteurs que j'aime encore bien, mais il y a aussi des choses que j'ai vues arriver, et peut-être que ce sera votre cas aussi. Vous serez peut-être très très déçus ou alors complètement enchantés ( jusqu'ici tout va bien ), pour ma part j'hésite encore à me faire une opinion. Si les dangers du cinéma immersif restent encore à débattre, c'est cependant ce qui m’aurait semblé ici plus que nécessaire ,‘ Dédales’ étant tout de même censé être un thriller psychologique. L’immersion, en utilisant davantage la narration subjective, les switchs schizophréniques autrement, sous l'angle de ces fameuses 'fuites de temps' ( ainsi que le lot de situations nouvelles qu'elles peuvent générer ), bref sa thématique de façon plus narrative qu’indicielle, on se sentirait un peu plus concernés. La question ici de la structure globale ne vaut même pas la peine d’être évoquée, et c’est ce qui fait que beaucoup de films français restent invariablement moyens, cherchant l’originalité juste pour se démarquer au départ, sans l'assumer vraiment, utilisé davantage comme prétexte à faire de la citation, ce qui me fait militer de façon si véhémente pour le cinéma indépendant, qui n’hésite pas à faire co-exister ouvertement forme et fond, sans pour autant sortir du créneau ‘tout-public’ ni même détériorer ou alterer le ressort choisi par le réalisateur. Car si j'ai pu entrevoir le dénouement, je ne savais pas comment on allait y arriver. Sur ce point le film aura véritablement eu le mérite de me surprendre, et j'en ressors avec un peu plus de contenu à méditer que simplement la satisfaction eventuelle d'avoir démêlé le sac de noeuds d'un petit malin, ce dont du dehors, le film pourrait avoir l'air.

dedales_001

Posté par sigismund à 18:27 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 juillet 2009

Retour de NIFFF 09 ( suite et fin )

1959_1028_tinglerUne dernière retrospective avant la clotûre, celle consacrée au pionnier du cinéma interactif, William Castle, dont je n'aurais pu voir que 'The tingler' ( 1959 ) avec Vincent Price dans le rôle d'un savant jusqu'au-boutiste dans ses recherches sur la peur, qu'il va même jusqu'à se faire un shoot au L.S.D afin de pouvoir établir une gradation de ses effets - je sais, c'est beau la science - ce qui nous valût dans la salle un rajout assez psychédélique au niveau des éclairages le temps de cette séquence..Ces recherches l'ont conduit à découvrir une force inconnue présente dans l'organisme, générée par la peur au moment de certains paroxystiques comme par exemple la mort -elle aussi présente dans la salle. Par un malencontrueux hasard,le décès mystérieux de l'épouse d'un récent ami lui permet d'isoler enfin cette force et de l'extraire de l'organisme, une horrible créature se nourrissant de sentiments humains, et de la peur en particulier, j'ai nommé
tingler1959dvd
lui aussi présent dans la salle, et qui n'aura certainement pas manqué d'influencer David Cronenberg dans son bestiaire particulier de 'ExistenZ'. Pour rassurer tout le monde , je peux vous certifier que le responsable de toutes les surprises interactives de la retrospective William Castle a, quand à lui, fini attaché à un arbre. Je ne connaissais pas le cinéma de Castle, et l'interactivité n'en est qu'une facette, même s'il s'est avéré être l'un des précurseurs du genre, de ce que j'ai pu voir avec 'The tingler' , le fantastique était également un prétexte à se livrer à une critique assez acerbe de la société, il n'y a qu'à regarder les relations de Price avec son épouse, comme qui dirait des plus hitchcockiennes. Je ne pourrais malheureusement vous en dire plus, si ce n'est signaler un autre film chroniqué sur ces pages il y a peu, hommage respectueux aux sources du fantastique et du cinéma interactif et thriller de toute bonne tenue, 'Popcorn' de Mark Herrier.
jg_fish_story
Le prix du jury a été attribué à ' Fish story' de Yoshihiro Nakamura, avec une mention spéciale pour 'Infestation' de Kyle Rankin, parce que Bong Joon-ho n'aime pas du tout les films de monstres, le Méliès d'argent a été attribué à ' Left bank' de Peter Van Hees, trois films dont j'ai pu entendre le plus grand bien.
S'en est donc terminé de ce petit panorama du NIFFF 2009, je vous rappelle que l'année prochaine, ce sera la 10e édition, alors venez nombreux, car Neuchâtel, c'est aussi...ça :
1601915

Posté par sigismund à 16:28 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 juillet 2009

Retour de NIFFF 09 ( 5 )

S’il y avait bien une chose que je voulais voir cette année, c’était la retrospective consacrée à Shinji Ayoama. Surpris tout d’abord parce que je venais de me reprocurer ‘Eurêka’ et alléché littéralement au vu des synopsis proposés. Je n’ai pas pu tout voir malheureusement, mais ce que j’ai vu , c’était du bon, du tout tout bon, du trèstrès bon. 42283595 Allèché par les synopsis, oui, en effet, le film ‘ An obsession’ est une adaptation du film mythique de Kurosawa ‘ Chien enragé’ ( qui inspira également quelque peu l’excellent ‘Bullet ballet’ de Shinya Tsukamoto ), l’histoire d’un flic obsédé par la disparition de son arme au cours d’une mission, et qui va descendre dans les bas-fonds pour la retrouver. Aoyama rajoute quelques éléments, la situation familliale du héros, et aussi la connection indirecte et très particulière qui va s’établir entre lui et le possesseur de son arme. ‘ Embalming’ joue également sur le même ressort à travers l’enquête d’une embaumeuse à propos du corps d’un adolescent que l’on croyait mort par suicide et qui aurait été en réalité assassiné. Non contente d’être harcelée par un chef de culte qui lui demande de cesser ses activités qu’il considère contre-nature, elle apprend bientôt que la tête du corps a été volée. S’ensuit une quête initiaque au fur et à mesure de ses recherches, partant des milieux des trafiquants d’organes pour remonter jusqu’aux voleurs.’ Two punks’ raconte quand à lui l’ascension d’un jeune garçon dans la hiérarchie yakuza, avec une mise en scène très sobre ( ce qui n’est pas toujours le cas de l’auteur, paradoxalement, au vu de ses présentations en ouverture des séances, qui semble n’avoir pas vu lui-même ses propres films…quel taquin ) bien loin de faire l’apologie du milieu qu’il décrit, ainsi que des stéréotypes qui vont généralement avec. La palme revient cependant pour moi à ‘ Lake side murder case’ d’après un roman à succès de., avec l’acteur fétiche de Kyoshi Kurosawa dont nous reparlerons dans un instant, et duquel Aoyama fût l’assistant. Ce dernier est celui qui m'aura parût le plus plastique de tous ceux que j’ai vu, doté d’une photographie impressionnante au service d’un récit qui laisse la part belle au final à une immoralité certaine, du meilleur tonneau; l’histoire d’un réalisateur de cinéma volage, partagé entre son métier, sa maîtresse et sa vie de couple qui bat de l’aile. Il rejoint son épouse, ainsi que deux autres couplesà un séminaire d’évaluation d’une école privée en vue de l’inscription de sa fille adoptive. Ce séminaire qui doit durer environ une semaine se situe dans un cadre idyllique, avec des châlets et un lac. Sa maîtresse les rejoint là-bas un soir, pour des raisons professionnelles cependant, mais se fait assassiner le lendemain. Son épouse lui révèle alors que c’est elle qui l’a tuée, avec la complicité des autres couples, et lui-même se retrouve obligé de les aider à dissimuler le corps… La rétrospective était intitulée à juste titre ‘ L’étrange selon Shinji Aoyama’ car on ne peut à proprement parler de cinéma fantastique effectivement, ce qui semble intéresser le réalisateur serait plutôt comment le quotidien peut basculer subitement et révèler des horizons insoupçonnés, source de désillusions parfois mais aussi de renouveau, ou pas, enfin, vous voyez sûrement ce que je veux dire. 18365852 Grâce à la carte blanche accordée au Président du Jury cette année, Bong Joon-ho, j'ai également pu revoir' The thing' sur grand écran, film mythique de John Carpenter, évoquant comme chacun sait la vérité sur les derniers instants de Jim Morrison, et découvrir le catapultif 'The housemaid' ( 1960 ) de Kim Ki-young, référence majeure, selon notre Président, du cinéma coréen. Fan attentif de ce blog, tu as pu noter que quelques fois je dis aussi des grosses conneries, et la dernière en date était bel et bien sur le post consacré à 'Old boy' ou je parlais de la particularité de son réalisateur, Park Chan-wook, à couvrir ( avec brio ) l'ensemble de son sujet. Et bien c'était une belle connerie, ainsi qu'une preuve manifeste d'inculture que je metterais sur le dos de la société, puisqu' il n'y a bel et bien que les films français qui ne parlent de rien, pour en rajouter une autre. En tout cas avec ' The housemaid' nous avons un panorama quasi-sociologique sur le thême du triangle amoureux : un homme, une femme et sa maîtresse, et pour faire simple on a mis tout le monde sous le même toit puisque cette dernière est une jeune gouvernante fraîchement embauchée, pas du tout envahissante. Je citais tout à l'heure Kyoshi Kurosawa, tout à l'heure , je pense que je vais en parler maintenant avec le sublimisse ' Kaïro' ( sorti également sous le titre de ' Pulse' ) que j'avais vu il y a longtemps, et qui m'avait fait forte impression, même si à ce jour mon favori reste 'Charisma' et que ces deux films sont les seuls que je connaisse de Kyoshi Kurosawa, aucun lien nous dit Wikipédia. Le film semble réalisé avec peu de moyens si l'on excepte une des scènes finales avec le crash d'un avion qui lui, semble tout droit sorti du film 'Avalon' ( 2001 ) de Mamoru Oshii. Mais cette économie de moyens sert parfaitement le propos axé sur la solitude, la consommation, l'incommunicabilité entre les êtres n'est-ce pas et le suicide, tout ce qui arrive se situe déjà hors-le-monde, à côté du monde. Et avant d'arriver à cette débauche de technologie, Kurosawa offre un survol élégant des différents registres de l'Art contemporain à chaques fois que survient le fantastique, que ce soient les images Internet suggérant l'art vidéo, quand ce ne sont pas des abstractions pixellisées - points blancs sur fond noir qui raviront les fans d'Atari, ou encore les ralentis d'un quelconque personnage fantomatique qui évoquent le théâtre nô aussi bien que la danse contemporaine, tous convoqués à tour de rôles ici comme autant d'invitations à rester sensible. 42282507

Posté par sigismund à 17:14 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 juillet 2009

Retour de NIFFF 09 ( 4 )

Bonjour à tous,
Et comme je dis si souvent : envoyez vos dons.
Il faut croire qu’il y a certaines thématiques qui sont dans l’air, étaient proposés au NIFFF d’une part dans la compétiton officielle le ‘Barbe bleue’ de Catherine Breillat, une relecture du conte de fée connu de tous, et en projection plein-air ‘La comtesse’ de Julie Delpy, sur la vie et la mort d’Elisabeth Batory, qui accordait au sang de jeunes vierges des vertus de jouvence, coiffant sur le poteau Gilles De Rais au panthéon des meurtriers célèbres et dégoûtants, puisque totalisant un nombre de victimes un poil supérieur.

B_affiche_145the_countess_web

Je vais faire court, pour ma part, ‘ Barbe bleue’ est le film qui aura fait autorité durant ce festival - n’ayant pas vu ‘Antichrist’- pour la sobriété et l’efficacité de son approche tout simplement. Je ne me moque pas des amateurs d’effets spéciaux ni rien, j’en fais partie, mais nombre de spectateurs n’auront pas trouvé forcément leur compte avec le film de Catherine Breillat en termes de sensations ( comprenez ici ce que vous voudrez ), il m’a semblé à moi pourtant que c’était le film le plus efficace, parlant simplement de choses graves et s’adressant par là au plus grand nombre. Malheureusement, la sobriété de l’ensemble, des décors avec peu de personnages, un rythme relativement posé auront lassés, ou auront étés interprétés comme du chipota auteuriste. Le film n’est pas seulement une adaptation littérale puisque l’histoire nous est racontée par deux petites filles dans un grenier, et ponctuées de leurs commentaires. Approche au demeurant classique, voire peut-être attendue, mais savamment posée et encore une fois , très efficace, car cela permet au spectateur de saisir la totalité des enjeux, et en s’extériorisant par les retours au présent, de les rendre encore plus concrets, de les retransposer. La photographie est très chouette, le côté un peu cheap ne m’a pas du tout gêné, je pense à la scène de selection des épouses, ou l’on a comme ça très peu de personnages en costumes en plein décor naturel, qui donnait un côté non pas intemporel mais assez ‘privé’, et ça tombait bien c’est exactement ce dont on nous parle, les arrangements dans les coins. A part ceci qui pourrait être perçu comme une petite extrencité, la réalisatrice focalise son récit sur les comédiens, tous très biens, et ce qu’ils disent. Encore une fois, je n’ai pour ma part aucun problême avec les films un peu écrits.

Barbe_bleue_Popup1

A côté ‘ La comtesse’ de Julie Delpy, première réalisation de la comédienne, passe pour un peu plus fastueux puisqu’on dénote ici et là quelques effets spéciaux, dans les effets de rajeunissement, mais de peu. L’approche est assez similaire de Catherine Breillat dans l’emploi des costumes, des décors naturels ainsi que de la scénographie, mais sinon on dénotera une démarche toute aussi 'contemplative', on a par exemple droit à une très très belle scène de menuet, insistant sur la sensualité des regards et des gestes dans un cadre par définition plus solennel, enfin c’est ce qu’on dit. Je n’ai pû m’empêcher de penser – dans les deux cas - au film ‘ Ne touchez pas à la hâche’, superbe, en ce qui concerne la touche réalistico-historique car assurément dans ce domaine, Jacques Rivette a définitivement brûlé la route cette année. Le récit de Julie Delpy gère un tout petit peu plus de paramètres que celui de Catherine Breillat, et l’anonymat de ces massacres organisés en pâtît un peu. Toutefois on est jamais dans la débauche ni dans la complaisance, bien qu’avec certains éléments à peine suggérés ( une ancêtre de ‘la vierge de Nuremberg’ ) on pourrait penser que Delpy aurait encore à dire dans cette voie. Ce qui m’a le plus gêné est en fait le point le plus important, à savoir le drame de l’héroine, la descente progressive dans la folie que j’ai trouvé trop segmentée, et qui s’embourbait peut-être à un moment donné, trop proche du ‘Dracula’ de Coppola. Mais cette segmentation est plus que justifiée pour que l’on comprenne les tenants et les aboutissants de la lecture du mythe que propose la réalisatrice : d’une part la détresse du personnage, et de l’autre son entourage.

19062207_w434_h_q80

Posté par sigismund à 16:04 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 juillet 2009

Retour de NIFFF 09 ( 3 )

affiche_1

C'est peut-être de ma faute, mais tout ce que j'avais pu lire sur 'The chaser' de Nah Hong-Jin a peut-être contribué à trop élever la barre au niveau de mes attentes. Je me désespèrais déjà de ne pas voir arriver le film dans nos salles, et même de jamais pouvoir le voir de ma vie car je suis pessimiste de nature, et au vu des critiques hyper-gonflées donc, de passer à côté du chef-d'oeuvre du siècle. ' The chaser' a été proposé par le NIFFF hors-compétition, en projection plein-air. Je me suis également fait une règle de laisser au maximum de côté mes attentes en ce qui concerne la critique d'un film, il n'y a rien que je ne supporte moins que ces soit-disant professionnels qui disent ' le réalisateur aurait dû faire ci..' , je m'en protège autant que possible et pour moi ces types devraient faire autre chose : ce ne sont pas eux le réal, pourraient-ils parler de ce qu'ils ont en face des yeux pour changer. J'évaluais' The chaser' comme un film très très largement au-dessus de la moyenne, mais qui ne méritait certainement pas autant d'éloges. Mais peut-être l'ai-je abordé au moment du visionnage de façon trop immersive. Je pense ne pas en avoir réellement perçu les intentions, en tout cas pas jusqu'à ce que je vois le film de Lars Von Trier, 'Anti-Christ' il y a deux jours ( et non pas durant le festival ) car j'étais resté un peu trop sur le côté péripéties, sur la structure de l'histoire en saut à l'élastique, qui avait mis mes nerfs plutôt à rude épreuve. Une fois passé un petit peu de temps, et la chance d'avoir pu regarder autre chose, je suis bien obligé de tirer mon chapeau.

Un ancien flic devenu proxénète découvre que ses filles qui disparaissent du jour au lendemain n'ont pas forcément entamées une reconversion heureuse, il se pourrait que ce soit plus grave que ça, genre un détraqué qui se ballade.On peut pas dire pourtant que notre héros soit des plus exemplaires, mais il y a une limite entre mettre des filles sur le trottoir, et éventuellement leur faire courir le risque de tomber sur un malade, et être un malade...
sorties_mercredi_1_phrase_coco_the_chaser_co_L_1
La conduite de l'histoire est plutôt carrément bien tenue, mais encore une fois c'est moi qui ne suis pas forcément convaincu parce que je vois. On a mis en avant l'extrême réalisme en ce qui concerne les thêmes abordés, et surtout également en ce qui concerne la violence, assez hallucinante, c'est incroyable comment on se tape sur la gueule dans ce film, et on ne meurt pas forcément de ses séquelles c'est ça qui est étrange, mais ' à situation extrême, réaction extrême', c'est surtout ce que semble nous dire le film, à tel point que je me suis demandé si le film n'a pas été intrônisé justement par des critiques inconsciemment friands de débats virils, j'entends par là 'seul contre tous', face à la meute, face à l'adversité, des critiques qui ont pris goûts à séparer des types quand ils étaient à l'armée, ils continuent de le faire c'est ce qui plaît à leurs meufs. C'est aussi le deuxième message de ce film- c'est vrai quoi on peut se demander à force, à cause de tant de répétitions des mêmes scènes doit y avoir une raison - dans la vie faut pas avoir peur de se débattre. On peut très bien découvrir ce genre de choses au cinéma également, y a pas de honte à les mettre en scène..

A part tout ça, le réalisateur a plutôt mis l'accent sur quelque chose de très beau, à savoir l'injustice. On peut blâmer la fatalité, essayer de tout lui mettre sur le dos, 'The chaser' démontre assez bien que ce qui peut arriver d'horrible découle surtout de nos choix, le choix d'attendre un peu trop longtemps avant d'agir, de suivre une procédure ( l'accent est bien mis sur la soit-disant 'incompétence ' de la police ), le choix même de se livrer complètement à nos instincts ( ou lala le tueur c'est une enflure, on peut le taper alors on s'en prive pas ) ce qui dans un sens rapprocherait ' The chaser' de 'Anti Christ ' justement, une similarité considérable dans le propos, en particulier la vacuité des efforts déployés au regard de certaines forces, et c'est, je suppose, un truc comme ça qui doit passer dans la tête du héros au final, placé presque à son corps défendant ( voir plus haut ), sur le chemin de la rédemption. Bien que je ne sois pas forcément convaincu par certaines solutions proposées par Hong-Jin, en particulier le rapport à la violence, il a en tout cas rendu de façon virtuosement concrète une problématique assez ardue, problématique que l'on ne pensait peut-être pas retrouver au cinéma, celle du choix, du libre-arbitre mais surtout de la part de responsabilité dans le malheur individuel aussi bien que celui d'autrui, de façon indirecte.

212370

Petite surprise de ce festival, 'Just another love-story' de Ole Bornedal, une variation très très habile sur le thème du 'home-invader' ( ' Liaison fatale' avec Michael Douglas et Glenn Close, ' La main sur le berceau' avec Rebecca De Mornay, ' Jeune Fille Cherche Appartement' avec Bridget Fonda, pour citer les plus connus ) dont le point de départ serait tout de même un poil emprunté à Javier Bardem et son 'Ecureuil rouge' : Jonas est photographe pour la police, spécialiste des scènes de crimes, marié deux enfants et c'est pas la joie tous les jours ( deux enfants...matinaux ); suite à une collision en voiture son destin croise celui d'une jeune inconnue, Julia, rendue amnésique par l'accident. Comme son emploi du temps le lui permet, Jonas se rend à son chevet histoire de prendre des nouvelles malheureusement on ne laisse entrer que des proches ou bien la famille alors Jonas dit qu'il est son petit ami. A l'intérieur de la chambre, la famille l'attend à bras ouvert, ayant entendu parler de lui par téléphone. Jonas se retrouve pris au piège de son propre mensonge et contraint de jouer le jeu, toujours un peu davantage...et Julia est très belle.
2dwiaev
L'histoire est une mécanique scénaristique assez impeccable, servie par de très bons comédiens sous-titrés et une très bonne photographie. Le réalisateur commence même son récit par une petit côté clipesque, voire 'arty': d'abord un flash-forward, on commence le film par la fin ( soulevant l'interrogation du ' que s'est-il passé' ? ) puis deux petites scénettes vaguement cocasses mais qui en disent déjà pas mal sur la personnalité du héros, le tout laissait tout de même présager un peu plus audace, ce qui ne fût pas vraiment le cas bien que les différentes trames de l'histoire ( le passé de Julia ) soient très très bien gérées. Bornedal ne nous laisse cependant pas en plan et lâche sa bombe proprement en plein milieu du film, et c'est tout simplement glauquissime. Le reste du film n'est que dénouement, encore une fois parfaitement bien mené, et j'allais presque dire sans réelles conséquences, mais à la différence de 'Coffin rock' de Ruppert Glasson, excellent, sur le même sujet, ici l'insinuation dans un quotidien étranger, l'irruption dans la vie d'autrui est tout de même beaucoup plus insidieuse, beaucoup plus problématique et encore plus lourde en implications. C'est très très bien dit, et c'est très très bien fait.

2192165

Autre surprise notable, 'The forbidden door' de Joko Anwar, que j'ai confondu sans mes lunettes au bar avec Aoyama Shinji et qui ne l'a pas mal pris ! Bon d'après ce que j'ai compris, les futurs projets de Anwar sont encore plus barges et au vue de la maîtrise narrative et visuelle on ne peut que se réjouir.Je lui ai également dit que le pré-générique était incroyable, et il ne l'a pas mal pris non plus ! ( son film fait quand-même à peu près deux heures ) car j'ai trouvé le début admirablement bien écrit et remarquablement bien posé. L'histoire d'un sculpteur au sort enviable, une femme magnifique, un cercle d'amis restreint mais inébranlable, une carrière qui semble lancée sur des rails, et pourtant, qu'il le veuille ou non, le passé refait surface au moment ou le présent se fait de plus en plus troublé. On lorgne très facilement du côté de 'Lost Highway', de 'Eyes wide shut' ou de 'In the mouth of madness' de John Carpenter, mais il faut dire que Anwar n'a pas choisi une problématique facile, le passé et le présent, avec confrontation, chacun matérialisé par un univers particulier qui téléscope l'autre, la jonction étant faite par la démarche artistique, faisant office de révélateur : on flirte avec le langage du subconscient qui cherche à se manifester, à s'exprimer mais par des voies détournées...Anwar bride assez bien le tout, appose consciensieusement son message au final.

495224

Posté par sigismund à 15:23 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 juillet 2009

Retour de NIFFF 09 ( 2 )


Vertige




On peut se desespérer du manque de reconaissance du public envers les productions françaises, et en même temps , cela peut se comprendre. Avec‘Vertiges’ de Abel Ferry, on pourrait presque donner du grain à moudre pour les détracteurs .Prersque. Avec une première partie très efficace pourtant sur les pièges en altitude, le film retourne bien vite sur des sentiers balisés quand nos arpenteurs, désormais coincés au milieu de nulle part, se trouvent confrontés à un chasseur mystérieux et invisible. Le dernier tiers , ou rien n’est préçisé sur cet homme des bois , dégénère carrément dans le bourrin discutable avec un enchaînements de bastons à bouts de souffle peut-être mais dont on se demande si elle n’est pas juste prétexte à nous montrer ( attention spoiler : ) les gros seins de l’héroine, la seule qui a eu un flash-back au demeurant parfaitement inutile : ainsi la confrontation finale entremêle coups de pieds dans les burnes décomplexés, mamelles et hurlements rauques dans une frénésie baroque, ultime ou les corps se déchirent mais se rejoignent pourtant blablabla, pour hésiter au moment du coup de grâce....dernier vestige de l'humanité dans l'humain -assez déplacé - sur l'écran, bruits dans la salle de grenades qui se dégoupillent.




On pourrait très bien classer l’affaire, si ce n’est que ‘Vertiges’ recèle quelques perles en son milieu qui en font un véritable chef-d’œuvre de distanciation, ce qui pourra désarmer des critiques ou un certain public en mal de nouvelles icônes à intrôniser. Dès les premières minutes , Abel Ferry pose assez bien son cadre et ses personnages, soit, avec cependant un net penchant pour les stéréotypes, à grands coups de dialogues et de non-dits nébuleux qui nous font d’entrer serrer les dents…MAIS SURTOUT, SURTOUT avec le coup de la chanson en bagnole c’est l’horreur ultime, tellement c’est tellement vrai ( qui n’a jamais senti la mauvaise ambiance des vacances et ce, dès les premières minutes du départ en bagnole ? ), mais on l’oublie assez rapidement, comme le reste, peut-être que ça prendra son sens, peut-être pas...vu que ce sont les présentations de rigueur, ça ou autre chose, enfin pour l'instant on ne sait pas. En milieu de film, alors qu'on regrette déjà d'avoir ne serait-ce qu'accordé deux minutes de son temps, ò stupeur !!! Ferry RECIDIVE ! Avec le retour de la chanson… ! Censée remonter le morale cette fois au cœur même de la désolation , on tombe carrément dans l’instant MYTHIQUE de cinéma : c’est absolument prodigieux de réel désoeuvrement et pour le coup, les comédiens peuvent se permettre de regarder ailleurs et ne s’en privent pas…Cela pourrait s’arrêter là, après, on découvre progressivement l’antre de la bête et on se dirige pépère vers la cavale sans issue du final, MAIS, et il y a un MAIS, avant, on doit nous rendre perceptible dans les règles de l’art, le sort de proie indû à nos jeunes et ( j’allais dire attachants ), à nos jeunes héros, et pour cela , on les fait tomber dans des pièges. Et là deuxième moment de bravoure, qui a généré au sortir de la séance des heures et des heures de poilade coupable à toute l’équipe, en ce qui concerne la reconstitution des faits : l’héroine, nous le saurons plus tard, tombe dans un piège, qui recèle un gouffre profond débouchant sur des pics métalliques acérés et pleins de téthanos. N’entendant aucun bruit, un autre personnage s’encorde et descend à son secours, elle voit les pics et aussitôt, craint pour son amie, nous aussi, mais en même temps on entend rien , pas même quelques râles de rigueur…et là…ET LA.. : on trouve le personnage, assise par-terre en train de bouder avec les bras croisés sur les genoux, et un pic, isolé tout seul, complètement à l’écart des autres, près du mur même, mais quand-même fiché dans son bras !!!!!




AWESOME ! WONDERFUL ! FARAMINOUS ! INGLORIOUS BASTERDS !




On pourrait encore croire au rafistolage accidentel, à du 'rattrappé l'air-de-rien-' mais le second degré tient bon, nous le retrouvons alors que nous n’y croyions déjà plus, mais oui mais non et pourtant, dans la scène de combat finale précedemment citée, dites ‘scène de combat finale’, d’ou le nom, avec la faramineuse et transcendante réplique, l’echange inter-sidéral, magnifique, poignant et qui restera inégalé sur des générations et des générations :




- ‘….’tain…………………….j’vais lâcher…’
- ‘anan-vas-y-s’te plaît…’







C’EST DU GRAND !
C’EST DU TOUT TOUT GRAND !!!
C'EST DU TRèS TRèS GRAND !!!!
On a failli tous se foutre à poil dans la salle, c’était la transe extatique…




Là forcément on se dit que c’est couillu d’avoir sorti un film comme ‘Vertiges’ et un tel second degré, une telle prise de risques appelle nécessairement les encouragements de rigueur, on tient peut-être là un futur grand auteur.




A côté de ça, la concurrence est plutôt rude en ce qui concerne les premières réalisations, j’appelle à la barre ‘Coffin rock’ de Ruppert Glasson, qui s’est déjà fait une solide réputation de festivals en festivals…une véritable pépite avec rien qui flanche, la photo, les comédiens, l’écriture et la réalisation…je n’insisterais pas davantage, jetez-vous dessus si vous le voyez affiché quelque part.




phpthumbphp1




D’autres films retiendront toutes fois notre attention : l’excellent ‘Connected ‘ de Benny Chan ( remake de ‘Cellular’ avec Jason Statham et Kim Basinger ), très chouette, lui aussi maîtrisé de bout en bout ; ’20 th century boys’ de Naoki Urasawa, premier volet d' une adaptation sympatoche du manga éponyme hyper-connu et dont je n’avais jamais entendu parler, ainsi que ‘Tormented’ de Jon Wright. Comme vous l’avez peut-être remarqué, ma culture en cinéma fantastique n’est pas très étendue, pourtant on se retrouve ici avec une variation en des terrains connus sur le mythe du revenant ( lorgnant du côté des classiques que sont ‘Martin’ de Georges Roméro, ou de ‘Deathdream’ – aka ‘Le mort-vivant’ - de Bob Clark, que j’ai pu citer dans ces pages, et qui constituent donc l’ensemble de mes références, si l’on inclût le ‘Psychose’ d’Alfred Hitchcock et là je vous aurais vraiment tout dit ) avec quelques incohérences scénaristiques tout de même, et des comédiens un poil trop âgés également, mais somme toute assez honorable. Egalement le premier volet d'une autre saga humoristico-horrifique, 'Rathree reborn' du thailandais Yuthlert Sippapak, si assez réussie pour ce qui est des moments fantastiques, reste un peu plus discutable dans son côté 'Hopital et ses fantômes' ( chef-d'oeuvre de Lars Von Trier, sa première réelle incursion dans le fantastique ) en HLM avec une certaine complaisance dans la caricature.




tormented_quad




20th_century_boys202215empd037_01
rathree











Posté par sigismund à 19:16 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 juillet 2009

Retour de NIFFF 09 ( 1 )

nifff2009

A la question ‘d’ou viens-tu Sigismund’ je suis fier de vous répondre la même chose à peu près comme chaques années au même moment : du NIFFF, chers lecteurs, le Festival International du Film Fantastique de Neuchâtel, en plein dans les contrées helvètes – qui ne sont pas celles que vous croyez – et ou nous ne sommes pas encore assez nombreux ; ce qui ne rend absolument pas grâce au travail titanesque du comité ( peu supporté par la municipalité il faut bien le dire ) qui fournit pourtant d’années en années des programmations de qualité dans un éventail de registres plutôt varié, jugez plutôt : cette année, en plus d’une carte blanche accordée au Président du Jury, Bong Joon-Ho ( réalisateur adulé de ‘The host’ ) qui nous a permis de ( re ) voir sur grand écran ‘The thing’ de John Carpenter, ainsi que ‘Kairo’ de Kyioschi Kurosawa, c’était le cinéma interactif qui était à l’honneur avec une rétrospective consacrée à William Castle. Egalement présent pour une retrospective de son œuvre à lui aussi, Aoyama Shinji, auteur passé à la mode quand c’était le temps de la fin de l’emergence du cinéma indépendant avec ‘Eurêka’ ( 2000 ) , mais tout aussi bien snobé depuis par les distributeurs toujours à la recherche d’un exotisme nouveau ; qu’importe le monsieur n’en possède pas moins une œuvre qui mérite quelque peu l’attention. Je n’ai pas pu malheureusement me faire une idée des deux autres thématiques, l’une consacrée au cinéma de genre scandinave, l’autre à la maintenant célèbre ‘Catégorie III’ présentée par l’initiateur himself de l’appellation, Julien Sévéon de ‘Mad Movies’, titre accolé à la région la plus hard-core, la plus transgressive du cinéma fantastique contemporain , la projection de films comme ‘Ebola syndrome’ ( 1996 – pas vu pour cause d’estomac instable ) ou ‘Story of Ricky’ ( 1991 pas vu non plus –euh, presque pour les mêmes raisons, mais surtout il était tard et je me suis euh, trompé de salles ) étant l’un des quelques évènements majeurs et attendus du festival, en plus de la projection de ‘Antichrist’ de Lars Von Trier qui n’a heureusement, généré aucune émeutes. Le compte-rendu exponentiel ( quand je vous dit que je ne sais pas toujours ce que je raconte ) s’étendra certainement sur quelques billets, les nuances seront donc je l’espère, à la hauteur de la programmation, je m’en vais vous parler de quelques ovnis sortis tout droit de la compétition officielle :

moon_1

Le film de Duncan Jones, qui a d'ailleurs ouvert le festival, avec Sam Rockwell dans le rôle titre ( n’oublions pas Kevin Spacey dans le rôle du robot assistant, méconaissable, quel talent lui aussi ) , s’est déjà fait une réputation certaine dans nombre de festivals, et elle est bien méritée si vous voulez mon avis : à tout point de vue le film est une réussite totale, la photo est somptueuse, Rockwell trône absolument, bien qu’il nous serve une interprétation de clône ( ) de Tommy Lee Jones jeune –par moment, ‘Moon’ fait plaisir à voir, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. On perçoit littéralement une œuvre concue par des passionnés – Jones et Rockwell en l’occurrence, bien entourés qui plus est, et pour achever de vous convaincre, sachez que la musique de Clint Mansell ne vous quittera plus une fois sorti de la salle – car les qualités du scénario sont vraiment à toute épreuve, car comme dit Marcos, le responsable du bar du NIFFF : ‘on a l’impression de voir un bon vieux chef-d’œuvre de s.f des années 80, sans que ce soit dérangeant’ et Marcos, qui est le barman le plus cool de la planète a raison. Encore une fois le scénario est d’une élégance sans failles, dont la maturité du thème ( les trois âges, comme dans l’énigme du Sphinx ) ainsi que son approche fait penser aux plus grands, Richard Matheson en tête. Et oui, l’histoire de ‘Moon’ ne dérange pas, sauf si l’on y réfléchit d’un peu plus près.

tears_1

Autre surprise, plus discutable, ‘Tears for sale’ de Uros Stojanovic, que l’on risque de voir arriver chez nous sous le titre de ‘Charleston et vendetta’. J’aurais aimé penser du bien de ce film co-produit par Luc Besson ( dont je vénère absolument le film ‘Nikita’ ) malheureusement j’ai dû mal : si je comprends tout à fait la démarche, un univers décalé ( tous les hommes morts à la guerre, le monde est entièrement peuplé de femmes au bord de la crise de nerfs pour ne dire que ça ) prétexte à une réflexion qui se veut enjouée et décomplexée par rapport à la guerre. S’engouffrant dans la veine d’Emir Kusturica pour le burlesque déjanté, mâtiné d’une très belle photographie qui produit d’excellents visuels ça c’est certain, mais lorgne également du côté de Jeunet et de ses deux derniers opus du côté de la bleuette. Je prends pour exemple une anecdote discutable ( celle du petit garçon et du fusil ) destinée à dé-dramatiser le climat et nous faire entrer dans l’univers; j’aime beaucoup le final, mais il s'avère de fait quasi-téléphoné et presque démago : je vous fais rire avec qqchose de grave un peu en vous tirant par la manche, puis c’est moi qui dis quand on arrête. Mmm.

franklyn_italian1

Concept qui avait intrigué beaucoup de monde sur le papier, mais qui aura déçu quelques uns à la sortie, ‘Franklyn’ de Gerald Mc Morrow. Très ambitieux pourtant, et irréprochable dans la forme ainsi que dans la conduite du récit, presque trop écrit cependant. Nous suivons le parcours de plusieurs personnages que rien ne relie entre eux, un jeune homme qui vient de se faire larguer et le vit plutôt mal, une artiste-performiste obsédée par la mort, et un justicier solitaire dans un univers parallèle dominé par la religion. Le film délivre une superbe réflexion sur la fatalité et le libre-arbitre, sur la mort, la folie et la tentation du suicide, ou sur la victoire heureuse/ malheureuse de la réalité sur la fiction, grâce à une machine scénaristique hyper-millimétrée. On aurait souhaité que les différents univers s’entre-croisent un peu plus chaotiquement afin d’en faire davantage émerger le sens de ci de là, mais il paraît que nombre de spectateurs ont déjà étés pas mal lourdés par la progression graduelle du procédé narratif de Mc Morrow. A force de complexité, on pourrait presque soupçonner à l’auteur d’avoir réalisé plutôt là un film ‘carte de visite’, avec 'que les choses qu'il aime bien ', ou sur les futurs registres ( l’univers comic-book par exemple, qui fait de Mc Morrow un digne candidat pour une adaptation du ‘Grendel’ de Matt Wagner, ou une adaptation de ‘Daredevil’ tant son personnage de justicier possède des résonnances toutes ‘Frank Milleriennes’; cependant avec son approche de l’univers de l’Art contemporain, le réalisateur pourrait tout aussi bien s’attaquer à des chefs-d’oeuvre tels que ‘Leviathan ‘ de Paul Auster ou ‘The body-artist’ de Don DeLillo ) qu’il se propose d’aborder dans d’autres métrages, et nous ne pouvons cependant que nous réjouir à l’idée de cette perspective, au vu de la maîtrise et de la compréhension de chaque segment.

Posté par sigismund à 19:38 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2   Page suivante »