31 août 2009
Génération désenchantée, ' Inglourious basterds' de Quentin Tarantino

Bonjour à tous,
Je vous écris depuis la banquette arrière de mon pick-up d’ou je n’ai pas décuité depuis trois jours après avoir assisté -enfin – à une séance – en VO ! - du dernier film de Quentin Tarantino, ‘Inglourious basterds’…et c’est pour ça que ça sent les petits oignons.
Je dois dire que ce qui m’avait le plus surpris avant d’aller voir le film, c’était la réaction des chroniqueurs du journal ‘Technikart’. Ils se sont sentis littéralement insultés par le film, que celui-ci n’est qu’un long doigt tendu au spectateur tout du long du temps qu’il dure. Et pourtant , après visionnage, j’aurais envie de dire ‘oui…c’est vrai’. Mais un doigt tendu au public avide de spectacularisme morbide qui les conforte dans sa bonne morale, qui applaudit à chaque mort à l’écran de l’enemi et dont le systême de valeur doit se trouver immanquablement valorisé toutes les deux minutes, un peu comme le public à l’intérieur du film même, vous voyez de qui je parle ? D’autres ont étés juqu’à clâmer que c’était la fin de Tarantino en tant que cinéaste, puisque depuis ‘Kill Bill ‘ celui-ci serait enfermé dans une espèce d’autisme cinématographique, pour eux aussi je pense que ‘Inglourious…’ est un long doigt tendu en forme d’anniversaire, quand on voit justement à quel point justement Tarantino ose se positionner par rapport à l’actualité à la façon dont il se positionne avec ‘ l’Histoire’.
Il me semble que l’on retrouve au contraire plutôt un réalisateur affûté plus que jamais et à vrai dire en pleine maîtrise de son art. On retrouve ce sens habile du dialogue et de la mise-en -scène qui rend crédible chaque situations, toujours riches en enjeux qui peuvent vous exploser à la figure en moins de deux -la scène de la taverne reste pour moi la plus emblématique de ce que j’essaie d’expliquer, je trouve que c’est la plus réussie, tout ce vers quoi le film tend surtout, malgré les enjeux du récit .Rares sont les réalisateurs qui en ce moment gèrent aussi bien la tension à l’écran, et il se trouve qui plus est que c’est quelque chose hérité de son passé avoué de cinéphile, et de fait, de son amour du travail bien fait. Et il me semble que c’est cette approche qui pourrait sauver le cinéma d’aujourd’hui car ici le problème du contenu ne se pose même pas. Et pourtant nous sommes un peu dans la parodie, ou en tout cas, dans l’éxagération. Mais non. Il y a des films censés aller plus loin qui s’en sortent moins bien, tout comme il y a des films de genre qui n’arrivent jamais à être crédibles.
On a par contre encensé Christopher Waltz et ça je ne comprends pas vraiment, je n’ai rien à dire sur son travail d’interprétation sauf au dernier quart du film, ou même sans doublage, sa performance ferait penser au général de ‘Stalag 13’ ( rebaptisé et diffusé sous le titre de ‘Papa Schultz’, une série humoristique qui racontait la vie de prisonniers américains pendant la 2e guerre mondiale, qui étaient en même temps d’actifs Résistants..le succès en France est pour une fois en partie dû à son doublage, notamment sur les personnages nazis qui sont irrésistibles… ) si vous voulez mon avis c’est une palme un peu sur-évaluée : Daniel Brühl ou August Diehl la méritent largement tout autant, si ce n’est qu’ils ont moins de temps à l’écran. Si je devais pinailler je dirais que c’est Mélanie Laurent qui plombe un peu avec certains automatismes franco-français, ce qui me heurte dans ma chair rien qu’en les évoquant mais que je ne peux pas non plus passer sous silence, même si certaines de ces recettes ont ‘faits leurs preuves’, c’est un peu se reposer sur certains acquis comme qui dirait, et c’est un peu bizarre de la part de quelqu’un en début de carrière; ça se justifie tout de même un petit peu par le contexte du récit, qui nous montre quand exactement la ‘Vieille France’ a été jeune, elle aussi.
Ah oui, l’histoire :
Il était une fois…
29 août 2009
Papa est TOUJOURS en voyage d'affaires, 'Husbands' de John Cassavetes

Suite à un décès soudain, la bande des quatres se retrouve la bande des trois. Gus, Harry et Archie ( John Cassavetes, Ben Gazzara et Peter Falk ) ont dû mal à accuser le coup et se murgent dans les grandes lignes pendant deux jours d'affilée, avant de reprendre le cours de leur vie, non pas que les choses aillent mieux: Harry a même une altercation bien glauque avec sa femme et sa belle-mère. Les amis se retrouvent le jour même et décident sur un coup de tête de partir à Londres...
Attention critique non-objective : je suis un fan avèré de John Cassavetes, père fondateur du cinéma indépendant et réalisateur de génie. Les critiques l'ont déjà dit en leur temps, ce film est incroyablement long, difficile à suivre mais c'est un chef-d'oeuvre, un des films les plus aboutis du maître et une des oeuvres majeures du 'cinéma-vérité', dernier argument que je vous demande de ne pas considérer. Ce film est avant tout un film, rien qu'un film, et surtout un très , très grand film. Construit surtout à base d'improvisations selon la méthode habituelle de Cassavetes, bien qu'il y aie eu bien sûr un script -auxquels Falk et Gazzara ont participés, ce film a , de l'avis de certains, mis-à-jour le mieux l'inconsistance de la vie en milieu urbain.
Dès la première scène de l'enterrement, on retrouve l'un des points névralgiques du cinéma de Cassavetes : le dialogue, le dialogue, le dialogue, une sorte de 'straight-talking', à brûle-pourpoint , dont on impute de nos jours plus facilement la paternité à Quentin Tarantino plutôt qu'à quiconque d'autre. Et après c'est parti pour deux heures de roue-libre avec les trois compères - amis dans la vie - qui s'en donnent à coeur joie. J'ai pas dit que c'était forcément beau à voir, en tout cas c'est juste brillant. En effet, dès la scène du pub, on sourit tout d'abord à leurs parodies de l'actor studio parce qu'on ne voit justement encore que les comédiens, qu'on ne les perçoit pas encore personnages surtout s'ils mettent à faire les acteurs. Et ensuite on se surprend à rire jaune : ces trois-là on du mal à s'arrêter ( en fait non, et le final nous rassure admirablement sur ce point en même temps qu'il clôture le sujet ). Impression qui se confirme avec la scène avec Ben Gazzara chez lui, ou ça dérape comme y faut. C'est sûr les trois potes sont à la vie à la mort, ils passent leurs temps à s'empêcher les uns les autres de faire une connerie tout en concourant à celui qui fera la plus belle.
Les scènes qui se déroulent ensuite à Londres continuent d'osciller entre moments d'anthologie d'humour ( la scène au casino avec Falk et une vieille peau est certainement mythique depuis longtemps ) et réalisme cru difficilement soutenable : quand les trois compères se retrouvent à leur hôtel chacuns avec une nana qu'ils ont levés, on est dans un glauque comparable avec la scène rajoutée des bunnies dans 'Apocalypse now redux'. On se demande alors qu'est-ce que ces types cherchent vraiment avec leurs allures de Brat-Pack ( originalement le nom donné à la bande de Frank Sinatra qui s'il est un peu oublié aujourd'hui était certainement un des modèles masculins de l'époque, surtout pour des gens de la génération de Cassavetes; mais qui à la vie dure, qu'on ne s'y trompe pas , c'est encore le nom que l'on donne aux jeunes loups qui veulent casser la baraque, surtout à leurs débuts ) mais surtout qu'est-ce que ces types prennent encore au sérieux? A l'image peut-être des fameux romains de l'Antiquité qui étaient ' superficiels par profondeur' ?
C'est quand-même le comble qu'un cinéaste de génie comme Cassavetes aie pu mettre le doigt sur un des mal du siècle et que , se faisant, on l'aie accusé lui-même de pédanterie. Le public, ainsi que la profession, n'étaient déjà pas prêt à se regarder en face, et on ne peut pas leur en vouloir, comme on ne peut logiquement pas leur reprocher qu'ils puissent vouloir lyncher le fauteur de trouble. C'est-y-pas beau ?
28 août 2009
'Vital' de Shinya Tsukamoto

Je hais les phénomènes de mode, en général, et en particulier à propos de Shinya Tzukamoto. Après avoir produit l’impensable avec l’éléctrochoc que fût ‘Tetsuo’, anticipé le ‘Fight Club’ de David Fincher avec ‘Tokyo fist’ le petit gars aurait soit-disant ‘lassé’ à partir de ‘Tetsuo 2’ ( il se répète ) ‘Gemini’ ( il se diversifie ça lui réussit pas ) et ‘Bullet ballet’ ( il se répète tout en se diversifiant, y faut qu’il arrête ) qui sont de véritables œuvres d’orfèvrerie à bien des niveaux. Oserais-je parler de protectionnisme ? Il s’en faudrait de peu. Prenons l’exemple de Greenaway qui ne peut même plus sortir un film ou bizarrement tiens, le chef-d’œuvre du comics des années 90 ‘The Sandman’ traduit n’importe comment et publié dans le désordre. Pure contingence que tout ceci. Trois des films suivants de Tsukamoto sont à peine passés en salle pour ainsi dire pas vraiment, et alors qu’il revient avec ‘Nightmare detective ‘ et ‘Nightmare Detective 2’ en se rendant plus abordable et tout-public ( façon de parler ) on dit qu’il est ramolli. Invitez vos critiques favoris tard le soir dans un parking…
S’il est reconnu comme un artiste d’exception, Tsukamoto ne fait certes pas l’unanimité. Il m’aura fallût plus d’un visionnage pour me familliariser avec son cinéma, mais ceci fait…comment ne pas succomber devant le chromatisme somptueux de films comme ‘Gemini’ et ‘Tokyo fist’, la picturalité d’un film comme ‘Bullet ballet’ ainsi que son écriture dans la droite continuité d’un film comme ‘Chien enragé’ d’Akira Kurosawa…hein, comment ne pas ? Ce qui choque la majorité des gens d’après ce que j’ai compris c’est le sens de la rupture dans le montage. Ce n’est pas clipesque, c’est quasi-stoboscopique. En ce sens, Tsukamoto pratique un cinéma proche de celui d’une autre figure contemporaine importante, j’ai nommé le sieur Guy Maddin, canadien de son état. Parce que ce dernier reprend l’esthétique des films des années 20-30 ( y compris celle des films de propagande ) on pense peut-être que ça va être planplan, qu’on va bien se marrer avec les encarts textes, or Maddin rajuste sur cela au contraire un montage des plus modernes, à deux cent à l’heure : chaque idée est poussée véritablement, irrémédiablement, à son aboutissement… c’est davantage perceptible à partir de ses récents films ( à partir de ‘And cowards band the knees…’ ) mais c’était un principe qu’il a developpé surtout dans ses courts-métrages, prenez quasi n’importe lequel, à chaques fois vous serez en face d’une locomotive lancée à toute allure…
Pour dire que les auteurs ont tous deux une pratique anti-misérabiliste, un cinéma au contraire de l’urgence, qui ne s’empêtre jamais dans la guimauve et un final larmoyant, fonctionnant en à-coups, ballotant spectateurs et personnages à travers un tumulte de paroxysmes. Je pense que l'influence du film 'Hell' de Nobuo Nakagawa n'est cependant pas étrangère à cette démarche en ce qui concerne Tsukamoto, ainsi que le théâtre nô en général.
Cette démarche chez Tsukamoto, on la côtoie encore dans les premières minutes de ‘Vital’, quand le héros, après être sorti de l’hopital - ou il s’est réveillé amnésique après un accident de voiture, tente de se ré-acclimater à la vie. Lui qui n’a plus un seul indice d e sa personnalité d’antan tente de ( re ) trouver sa place dans le monde, malheureusement tout le ramène au vide, au néant qui a suivi le choc de l’accident. Et il faut voir comment s’est posé dans le film… simplement un personnage et l’agencement du décor, des directions , des lignes fortes, la part du vide…juste époustouflant. Le rythme interne de la narration se calme quelque peu après cela, et hormis la thématique, le traitement du sujet ainsi qu’un sens du cadre particulier, on ne se croirait pas vraiment dans un film de Tsukamoto. Faisant partie du monde un peu contre son gré quand même , et avec une personnalité vierge, le personnage tente de se tourner logiquement vers l’essentiel. Et l’essentiel lui apparaît. Par le biais de ses anciens livres de médecine. Il va reprendre ses études tout en se tenant ostensiblement assez à l’écart de ses camarades et se révéler même tout à fait brillant. Au moment ou commencent les cours de dissection, des bribes de souvenir commencent à remonter à la surface : il n’était peut-être pas seul au moment de l’accident…
Le film aborde pêle-mêle les thêmes de la reconstruction de soi, de la perte d’un être cher, de l’acceptation et du deuil, avec tact et raffinement. J’avais pu émettre à propos du film de Kyoshi Kurosawa ‘Kairo’ que beaucoup de formes d’Art étaient convoqués comme une invitation à rester sensible, c’est également le cas ici : le toucher, le fait d’être confronté à la chair, le travail de compréhension - à l’aide de schémas dessinés- pour comprendre le systême d’inter-dépendance entre les différents organes sont à l’image du travail de compréhension du héros face aux bribes de son passé, qui resurgit de façon complètement arbitraire, en réaction à son environnement ( les cours de dissection ) autant qu’au détour des jeux érotiques auquel le personnage se livre avec sa nouvelle petite amie. Après tout ce n’est pas parce que l’on parle de la mort qu’on doit obligatoirement être fleur bleue. J’aurais envie de dire que ‘Vital’ est tout de même un des films les plus intimistes de Tsukamoto, n’ayant pas vu ‘Haze’ ni ‘A snake of June’ ; on connaissait le film ‘Autopsie d’un meurtre’, ici il s’agit de celle d’un amour définitivement perdu.
27 août 2009
'Destination finale 4' de David R. Ellis

La nuit par une saison d’été, etc, et pas question de voir ‘Inglourious bastards’ en version française. Téméraire comme vous savez j’ose la décérébration en me rabattant sur ‘Destination finale 4’ dont je n’ai vu aucun épisode précédent. Apparemment c’est pas grave, et tant mieux, on rentre tout de suite dans le bain : un type avec sa copine et ses potes sont dans un circuit, le type a la prémonition qu’un carnage sans nom va se produire sur les lieux, il dit à ses potes de se barrer, au début ça fait un peu chier mais une fois tous dehors, ils sont bien forcés d’admettre que copain a raison.
Premier bout de film , générique compris, je me dis si c’est comme ça tout le temps ça pourrait être intéressant, ne le crois-je pas de mes yeux mais assisterais-je en réalité à une bonne vieille série B moderne, dès lors les autres critiques de la profession n’ont rien compris, et moi... moi je serais un génie.
Mécanismes fatals ( fataux ? ) qui se mettent en action, ok, catastrophe et décès cartoons, un peu à la Sam Raimi, un peu Z; série B c’est ce que je me dis... A l’image de la structure du processus de mort dans le récit, les évènements se suivent, certes dans le désordre mais se ressemblent un peu, surtout dans la façon de conclure, toujours un peu grotesque donc. Des mécanismes absurdes se mettent tout à coup en branle avec la même pugnacité que la chauve-souris du sketch de JM Bigard ( ô mon dieu la bouteille de spray se rapproche du micro-ondes en train de goutter… ) complètement arbitrairement, Ce fameux déroulement d’actions dit ‘en cascade’ cher au cinéma d’animation et que Caro et Jeunet ont consacrés avec ‘Delicatessen’. Et donc on attend que la chevilette bobine dans une mise en scène assez similaire à celle du tueur au couteau qui se ballade dans ton appartement au moment ou tu sors une blague raciste en petite culotte.
Bon il y a un petit clin d’œil sympatoche ( p-ê un plagiat en fait, oui , plutôt ça…) à Chuck Palahniuk avec la séquence du gars dans la piscine ( à une de ses nouvelles intitulée ‘Guts’ tiré du recueil ‘Haunted’ – publiée sous le titre ‘A l’estomac’ chez nous – cette nouvelle détient le record d’évanouissements à chaque lecture publique de l’auteur ) et puisqu’on parle du fond de la piscine justement, ça reste quelque peu le minimum syndical. S’il y a une quelque morale à détacher ce serait ‘on n’échappe pas à la mort’ ( merci les gars, à vous les studios ) tant le fait que si on échappe à notre heure, le processus fatal se répète jusqu’à ce qu’on y succombe, comme dans la vie, nous est balancé plus qu’il n’est explicité ( ' il faut briser la chaîne '...quoi ? ), on se retrouve plus en face d’une bande de gosses qui viennent de se trouver un nouveau passe-temps qu'en face de personnes impliquées dans quelque chose. Yeah.
Il m'a semblé intéressant finalement dans la narration et la mise en scène que la même situation fatale se joue et se rejoue dans des manifestations de plus en indirectes, et finalement les personnages ne le comprennent que trop tard et que, si ils finissent par mourir, c’est pour s’être ‘relâchés’ en ayant cru au premier degré ‘avoir vaincu la mort’ . On en déduit que la vie est une affaire de survie finalement, dont ‘l’intuition’ n’est que la manifestation de cet instinct conservationiste, et si on est définitivement en adéquation avec notre environnement alors on peut voir venir certaines choses , et même au bout d’un certain temps, on peut commencer à penser au bien-être d’autrui. Le film ‘Slaughterhouse five’ de George Roy Hill d’après le roman-culte de Kurt Vonnegut explicitait ce processus beaucoup mieux à travers l’histoire d’un personnage ‘bloqué à travers le temps’ . Mais il y a bien sûr également le sympatoche ‘Un jour sans fin’ de Harold Ramis avec James Belushi et le jour de la fête de la Marmotte. C’ est bien aussi.
Là-dessus je marque une pause, me disant que finalement ce serait peut-être un bon concept pour une série télé plutôt que pour une série de long-métrage. Fondamentalement, il y a un truc que je trouve définitivement puant ( ) dans le postulat de base, ‘les aventures de les gens face à la mort’. Je trouve que d’autres ( en fait LES autres, TOUS LES autres ) auteurs prennent au moins la peine de traiter la même problématique sous un mode au moins plus poétique et ce depuis la nuit des temps , et que compte tenu de la conjoncture économico-sociale du moment ça ferait même pas rire du tout ( : eh oui jeune enfant de tous pays la vie est un processus qu’on ne peut arrêter, c’est comme ça on y peut rien ; regarde toi : si tu tu meurs de faim et te tue à la tâche c’est parce que j’économise sur ma troisième villa, c’est triste mais c’est comme ça, indirectement hein, encore une fois ) mais bon le fantastique a toujours été vecteur de conscientisation. Ici, on enchaîne les idées reçues les plus conventionnelles par rapport au sujet - à se demander ce qu'il y a pu y avoir dans les autres volets - ' si on est encore vivants c'est qu'on l'a mérité ' nous lâche un des personnages, et je ne vous parle pas du sort réservé au personnage au sécuritas black, c'est juste lamentable, minable, gerbant, sa race le scénariste...: le personnage est réduit ni plus ni moins qu'à une denrée sacrifiable, leçon de l'histoire, qui sert à faire avancer le héros. Le film aurait pu être une bonne série B lui aussi, si ses auteurs ne s'étaient pas relâchés, eux non plus.
26 août 2009
'Les nerfs à vif' de Martin Scorsese

Incarcéré quatorze années pour viol, Max Cady ( Robert DeNiro ) enfin libre après toutes ces années semble bien décidé à faire payer à son avocat Sam Bowden ( Nick Nolte ) l'eveil spirituel que lui aura dispensée l'expérience carcérale. La vie de famille de Bowden commence à basculer dans la paranoia et le cauchemar du fait du harcèlement ponctuel et constant de la part de l'ancien détenu, à tel point que la confrontation entre les deux hommes apparaît bientôt comme inévitable...
Voici un film dont on peut dire qu’il est plein à rabord, et ça fait plaisir à voir. Je l’avais raté à sa sortie et ne m’y était pas intéressé plus que ça malgré l’admiration que j’ai pour Martin Scorsese : ‘Mean streets’ ‘Taxi Driver’ ‘Raging bull’ constituant les films de mes premiers émois cinématographiques. Mais quand ma cinémathèque propose de le voir sur grand écran, voici une proposition que je ne pouvais pas refuser, même si 2009 est plutôt une bonne année niveau sorties en salles. Et pour tout vous dire je suis content de l’avoir vu seulement maintenant. Film plein à rabord en effet, la mise en scène m’a semblée absolument classieuse du début à la fin même si le récit souscrit au codes du registre, la qualité de l’interprétation de la part de tous les comédiens contribue à nous faire oublier le côté chapitré de l’ensemble, Nolte est absolument formidable, Juliette Lewis surprenante et Jessica Lange n’est pas mal non plus…Robert De Niro reprend le rôle originalement tenu par Robert Mitchum -qui fait également une courte apparition – pour un personnage porté par un sentiment de revanche froid et implacable, dont le côté prédicateur fait absolument froid dans le dos tant il peut parfois toucher juste, car c’est ‘le sens de la perte’ qu’il veut inculquer à Nolte et c’est quelquechose qui concerne forcément l’homme moderne.
Je me rappelle très bien mes premières sorties cinématographiques, ou je traquais littéralement dans chaque film les séquences oniriques ou la séquence flashback pour avoir ma dose de modernité ( le fait d’avoir vu ‘Altered states’ de Ken Russell un peu trop jeune peut-être ) et sans vouloir comparer avec Oliver Stone qui n’avait pas encore réalisé ‘ Né un 4 Juillet’ ou l’effet devient littéralement syntaxe, Scorsese utilise néanmoins ici et là une petite solarisation de derrière les fagots qui n’est pas des plus malvenues, utilisée sur le mode intuitif pour les personnages ce qui fait qu’on ne s’éloigne pas trop de la réalité ni du sujet; à ce titre le meurtre du privé et de la bonne paraît ,lui ,bien plus irréel, et s'avèrant une incursion des plus efficaces de la part du réalisateur vers la série B. ‘Cape fear’ constituerait en ce sens et en quelque sorte un archétype du film académique, dans le bon sens du terme, par la tenue, la générosité et l’exigence de l’ensemble.
25 août 2009

extrait de 'Nostalghia' ( 1983 ) de Andrei Tarkovsky.
24 août 2009
'Things to do in Denver when you're dead' de Gary Fleder

Jimmy le Saint ( Andy Garcia ) s'est rangé du bussiness. D'accord ses nouvelles affaires ne vont pas au mieux mais ça va, il rencontre même une jolie nénette dans un bar qu'il aurait comme qui dirait cherché toute sa vie. Quand son ancien employeur, ' le manipulateur' ( 'The Man With A Plan' - Christopher Walken) le recontacte c'est pour lui confier un coup bien payé et pas trop contraignant, si on évite de regarder vraimend le bien-fondé de la chose évidemment, mais Jimmy réalise qu'il n'a pas vraiment le choix car son ancien employeur est en réalité l'un de ses principaux actionnaires indirect, et qu'il lui doit donc de l'argent. Jimmy a carte blanche et monte une petite équipe composée de tous ses anciens acolytes ( Christopher Lloyd, Treat Williams,William Forsythe, Bill Nunn ) mais l'affaire foire tout de même dans les grandes lignes et Jimmy doit rendre des comptes au Manipulateur. Celui-ci décide de passer l'éponge en ce qui concerne Jimmy, car il le respecte, ce qui n'est pas le cas de ses co-équipiers, sur lesquels il lance un contrat.
Sorti en salles en 1995 on pourrait croire que 'Dernières heures à Denver' est un énième film de gangsters dans le sillage de la vague initiée par Quentin Tarantino au début des années 90; en ce sens le film de Gary Fleder partage quelques similitarités avec un film comme 'True Romance' ( 1993 ) de Tony Scott ou encore ' Kiss of death' ( 1995 également) de Barbet Schroeder, à savoir une belle brochette de comédiens dans des rôles un poil caricaturaux ( c'est un peu le cas ici pour Steve Buscemi et Christopher Walkern, beaucoup moins pour Christopher Lloyd ) mais la comparaison s'arrête là. Je suis d'ailleurs resté volontairement évasif en ce qui concerne les tenants et les aboutissants de certains axes principaux du récit, tout ça pour ne pas vous spollier l'approche plutôt originale du réalisateur quand au registre de son récit, la séquence d'intro en surprendra certainement plus d'un mais n'en reste pas pour autant un des éléments principaux de l'histoire. Fleder construit davantage la structure de celle-ci en résonnances indirectes, à travers les engagements multiples de ses personnages et c'est très franchement assez réussi, même si le film reste à mon goût un poil trop centré sur la figure d'Andy Garcia - lui-même un poil trop confiné dans le rôle de l'eau qui dort, et malgré un narrateur extèrieur à l'histoire un poil trop didactique, répétant ou expliquant trop par moments beaucoup d'éléments qui se suffisent pourtant très bien à eux-mêmes ( : les liens entre Jimmy et ses potes, le final )...Mis à part ces quelques éléments qui ne vous choqueront peut-être pas après tout, vous pouvez sortir le transat et le shaker, vous vous surprendrez même probablement à faire des petits bruits avec la paille de votre cocktail : la direction, la photographie et le montage du film de Fleder est un bonheur de tous les instants.
Le réalisateur fût même un moment pressenti pour réaliser ' Torso' d'après le comics de Brian Michael Bendis du temps ou celui-ci n'était pas encore le scénariste ultra-côté de Marvel, projet qui depuis aurait été confié à David Fincher, qui lui, n'a jamais vraiment confirmé. Dommage, 'Torso' qui raconte la dernière enquête d'Elliot Ness face au soit-disant 'premier' serial-killer des Etats-Unis clotûrerait joliment un tryptique entamé avec 'Seven' et 'Zodiac'. Quand au présent film en lui-même, ne le prenez pas trop à la légère , car il va vous faire le coup de la mort.
22 août 2009
La création, camarade....

Seul survivant d'un crash aérien, après que ses comparses se soient entre-tués sous ses yeux pour la dernière ration d'eau, Edward Douglas ( David Thewlis ) est recueilli miraculeusement par un bateau qui a le mérite d'au moins contenir à son bord un médecin, Montgomery ( Val Kilmer ) en partance lui pour une île recluse sur laquelle il 'poursuit des recherches'. Après avoir remis Douglas sur pied, celui-ci lui propose de l'accompagner un temps, simplement dans le but de mieux préparer son retour, ce qui lui sera beaucoup plus facile et plus sûr depuis l'île. Mais à peine arrivé, Douglas se retrouve emprisonné dans sa propre chambre, 'pour son propre bien' lui apprend son nouvel ami. Pugnace comme tous les Anglais moustachus, Douglas réussit à s'échapper et découvre avec horreur ce qui se trame sur cette île mystérieuse, peuplée de créatures hybrides à mi-chemin entre l'homme et l'animal, fruit en réalité des manipulations génétiques de Montgomery et de son maître à penser, le docteur Moreau ( Marlon Brando ) véritable régenteur de l'île et initiateur démiurge de ces expérimentations contre-natures....Adapté du roman éponyme de H.G Wells à qui nous devons les principaux archétypes fondateurs de la science-fiction ( : ' L'homme-invisible'; ' La machine à explorer le temps ' ainsi que 'La guerre des mondes ' ) 'L'île du docteur Moreau' réalisé par John Frankenheimer jouit de la plus mauvaise réputation du monde, les anecdotes de tournage sont presque aussi mythiques que celles de 'Apocalypse now' de Françis Ford Coppola ( Val Kilmer qui aurait pourri le tournage de toutes les façons possibles - il s'amusait entre autre à réciter des lignes de texte originalement prévues pour les autres comédiens ) et la seule récompense positive lui ayant échue serait un prix pour les maquillages ( mérité ça c'est certain ) sinon c'est le florilège : plus mauvais scénario, meilleurs pires acteurs, etc... ( à tel point que David Thewlis aurait répudié le film dès la première ) tout ceci pour dire que ces mauvaises épithètes ne devraient pas vous empêcher de jeter un oeil sur ce film malgré tout, surtout vous, les réalisateurs français.
Certes il faut tout d'abord subir un générique à base d' incrustations typographiques ultra-pénibles et rédondantes, qui ravira peut-être certains graphistes de profession, qui a cependant le mérite d'annoncer la couleur au sens propre du terme. Après une ouverture sur l'immensité de la mer , ou les personnages justement régressent à un stade quasi-animal -ce qui est une belle amorce de la thématique, et l'arrivée sur l'île qui permet à la caméra de se mettre 'un peu plus en route ' et permettre à l'image de se remplir peu à peu, et bien c'est le festival dans les grandes lignes : la mise en scène se déclenche avec une fluidité sidérante, et par une suite de prolongements latéraux, comme dans un labyrinthe, nous plonge rapidement dans le bain de l'intrigue. Là-dessus vient se greffer une des plus belle photographie qu'il m'aie été donné de voir sur un écran, dont le chromatisme surpuissant nous était effectivement annoncé dans le générique. Mais ce n'est pas tout. Effectivement on peut dire que le prix du maquillage en ce qui concerne les créatures n'a pas été du tout usurpé, mais on a cependant assez minimisé l'importance de la mise-en-scène de John Frankenheimer : on se retrouve au milieu du croisement improbable entre le 'Freaks' de Tod Browning ( dont les excenticités vestimentaires détonnantes du personnage de Brando apportent en quelque sorte la touche finale au côté déjanté de l'ensemble ) et les meilleurs moments de la première série de films sur ' La planète des singes ', notamment dans les scènes d'action ou le réalisateur nous sort un ou deux grand-angle ni vu ni connu, ce qui vient encore souligner la dernière référence et donner du corps à l'action. On saluera la performance de Daniel Rigdley dans le méchant animal de service, et l'on sait également que Ron Perlman et Mark Dacascos se balladent eux aussi dans le décor . On regrette en fait que ces somptueux décors justement ( le ghetto des hybrides notamment ) et ses situations n'aient pas été utilisées un soupçon davantage, car malgré la qualité de l'ensemble, il nous reste une impression légère de survol.
C'est un peu la même impression en ce qui concerne le récit, qui sacrifie quelque peu sa thématique au chapitrage, légitimé peut-être par une certaine fidélité envers le roman original. Mais contrairement à d'autres films ( français ), il n' y a pas un seul segment qui soit bancal en tout cas, ne serait-ce que grâce à un jeu discret sur les échelles de plans qui évite de nous faire sentir le côté rapiécé cher à nos productions locales et à leurs critiques aimants. Ce qui me fait dire que ce film n'a certes pas mérité les torrents d'insultes qu'on lui a balancés, surtout au regard des productions contemporaines ( suivez mon regard ) il me semble que le travail de réalisation de Frankenheimer tient encore, plutôt, fichtrement la route. J' en profite pour ajouter que je n'ai pas tant vu de films de Frankenheimer, mais j'en ai vu au moins un qui vaut largement pour beaucoup d'autres, que je vénère absolument, j'ai nommé ' Seconds', avec Rock Hudson dans le rôle principal. Et si tu ne l'as pas vu ami lecteur, sache que tu me remercieras au point de construire un temple en mon honneur, car ce film changera ta vie. Tourné avec un noir et blanc des plus somptueux, 'Seconds' raconte l'histoire d'un homme qui souscrit à la proposition d'une mystérieuse organisation ( ' Seconds' ) qui offre la possibilité à ses adhérants de changer de vie, mieux : de devenir carrément ce qu'ils ont toujours rêvés d'être. Ainsi notre héros meurt pour ses proches mais commence en secret sa renaissance : nouveau visage ( Rock Hudson ), nouveau métier ( artiste-peintre ) nouvel environnement mais, car il y a toujours ( souvent, enfin pas tout le temps mais quelques fois; vous m'excuserez je dis ça pour pas brusquer mon poussin d'amour à moi qui à une nature douce et sensible ) un mais. 'Seconds' brasse douloureusement la thématique du libre-arbitre versus le déterminisme, en effet, qu'est-ce que l'humain a d'autre à foutre sur Terre à part être humain ? Mais non , chassez le naturel, il reviendra peut-être au galop , ce qui, rejoint en ce sens la thématique de ' L'île du docteur Moreau '. Faut-il vraiment devenir ce que nous sommes ? Sommes-nous vraiment ce que nous sommes devenus ? Malheureusement, nous n'aurons pour toute réponse que Marlon Brando qui sort plan-plan à table sa tirade pseudo-méta-physique de savant-fou - mais assumé, et d'ailleurs c'est aussi cela la science: parler devant des mets délicats et des boissons rafraîchissantes des minorités exploitées qui ne nous laissent pas le choix non plus. Aussi devrons nous nous contenter d'images d'actualité contemporaines pour le générique de fin, qui viennent corroborer le postulat des chromosomes du générique d'ouverture. Si vous avez raté ce postulat, je vous conseille un revisionnage plus attentif du générique, au ralenti s'il le faut, ou on entend très distinctement les chromosomes qui ...
20 août 2009

19 août 2009
Reprise

Bonjour à tous,
il sera aujourd’hui question de miracle. Cinématographique bien sûr. Comme quoi tout arrive. J’en parle en ces temps d’émulation qui sont les nôtres avec l’édition en dvd du film de Frank Henenlotter ‘ Bad biology’ grâce à l’équipe intrépide de Mad Movies, mais aussi en ayant à l’esprit le fabuleux article du Dr Devo ( dont j’idolâtre le travail vous l’aurez sûrement remarqué, ainsi que celui de toute l’équipe du blog ‘Matière Focale’ d’ailleurs ) qui parlait avec la fougue et l’emphase qui le caractérise, à propos de son propre miracle personnel, le film ‘ A night to dismember’ de Doris Wishman ( que vous pourrez trouver ici : http://www.matierefocale.com/article-4199046.html ).
Sur le coup je vous avouerais avoir été jaloux comme à chaques fois que le bon Docteur nous sort une perle venue de nulle part. Tout dépend bien sûr à quel moment de la vie cela nous arrive, notre quotidien étant jonché de bonnes surprises similaires qu’il ne tient qu’à nous de considérer. Je me rappelle tout à fait quelles bombes furent à mes yeux des films comme ‘Blow-up’ d’Antonioni, ‘ZOO’ de Peter Greenaway, ‘Naked lunch’ de David Cronenberg, ‘Wild at heart’de David Lynch, ‘Les idiots’ de Lars Von Trier, ‘Kids’ de Larry Clark, ‘ Careful’ de Guy Maddin, ‘Julian donkey-boy’ de Harmony Korin…Véritablement quelquechose qui vous chuchote à l’oreille ‘eh bien non vous n’êtes pas seul’…Un des exemples les plus constituants fût également le mythique épisode du sac plastique dans ‘American beauty’ de Sam Mendès. Un exemple ou un cinéaste tape tout à coup très juste en terme d’universel ou peut-être d’inconscient collectif. Cinéphage je l’étais peut-être, mais avec ceci, je décidais d’en faire une vocation c’était certain. A travers ce sac plastique en train de virevolter et dont la poésie nous était soulignée par le regard de l’artiste, je décelais tout un autre univers possible remplis de films du même genre, encore à découvrir, peut-être même encore à faire. Et c'est sans aucun doute un de ceux-là que Andy Wholley a réalisé, avec ‘Left ear’ ( 2007 ) découvert en ouverture de l’édition 2008 du LUFF. Bien sûr j’en ai déjà parlé à cette occasion , mais peut-être pas comme j’aurais dû. J’ai sûrement dit que c’était un film magnifique mais bien entendu ce n’est pas suffisant.
‘Left ear’ est donc l’histoire de Boré, qui vient d’emmigrer en Australie avec sa maman depuis leur Pologne natale. C’est ce qu’il nous explique depuis des enregistrements d’après lui-même, ça et d’autres choses, en particulier que tout arrive. Et plus préçisément encore, l’histoire d’un amour qui a changé sa vie pour toujours, l’histoire d’une passion entière, totale et ultime avec Lorna..euh non .. Loretta ? Bon bref. Sincèrement il n’y a pas besoin d’en savoir davantage. Au fur et à mesure que nous est dépeint le quotidien de Boré, on ne cesse de naviguer sur des trésors de finesse, d’humour et d’intelligence, tous alliés à des adéquations de mise en scène à chaque fois toujours très humbles, en adéquation parfaite avec le propos. La caméra est la première révélation dans la vie de Boré, grâce à elle, nous percevons le monde comme lui le ressent, et le film décline ce dispositif sous toutes les coutures afin de nous accompagner dans la découverte de cette subjectivité, allant jusqu’à inclure toutes les qualités du support numérique : pixellisation, rembobinages, raccords abrupts ainsi que l’éventail complet de la gamme des effets, à tel point que je peux vous certifier que nombre de spectateurs ont crus à un problême de projection et de pellicule ! Si ce n’est que ces altérations collent au propos avec une justesse véritablement à pleurer... De plus le réalisateur utilise d’autres points de vue dérivés ( caméras autres que celles de Boré : surveillance, etc… ) ce qui produit encore un décalage des plus savoureux entre le point de vue intérieur de Boré et son actualisation dans la réalité extèrieure -la voix-off faisant office de passerelle, on est jamais définitivement perdu. Pire, si l’on souscrit au propos et qu’on s’y accroche véritablement jusqu’au bout, car le fond du récit contient une base eminament transgressive, pas trash comme les films de Richard Kern mais suffisamment pour en décourager plus d’un, on se retrouve au final avec un récit d’une puissance et d’une profondeur absolument inouie. C'est comme après avoir lu un paragraphe de n'importe quel essai de Georges Bataille, après le dernier point vous réalisez que vous êtes plus âgé de cent ans. Le cliché des petites productions qui vont plus loin que les grandes n'est pas usurpé; le film d'Andy Wholley est un film dense et généreux, ou la volonté de dire surpasse manifestement tous les impondérables, et ose nombre de choses que j'ai personnellement toujours rêvé de voir sur un écran. Je vous laisse ici le lien du site officiel encore actif, ou vous pourrez apercevoir quelques photos, un court extrait ainsi que l’occasion de découvrir sa fabuleuse bande-son :
http://www.leftearmystery.com