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La nuit par une saison d’été, etc, et pas question de voir ‘Inglourious bastards’ en version française. Téméraire comme vous savez j’ose la décérébration en me rabattant sur ‘Destination finale 4’ dont je n’ai vu aucun épisode précédent. Apparemment c’est pas grave, et tant mieux, on rentre tout de suite dans le bain : un type avec sa copine et ses potes sont dans un circuit, le type a la prémonition qu’un carnage sans nom va se produire sur les lieux, il dit à ses potes de se barrer, au début ça fait un peu chier mais une fois tous dehors, ils sont bien forcés d’admettre que copain a raison.

Premier bout de film , générique compris, je me dis si c’est comme ça tout le temps ça pourrait être intéressant, ne le crois-je pas de mes yeux mais assisterais-je en réalité à une bonne vieille série B moderne, dès lors les autres critiques de la profession n’ont rien compris, et moi... moi je serais un génie.


Mécanismes fatals ( fataux ? ) qui se mettent en action, ok, catastrophe et décès cartoons, un peu à la Sam Raimi, un peu Z; série B c’est ce que je me dis... A l’image de la structure du processus de mort dans le récit, les évènements se suivent, certes dans le désordre mais se ressemblent un peu, surtout dans la façon de conclure, toujours un peu grotesque donc. Des mécanismes absurdes se mettent tout à coup en branle avec la même pugnacité que la chauve-souris du sketch de JM Bigard ( ô mon dieu la bouteille de spray se rapproche du micro-ondes en train de goutter… ) complètement arbitrairement, Ce fameux déroulement d’actions dit ‘en cascade’ cher au cinéma d’animation et que Caro et Jeunet ont consacrés avec ‘Delicatessen’. Et donc on attend que la chevilette bobine dans une mise en scène assez similaire à celle du tueur au couteau qui se ballade dans ton appartement au moment ou tu sors une blague raciste en petite culotte.


Bon il y a un petit clin d’œil sympatoche ( p-ê un plagiat en fait, oui , plutôt ça…) à Chuck Palahniuk avec la séquence du gars dans la piscine ( à une de ses nouvelles intitulée ‘Guts’ tiré du recueil ‘Haunted’ – publiée sous le titre ‘A l’estomac’ chez nous – cette nouvelle détient le record d’évanouissements à chaque lecture publique de l’auteur ) et puisqu’on parle du fond de la piscine justement, ça reste quelque peu le minimum syndical. S’il y a une quelque morale à détacher ce serait ‘on n’échappe pas à la mort’ ( merci les gars, à vous les studios ) tant le fait que si on échappe à notre heure, le processus fatal se répète jusqu’à ce qu’on y succombe, comme dans la vie, nous est balancé plus qu’il n’est explicité ( ' il faut briser la chaîne '...quoi ? ), on se retrouve  plus en face d’une bande de gosses qui viennent de se trouver un nouveau passe-temps qu'en face de personnes impliquées dans quelque chose. Yeah.

Il m'a semblé intéressant finalement dans la narration et la mise en scène que la même situation fatale se joue et se rejoue dans des manifestations de plus en indirectes, et finalement les personnages ne le comprennent que trop tard et que, si ils finissent par mourir, c’est pour s’être ‘relâchés’ en ayant cru au premier degré ‘avoir vaincu la mort’ . On en déduit que la vie est une affaire de survie finalement, dont ‘l’intuition’ n’est que la manifestation de cet instinct conservationiste, et si on est définitivement en adéquation avec notre environnement alors on peut voir venir certaines choses , et même au bout d’un certain temps, on peut commencer à penser au bien-être d’autrui. Le film ‘Slaughterhouse five’ de George Roy Hill d’après le roman-culte de Kurt Vonnegut explicitait ce processus beaucoup mieux à travers l’histoire d’un personnage ‘bloqué à travers le temps’ . Mais il y a bien sûr également le sympatoche ‘Un jour sans fin’ de Harold Ramis avec James Belushi et le jour de la fête de la Marmotte. C’ est bien aussi.

Là-dessus je marque une pause, me disant que finalement ce serait peut-être un bon concept pour une série télé plutôt que pour une série de long-métrage. Fondamentalement, il y a un truc que je trouve définitivement puant (     ) dans le postulat de base, ‘les aventures de les gens face à la mort’. Je trouve que d’autres ( en fait LES autres, TOUS LES autres )  auteurs prennent au moins la peine de traiter la même problématique sous un mode au moins plus poétique et ce depuis la nuit des temps , et que compte tenu de la conjoncture économico-sociale du moment ça ferait même pas rire du tout ( : eh oui jeune enfant de tous pays la vie est un processus qu’on ne peut arrêter, c’est comme ça on y peut rien ; regarde toi : si tu tu meurs de faim et te tue à la tâche c’est parce que j’économise sur ma troisième villa, c’est triste mais c’est comme ça, indirectement hein, encore une fois ) mais bon le fantastique a toujours été vecteur de conscientisation. Ici, on enchaîne les idées reçues les plus conventionnelles par rapport au sujet - à se demander ce qu'il y a pu y avoir dans les autres volets - ' si on est encore vivants c'est qu'on l'a mérité ' nous lâche un des personnages, et je ne vous parle pas du sort réservé au personnage au sécuritas black, c'est juste lamentable, minable, gerbant, sa race le scénariste...: le personnage est réduit ni plus ni moins qu'à une denrée sacrifiable, leçon de l'histoire, qui sert à faire avancer le héros. Le film aurait pu être une bonne série B lui aussi, si ses auteurs ne s'étaient pas relâchés, eux non plus.