glamorama_2Glamorama est un roman de fiction écrit par Bret Easton Ellis, publié en 1998.Il narre l'histoire d'un jeune modèle américain, Victor Ward, entraîné malgré lui dans un complot mêlant politique et terrorisme entre New-York et l'Europe.Glamorama est le roman de Bret Easton Ellis qui pousse le plus loin l'aspect schizophrénique et paranoïaque caractéristique de l'auteur. Il montre la société de consommation en citant beaucoup de marques réelles.( sources : Wikipédia )

' Agaçant' nous dit Christophe Le Mercier de 'Le Point' au dos de couverture - je chipote, tout le reste est élogieux. Le problême avec Bret Easton Ellis c'est que tout le monde voudrait être Bret Easton Ellis à la place de Bret Easton Ellis - demandez à Frédéric Beigbeder - : propulsé à environ 21 ans sur le devant de la scène littéraire américaine avec son premier roman 'Less than zero', nul autre que lui ne s'est aussi bien aproprié les thêmes de la fin du XXe siècle, le matérialisme à outrance générant des individus de plus en plus déshumanisés, toujours plus à la recherche de leur humanité justement, ou toujours moins, c'est selon...' The rules of attraction', son second roman, sans connaître le même succès immédiat que le précédent, asseoit la maîtrise et la maturité de son auteur, à tel point que c'est a posteriori que le public prend conscience de l'ampleur du talent visionnaire de l'écrivain, puisque c'est l'avenir qui lui aura en quelques sorte donné raison, notamment grâce au parcours entre temps de gens comme Gus Van Sant et Larry Clark, et avant que ' The rules of  attraction' ne soit adapté avec succès - et emphase surtout- c'est là où l'on ne l'attendait pas qu' Ellis va finir de s'imposer avec son troisième roman, 'American psycho' qui deviendra instantanément culte et ira s'inscrire au panthéon des grands livres, dans la filiature directe de chefs-d'oeuvres comme 'L'étranger' d' Albert Camus, auquel Ellis doit certainement beaucoup - à l'époque on le qualifie même d'écrivain 'minimaliste' , en l' intrônisant du même coup chef de file d'un nouveau mouvement littéraire du même nom, sans doute à cause de son emploi de la forme courte pour ses chapitres autant que par confusion avec ses thèmes ainsi que leur traitement, où l'écriture semble aussi désabusée que les personnages.

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Or avec 'American Psycho' le critique en sanglots est obligé d'admettre qu' Ellis est en réalité un naturaliste de la plus classique des factures, simplement nul autre que lui n'a aussi bien retranscris le quotidien, le superficiel duquel l'action n' émerge que comme bribe à extraire du torrent de la banalité générale ;en un mot la grande quête littéraire absolue dans toute sa splendeur trouve grâce à Ellis son accomplissement, dont tout le monde avait l'intuition sans parvenir à lui donner forme pourtant : l'illusion de la réalité au plus près de la réalité, le chaos du monde à travers lequel l'homme navigue et finit par se définir, l'un et l'autre virtuellement irracontables, incompréhensibles, s'ils devaient être dissociés, voici de quelle trempe, de quelle envergure est l'oeuvre de Bret Easton Ellis.

Entre ' American Psycho' et ' Glamorama' s'inscrit le recueil ' Zombies' ( ' The informers', dont l'adaptation cinématographique n'a toujours pas franchi nos frontières ), ensemble de nouvelles antérieures à 'Less than zero' et qu'Ellis a publié pour avoir la paix avec son éditeur, ayant pris du retard sur la finalisation de ' Glamorama', véritablement le second magnum opus de l'auteur. Suivra enfin ' Lunar Park' qui montrera l'auteur à moitié éreinté par le demi-succès de 'Glamorama' -ainsi que par d'autres problêmes également - dans une semi-autobiographie proche de ' Mickelsson's ghosts' de John Gardner, ( pas le remplaçant de Ian Flemming sur James Bond, non, celui qui fût le maître à penser de Raymond Carver à ses débuts ) dernier ouvrage  de celui-ci avant sa tragique disparition accidentelle. Avec ce procédé semi-autobiographique, Ellis boucle la boucle et semble à même de reprendre un second cycle, avec l' imminent ' Imperial bedrooms', sorti cette année aux Etats-Unis, où il met en scène, vingt-cinq ans après le héros de 'Less than zero'. Qu'est-ce que je disais ? ' Glamorama' reprend le feu sacré stylistique incandescent dans 'American Psycho' où il l'avait laissé  -pour ses cent -trente premières pages - nous montrant la dégringolade sociale de son héros à vitesse V V'. 177045Un nouvel objectif, une nouvelle piste ensuite où l'auteur surnage en bétonnant les doigts dans le nez son intrigue ( sur un bateau ). Puis c'est le miracle, le feu d'artifice, le personnage apprend que l'on peut toujours tomber plus bas tandis que le style d'Ellis atteint des sommets : dans toute la partie finale, Ellis préfigure à la fois le 'Fight Club' de Palahniuk dans sa thématique aussi bien que dans le style narratif de son auteur ! Qu'on le veuille ou non, 'Glamorama' s'imprime sur pellicule sous nos yeux et ce qui finit réellement d'impressionner c'est la distance et l'aisance avec lequel l'écrivain passe d'un registre à l'autre, ainsi que sa maîtrise et sa compréhension de ceux-ci : le final se situe ainsi dans la rencontre improbable du Godard période 'Pierrot le Fou' avec le 'Salo' de Pasolini; c'est bien simple, si Ellis était réal il serait à la fois Mark Evans et Gregg Araki...