touteunenuit3

...film choral suivant davantage le ballet de l'amour que celui des êtres. Tantôt celui-ci leur apparaît insoutenable, impensable, inenvisageable, tantôt il agit comme par contagion, il se répand dans l'air et donne des idées à tous ceux qui sont autour, tantôt il conduit juste un peu plus vite aux impasses que l'on ne pouvait à peine toucher du doigt. Réciprocité dans un sens, dans l'autre, a non pas celui-là, le film ressemble à une longue improvisation théâtrale, dont la ville de Bruxelles fournit l'unité de lieu et la nuit, une seule nuit en réalité, l'unité de temps. La réalisatrice Chantal Ackerman agence  les circonvolutions de cette valse aux retrouvailles et aux adieux avec un sens de la composition qui pousserait n'importe quel photographe amateur à s'immoler par le feu, conduit et chorégraphie avec brio ses petites scénettes vers ce qui peut, ou ne pas être, un des moment clés de l'existence. Qui sait comment tout cela va-t-il finir ?