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Il semble que John Frankenheimer n'a pas laissé un souvenir dans la profession à la mesure de ce que l'on attendait de lui, ou bien est-il encore méconnu à cette heure-ci ? Pour ma part je n'ai pas vu assez de ses films pour pouvoir faire pencher d'un côté ou de l'autre la balance de l'Art ou du cochon, mais en même temps je veux bien mourir à l'instant si je laisse un jour derrière moi ne serait-ce qu'un film comme 'Seconds'.

Arthur Hamilton est un vieux monsieur qui a perdu goût à la vie quand il rencontre tout à coup une vieille connaissance censé être décédé depuis dix ans. C'est le début d'un bien étrange périple pour lui, dans les rangs d'une société mystérieuse simplement dénommée la ' Compagnie' qui va lui offrir ce qu'il n'osait plus rêver: une nouvelle vie...

'Seconds' s'est ramassé au box-office, mais a peu à peu trouvé son public au fil des décennies; je passe sur la suite du récit pour vous laisser la surprise, un déroulement comme vous en retrouverez peu, accroché à sa thématique par une mise en scène pertinente, avec une intrigue qui rappelle l'atmosphère des histoires qui font peur comme l'oncle Alfred en avait le secret : ces nouvelles courtes, bien ficelées, sans fioritures, à l'origine de tant de chefs-d'oeuvres cinématographiques si elles sont placées entre de bonnes mains et je vous assure que c'est ici bien le cas, la photographie noir et blanc est absolument somptueuse et chaque plan nous murmure je suis le gros orteil gauche d'Orson Welles - par courtoisie car le fait est qu'on ne peut juste pas ne pas s'en rendre compte...