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Incarcéré quatorze années pour viol, Max Cady ( Robert DeNiro ) enfin libre après toutes ces années semble bien décidé à faire payer à son avocat Sam Bowden ( Nick Nolte ) l'eveil spirituel que lui aura dispensée l'expérience carcérale. La vie de famille de Bowden commence à basculer dans la paranoia et le cauchemar du fait du harcèlement ponctuel et constant de la part de l'ancien détenu, à tel point que la confrontation entre les deux hommes apparaît bientôt comme inévitable...


Voici un film dont on peut dire qu’il est plein à rabord, et ça fait plaisir à voir. Je l’avais raté à sa sortie et ne m’y était pas intéressé plus que ça malgré l’admiration que j’ai pour Martin Scorsese : ‘Mean streets’ ‘Taxi Driver’ ‘Raging bull’ constituant les films de mes premiers émois cinématographiques. Mais quand ma cinémathèque propose de le voir sur grand écran, voici une proposition que je ne pouvais pas refuser, même si 2009 est plutôt une bonne année niveau sorties en salles. Et pour tout vous dire je suis content de l’avoir vu seulement maintenant. Film plein à rabord en effet, la mise en scène m’a semblée absolument classieuse du début à la fin même si le récit souscrit au codes du registre, la qualité de l’interprétation de la part de tous les comédiens contribue à nous faire oublier le côté chapitré de l’ensemble, Nolte est absolument formidable, Juliette Lewis surprenante et Jessica Lange n’est pas mal non plus…Robert De Niro reprend le rôle originalement tenu par Robert Mitchum -qui fait également une courte apparition – pour un personnage porté par un sentiment de revanche froid et implacable, dont le côté prédicateur fait absolument froid dans le dos tant il peut parfois toucher juste, car c’est ‘le sens de la perte’ qu’il veut inculquer à Nolte et c’est quelquechose qui concerne forcément l’homme moderne.

Je me rappelle très bien mes premières sorties cinématographiques, ou je traquais littéralement dans chaque film les séquences oniriques ou la séquence flashback pour avoir ma dose de modernité ( le fait d’avoir vu ‘Altered states’ de Ken Russell un peu trop jeune peut-être ) et sans vouloir comparer avec Oliver Stone qui n’avait pas encore réalisé ‘ Né un 4 Juillet’ ou l’effet devient littéralement syntaxe, Scorsese utilise néanmoins ici et là une petite solarisation de derrière les fagots qui n’est pas des plus malvenues, utilisée sur le mode intuitif pour les personnages ce qui fait qu’on ne s’éloigne pas trop de la réalité ni du sujet; à ce titre le meurtre du privé et de la bonne paraît ,lui ,bien plus irréel, et s'avèrant une incursion des plus efficaces de la part du réalisateur vers la série B. ‘Cape fear’ constituerait en ce sens et en quelque sorte un archétype  du film académique,  dans le bon sens du terme, par la tenue, la générosité et l’exigence de l’ensemble.