images qui bougent

blog de discussion, publications d'articles sur le cinéma, le théatre, la littérature et la bande -dessinée...

30 mars 2009

Vous reprendrez bien encore un petit peu d'évasion ? ( suite et fin)

01751436_photo_affiche_mesrine_l_ennemi_public_n_1

(...)

Ce respect de certaines règles étant le même qui lui fait choisir ses acolytes, et de se faire respecter par eux, c'est pourquoi la scène avec le journaliste dans le deuxième volet est très importante: Mesrine se voit comme un homme d'honneur et ne supporte pas la diffamation, surtout celle qui l'assimilerait aux dirigeants d'un systême qu'il méprise. Mais il n'en reste pas moins non plus pré-occuppé par sa propre image, ce qui fait que ces mêmes collègues ont un peu du mal à le supporter très longtemps, il apparaît tantôt comme un beauf, tantôt comme inadapté, bien forcé d'admettre qu'il a des lacunes ( la scène de repas avec Matthieu Amalric, la rencontre avec Gérard Lanvin, qui avec son accent lui annonce que s'ils s'étaient rencontrés plus tôt en Algérie, etc...) et que certaines de ses positions, ou tout simplement son mode de vie ( l'argent, les femmes ) ne sont pas tenables. Le film prend alors une direction audacieuse en nous montrant que c'est le personnage qui est en train de naître à lui-même, en s'apprêtant à prendre le maquis.

La mise-en-scène de Jean-François-toujours-pas-Jean-Luc-Richet et ses choix de réalisation sont pour le moins surprenants de bout en bout, ou celui-ci se pose en tant qu' auteur et aussi bien en tant que faiseur . Etant une production de Thomas Langmann disais-je, ON NE PEUT PAS espérer quelque chose de sobre et donc on se retrouve en face de quelquechose qui veut s'exporter et prouver qu'il peut jouer dans la cour des grands ( le cinéma de Martin Scorcese en première ligne, très certainement, aussi bien que le blockbuster lambda ) ce qu'il fait plutôt bien par ailleurs, les scènes d'action sont plutôt réussies avec une mention pour l'évasion au Quebec faisant penser à un film américain, et les braquages de banques qui eux font penser à un film français, moins démonstratifs evidemment. C'est peut-être moi qui aie un problême: un film qui se passe dans les années 80 en France, ça devrait sentir le HLM ou au moins balancer du Renaud en fond..mmh mais non, trop risqué; quoi qu'il en soit on ne peut pas dire que ce ne soit pas bien construit, voire même très bien : passée l'ouverture du générique, on commence au plus près de la subjectivité avec une image décadrée et d'emblée d'un chromatisme appuyé qui ne nous quittera plus et le film ne cessera dès lors de se dérouler dans un élargissement continu de son cadre; on ne s'aère pas tout de suite, avec le retour en France et ses débuts dans la criminalité qui se déroulent la plupart du temps en nocturne et dans des intérieurs aux lumières savamment travaillées. On prend un tout petit peu l'air avec les vacances de Jacques et sa rencontre avec sa première femme, et ce chromatisme dont je parlais tout à l'heure qui ne nous a pas lâché donc depuis les bordels parisiens jusqu'à cette chambre d'hôtel, se ré-affirme ( en guise d'adieu ) sur un plan serré du visage de la jeune femme, sur fond entièrement bleu, ce qui m'a plongé dans des abîmes de perplexité analytique. Vraiment.

L' espace d'un instant j'ai cru avoir changé de film et me suis demandé s'il y aurait d'autres moments comme celui-ci; j'étais vraiment tout à fait curieux à ce moment-là, et longtemps après le visionnage de cette première partie je suis resté à me poser des questions sur ce plan, dont il n'y eût par la suite plus de semblables : on commence à vivre en plein jour, Jacques a un boulot jusqu'à ce qu'il replonge. Il y a quelques brèches de ciel ensuite et on alterne jour et nuit tout tranquillement : rencontre avec sa deuxième compagne, et départ pour le Canada ou on commence à se retrouver à ciel ouvert, puis véritablement en plein air au moment de l'évasion. Mais ce chromatisme-là, radical, pleinement subjectif, plus de nouvelles.
N'aurait-ce pas été plus légitime à la rigueur que ce soit Jacques que l'on voie sur fond orange, violet, rouge et vert avant son disjonctement définitif de personnalité dans les prisons du Quebec ? -encore que, sur fond vert ce soit déjà un peu le cas, au début, dans cette cave d'Algérie, et ce sera encore le cas dans la deuxième partie, dans la grotte ou il fracasse le journaliste, ce qui me fait avancer l'hypothèse d'une structure narrative en symètrie, à exacte ( en tout cas pas loin ) proportions inversées en terme d'alternance intérieurs /extérieurs et d'unicité par retours chromatiques. Je n'ai rien contre l'application d'un tel principe, et vous m'en voyez même fort impressionné, je dirais juste que c'est un choix , qui pourrait s' opérer sur n'importe quelle autre figure que celle de Mesrine, et qui me ferait dire que c'est davantage un film de Jean-François Richet qu'un film sur Jacques Mesrine si ce n'était ce fameux plan sur fond bleu, mais cette fois il serait davantage question de ces sortes d'images qui n'appartiennent définitivement pas à l'Histoire...

Posté par sigismund à 20:31 - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


29 mars 2009

Vous reprendrez bien encore un petit peu d'évasion ? (1)

mesrine_instinct_de_mort_5

Après la bagarre comme d'habitude mais toujours mieux tard que jamais, en avant donc à propos d'un chef-d'oeuvre contemporain prévu pour la cérémonie à la fin de l'année; produit par Thomas Langmann dont j'ai très envie de dire du mal mais force est d'admettre qu'il fait juste son boulot et rien que son boulot ( quand on lui a reproché son approche sur 'Astérix' on a en fait découvert qu'il ne faisait pas du tout dans le nivellement par le bas, mais au contraire pour tous les publics, animaux compris ) et réalisé par Jean-François Richet ( jusqu'à la dernière minute, en revoyant mes sources pour cet article, j'ai cru que c'était ' Jean-Luc' et non 'Jean-François'...' Jean-Luc Richet' c'est nettement plus subversif, non ?...donc très bien, parlons un petit peu de vous alors ) avec Vincent Cassel que le public n'aime pas ( ? ) dans le rôle principal de Jacques Mesrine, sa vie, son oeuvre, toutes ressemblances avec des faits ayant déjà existés ont de très grandes chances d'être fortuites, on est au cinéma les mecs.

Je n'avais jamais entendu parler du personnage si ce n'est de la bouche de mes camarades qui ont commencés à regarder les infos bien avant moi ( pourtant j'ai des souvenirs très préçis des années 80 : Dalida, Jacques Martin, RTL ...) dans la voix desquels je pouvais percevoir respect et admiration, mais comme ils me brimaient, c'est assez difficile de se faire un avis. Ce n'est que plus tard, ou je suis tombé sur un documentaire que je pense tout le monde a vu, et encore c'était la fin - et je dois dire que ça m'a fait son effet- ou Mesrine se sentait de plus en plus acculé et ou on entendait une bande magnétique qu'il avait laissé à l'attention de sa fille. Après c'est les policiers, tous très contents après le déploiement quasi-militaire de ce que l'on a nommé comme une éxécution ( ce qui nous a valu par contre un grand moment de bravoure et de cinéma, dans ' L' enemi public n 1 ' le deuxième volet, sur les coulisses de ce dispositif ce jour fatal, avec les flics cachés dans les boites aux lettres et des dialogues pleins d'émotions et de pudeur aussi : ' Allo Gégé...tu me reçois ? ' et 'Gillou...Gillou, nom de Dieu qu'est-ce que tu fous ?' ) et ou j'appris que Mesrine était plutôt un 'tueur de flics', ce qui tout de suite déplace un peu le débat.

Apparemment Jacques Mesrine défiait l'ordre public un peu plus que le Mesrine-la-frime que ce que ces messieurs essaient de nous proposer : une réplique par-ci au tribunal sur le gouvernement et la politique ( promesse d'évasion électorale ), un peu moins bien que Léo Ferré, qu'on aurait pu au moins montrer genre aux actualités ( si on est VRAIMENT pré-occuppés par la censure ) qui lui disait plus ou moins à la même époque : ' Le désordre, c'est l'ordre sans le pouvoir'.

Il semblait pourtant que le public considérait Jacques Mesrine pour son esprit de révolte, alors est-ce l'opinion qui l'a discrédité, ou bien était-il le psychopathe jusqu-au-boutiste qui allait jusqu'à tuer tous ceux qui pourraient le reconnaître partout ou il passait déguisé comme on l'a également dit, il est certain que le  film contourne assez bien toutes ces questions: on a aucune sensation de ce que c'est que la clandestinité, ça a même l'air assez peinard, et la violence est toute sublimée par une rétrospective sobre et racée du cinéma d'action des années 70 et 80, d' Eastwood aux séries tv françaises de l'époque. Il m'a semblé pourtant que Vincent Cassel incarne le personnage assez incroyablement, tellement certaines mimiques montrent à quel point il peut-être habité, et on aurait adoré voir la même ampleur de travail déployé sur le physique et la gestuelle également du coté de la voix - je pense à la scène d'enregistrement de la bande-vocale pour sa fille, qui a été reprise justement.

L'esprit de révolte pourtant on nous en parle, avec ce que Mesrine appelle son ' devoir d'évasion', entendant par là ce que déjà chaque être humain se doit à lui-même et en tant qu'être humain également, et de façon vraiment définitive à la fin du premier volet; mais le propos reste évasif, trop discret par rapport au temps imparti aux scènes d'actions. Il est certain que la haine de l'autorité s'est amplifiée chez Mesrine après son passage dans les prisons ultra-sécuritaires du Canada ( très bien rendue en un mouvement de caméra ) résultante directe pas seulement du choix de vivre dans la criminalité, mais surtout du fait d'armes, au début de la première partie, pendant la guerre d'Algérie. L'insubordination nous est montrée comme la nature constitutive du personnage, à travers un épisode ou celle-ci est posée comme ' acte fondateur', qui lui vaudra d'être démobilisé, mais qui va le définir pour nous puisque c'est le moment ou Mesrine naît à l'écran comme étant quelqu'un qui obéit à un certain code de l'honneur par-dessus toute autre règle. Ce trait constitutif sera repris bien des fois par la suite, avec l'épisode de la prostituée de retour en France, et encore lors de sa première arrestation avec le policier Brossard, à savoir carrément un certain esprit chevaleresque.

(...)

Posté par sigismund à 18:23 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 mars 2009

L'amour au temps de la science-fiction

cloverfield

Bon, je me retiens de rire un instant, et j'avoue que la bande-annonce en son temps m'avait fait son effet, seulement voilà les auteurs n'ont pas pu s'empêcher de vouloir faire les malins: en début de film les lettres s'inscrivent sous nos yeux tchik tchik tchik ' dossier gna gna nous avons trouvé le document ci-joint en ce lieu qui fût Central Park...' Avouez que l'effet aurait été dix fois plus grandiose : alors voilà on est à la soirée de Rob qui va bientôt partir pour le Japon, y a plein de monde , ycompris la petite Marlène -moi aussi je l'ai repérée -, et soudain c'est le drame, tout bascule, le gros (...pardon ) qui tient la caméra m'annonce qu'en fait Robbie a couché avec machine mais faut pas le dire, et ok woaw mais y a plus de bières surtout et alors là re-soudain c'est le drame et re-tout bascule c'est la fin du monde...enfin une invasion extra-terrestre c'est presque pareil,... mais tu nous dis pas dès le début que Central Park y va mourir s'te plaît.

Vous l'aurez compris, je fais semblant de faire le méchant, de faire l'énervé, je dis tout ça mais je le pense pas vraiment.
Il se trouve que j'adore les films indépendants et j'adore encore plus de les voir se faire récupérer maintenant qu'ils ont entre guillemets 'faits leurs preuves' et qu'ils vont pouvoir servir de vecteur à n'importe quelle daube, 'faut que ça aie l'air indépendant c'est plus nintelligent'. La grande force de ce projet est donc de nous montrer un film catastrophe, une invasion extra-terrestre, racontée d'un point de vue subjectif, sous des airs de documentaires amateurs, et ce Mesdames et Messieurs les Jurés au moment ou sortait également ' Rec' qui abordait lui, de la même façon, le registre fantastique.

blair_witch_project_movie_image_01
( oh mais dites-moi ma p'tite dame vous êtes toute bleue, quelque chose qui ne va pas ?...)

Je ne sais pas d'ou est venu ce regain d'intérêt pour l'emploi du style documentaire, mais ça relève comme chacun sait du phénomène de société; et en effet à un moment donné celui qui porte la caméra choisit toujours entre celle-ci et sa survie. Etonnant non ? Quelle drôle d'idée. Qu'on ne vienne pas me dire que sinon il n'y aurait pas de film parce qu'il me semble au contraire qu'on pourrait raconter beaucoup et bien en usant intelligemment des ellipses que produisent l'arrêt et le redemarrage de l'outil.Peut-être même trois trilogies en une seule fois, ce qui je trouve est un point à considérer... Néanmoins force est d'admettre que le récit se suit assez allègrement pour un film en caméra portée, très lisiblement même, avec les plans lointains ou plus près suivant le degré d'émotion. A ce titre 'Cloverfield' joue doublement de façon sympatoche avec le support caméra ( en insistant sur son côté domestique, c'est d'ailleurs très intéressant... ), tiens ouais sympatoche... comme les comédiens aussi...surtout la petite dont je parlais au début, c'est pas ma faute si elle ressemble à Marion Cotillard et cela nous fournit à moi et ma tribu quelques minutes d'évasion au milieu de cette bigoterie de plus en plus insoutenable.

Quoi d'autre, ah oui, les extra-terrestres, mélange de 'Alien' et de 'Starship Troopers' , l'équipe créatrice reconnaît volontiers l'influence des films de monstre japonais ( ) et avoue modestement avoir voulu générer une icône de la même ampleur que 'Godzilla'. Je me permets de demander si c'était vraiment la peine autant d'argent investi juste pour tuer le caméraman ( vous savez, juste avant d'y passer il fait 'oh oh...' )

- Cut. Le standart est surchargé, partout des quatre coins du monde 'Sig, fais-gaffe t'es à bout...'
et moi 'je sais je sais' que j'fais ' mais les gens ont le droit de savoir'...

18957680

Il n'y a pas une nuit vous savez sans que je pense au 'Ed Wood' de Tim Burton, même si force est d'avouer, que je n'ai pas vu tant de films de ce mauvais génie que ça. Mais cependant peut-on faire plus bel hymne à la liberté, à l'expression ? Et je n'en finis pas de me demander pourquoi cela n'inspire pas plus de monde, et je me fais mon film tout seul n'est-ce pas ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit après avoir terminé - ENFIN ( rire hystérique et dément prolongé ) - le dyptique de Philippe-José Farmer,'Comme une bête' et 'Gare à la bête', qui ne sont pas les livres de lui que l'on trouve le plus facilement en bibliothèque je ne vous le cache pas, et qui racontent les aventures d'un privé has-been aux prises avec de mysterieux vampires, le tout dans un cadre écologique bouleversé ( 1968 ).

( 'Un pied monstrueux' -Télérama )

car en effet, Philippe-José Farmer est connu pour avoir rajouté à la science-fiction classique une dimension comment dire pornographique. C'est un premier point, qui n'enlève cependant rien aux enjeux dramatiques du récit; il est vrai que je me réfère ici uniquement à la traduction française qui elle, renvoie à un postulat très kafkaien qu'on trouve à la dernière page de 'Le procès'. Du cul du cul du cul certes il est vrai, mais on signalera pourtant que depuis Farmer, peu se sont risqués à monter la barre à moins de privilégier un registre pour l'autre, ce qui est bien dommage; et le cul, appellons-le désormais comme ça, se révèle un vecteur assez imparable pour permettre à l'auteur de dépoussiérer les thèmes habituels de la science-fiction et du fantastique : univers parallèles, monstres classiques ( vampires, loups-garous ) cohabitent et s'inter-connectent joyeusement dans un formidable tour de force narratif, une synthèse absolue des registres effectuée par Farmer ( et qu'il ré-utilisera dans un autre fabuleux roman dont j'ai déjà parlé dans ces pages: 'Chacun son tour',' The other log of Phileas Fogg' qui lui serait davantage tout public et ferait AUSSI un film époustouflant). Et dans le mouvement, j'en profite pour attirer votre attention sur deux romans de Richard Brautigan, eux aussi des références incontournables, qui dynamitent avec un brio devenu légendaire les canons des registres ou ils prennent part, et qui feraient tous deux également des longs-mètrages absolument incroyables, mais qui fourniront aussi de savoureux moments de lecture si vous le voulez bien.

iotb_f2gare_bete_kellek

arton1694IMG_833

Posté par sigismund à 08:51 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 mars 2009

'tention la tête

chrysalis2
Curieux et motivé, voilà quelles étaient mes sentiments à l'idée de visionner 'Chrysalis', film de science-fiction français réalisé par Julien Leclercq dont c'est ici le premier long-métrage, juste après un premier court ( ' Transit', réalisé en auto-didacte; vous vous trompez il n'y a aucun ressentiment dans ma voix ), OUI CAR IL FAUT VOIR DE LA SF, ET EN LIRE AUSSI...
David Hoffman ( Albert Dupontel ) voit mourir sous ses yeux sa collègue et femme des mains d'un enculé de bâtard de criminel au nom russe. Quand ses supérieurs lui apprennent que celui-ci a mystèrieusement refait surface, Hoffman ne se fait pas prier, mais doit quand-même aussi se coltiner une équipière toute droit sortie des bancs de l'école de police, c'est comme ça avec les supérieurs, y peuvent pas vous faire que des cadeaux ce serait trop facile. Ce qu'il comprend encore moins c'est qu' aussitôt avoir remonté la piste et capturé le méchant, il est immédiatement écarté de l'affaire...Pendant ce temps, dans la nuit de la ville du futur, des gens disparaissent et ré-apparaissent mystèrieusement,..changés.

Bien, ça m'apprendra.

Le seul problême que j'ai avec ce film c'est qu'il m'a menti comme les autres, en se faisant passer pour un film justement ( être distribué en format dvd, c'est ça qui m'a le plus blousé ) alors que c'est en réalité un produit. Monochromie bleutée pour l'image, avec une photographie impeccable pour montrer qu'on est bien dans le futur; même genre de connotations inédites pour les parti-pris narratifs : dialogues laconiques parce que le demi-mot est censé renforcer l'atmosphère mystèrieuse qui règne ici. A quoi bon s'entourer de comédiens aussi prestigieux si c'est pour rien leur faire dire ? Les rôles féminins sont des rôles de façade, avec une mention toute spéciale pour la scène dite 'des cicatrices', référence du genre elle aussi, ou là on se demande si le film est écrit tout court. Le plus dérangeant c'est qu'on finit par ne pas percevoir les enjeux de l'histoire, qui nous sont balancés au gré d'une réplique au lieu d' être utilisés pleinement, le réalisateur - ou l'école dont il semble faire partie - semble nous dire 'tirez votre plan avec ça, moi j'ai mes quotas : dans deux minutes, faudra pleurer, après c'est baston..', privilégiant ainsi le moment visuel, la prouesse technique ( le mouvement de caméra subjectif de l'ascenseur qui monte les étages, il n'y a que dans un réflexion portant sur le traumatisme qu'on trouve une allégorie pareille, amorcée en début de récit par un cygne s'ébrouant sur l'eau et par la Tour Eiffel derrière un banc à la fin ; idem pour la séquence de Marthe Keller avec les hologrammes -tenez elles sont passées là les thunes ) au dépends de...de ? Julien Leclercq c'est à vous que je parle, tu me dois 20 balles...

Chrysalis_wallpaper

Car il se passe beaucoup de choses dans le film, qui auraient nécéssitées qu'on s'y attarde autrement parce que sinon on s'en fout : la tragédie du héros, ainsi que ce qui lui arrive -blessures, changement d'état...- passe anecdotiquement, de même tout ce qui tourne autour de la 'machine infernale', le deuxième ressort de l'histoire... Pourtant avec un tel concept, 'Chrysalis' anticipe ( cocorico ) celui de la nouvelle série de Josh Wedon ' The dolls house', quand -même...bon l'idée est en fait une énième variation que l'on a pu trouver chez les pionniers de la s.f, de Philip K.Dick ( 'Total recall', 'Paycheck' ) jusqu'à William Gibson, dont on a tiré l'EXCELLENT 'Johnny Mnemonic' d'après la nouvelle éponyme.
Mais à part ça j'ose avancer l'hypothèse que 'Chrysalis' fournirait la trame d'une bien bonne série tv, si les éléments qui constituent son récit avaient au moins la place de se déployer, on éprouverait ainsi quelquechose pour les personnages ( le traumatisme et le thème de la reconstruction de soi, la performance de Dupontel est aussi à saluer, ou son personnage toujours au bord de l'implosion aurait presque trouvé un cadre à sa mesure ) et pour l'histoire ( la manipulation de masse, le fanatisme, seulement évoqués ) car le long-métrage s'empêtre dans les différences d'échelle de son propos, accumule les maladresses scénaristiques pour retomber là ou ça l'arrange ( wesh c'était un peu l'arrache à la fin non ? ); les scènes de baston - que l'on finit par souhaiter hein- sont par contre très réussies et assez impressionnantes, avec un dernier combat très mortel n'est-ce pas.

Certains repensent, dans les moments difficiles, à leur vacances en Irlande, ou à un certain coucher de soleil en particulier, et moi comme de juste je repense alors pour ma part moi aussi à ma petite enfance, à une série télé découverte par un beau Dimanche Martin ensoleillé qui s'appellait ' Le mystèrieux Docteur Cornélius' tellement grandiose que je n'ai pas regardé tous les épisodes tellement ça me faisait flipper, mais je n'ai jamais revu quelquechose comme ça à la télévision française...Une histoire mêlant science-fiction et fantastique, adaptée d'un feuilleton de Gustave Lerouge, ayant pour cadre une république dictatoriale isolée du monde avec des savants-fous, une société secrète, rassemblant la fine fleur des comédiens français de l'époque : Gérard Désarthe, mais aussi et surtout l'immense Hugues Quester que le cinéma aurait pour ainsi dire véritablement manqué pour de vrai, et...qu'est-ce que je voulais dire déjà ?

mystdrcornelius

Ah oui, à ' Imagesquibougent' on aime à encourager ces artisans dévoués tout entier à leur art qui pensent à nous.
valerian


Posté par sigismund à 14:57 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 mars 2009

..et puis après ça on parle d'autre chose...

rauschenberg1

Hommage à Robert Rauschenberg

Posté par sigismund à 23:21 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 mars 2009

le train en route ( 'tout a déjà commencé' )

addendum

On peut éprouver quelques sensations bizarres à la vision de 'Zeitgeist addendum', un peu comme avoir le tiercé dans l'ordre, les pièces du puzzle se rassemblent peu à peu.Des choses que l'on sait déjà peut-être, ou pas forcément, il me semble avoir entendu depuis le lycée la stratégie économique bien connue dite du 'goulet d'étranglement' à savoir maintenir des pays dans la dette, et donc non apparemment ça n'est pas sale.On découvre également comment la Bourse a pu devenir à ce point inabordable pour le commun des mortels, et comment elle se légitime par elle-même, sans pouvoir revenir en arrière, mais pour cela il faut comprendre comment les Etats créent de l'argent à partir de rien, mais qui a des répercussions absolument concrètes.

Le film reprend ce que le 'Brought to light' d' Alan Moore et Bill Sienkiewickz en ce qui concerne la politique d'intimidation, voire de contrôle, voire meurtrière, envers les pays pourvus de ressources naturelles importantes et met bel et bien l'accent sur ' la corporatocratie' c-a-d ces grandes multi-nationales aussi puissantes que des nations qui téléguident les gouvernements. Vous l'aurez remarqué le Sigismund est limité, nous avons déjà évoqué les statistiques des chiffres de la faim, mais là ou j'ai un neurone qui a du mal à passer le cap, c'est quand je pense en plus maintenant aux entreprises qui polluent la planète par soucis d'économie mais qui n'hésiteront ensuite pas à marchander le transat avec la clim sous le dôme. Pourtant il y a des solutions et d'après les auteurs nous avons même les moyens - utiliser des énergies propres, naturelles, peut-être même qu'il n'est pas trop tard pour rattraper le merdier écologique, quand à subvenir aux besoins des plus défavorisés on a les solutions depuis longtemps également. Bienvenue dans le monde me direz -vous peut-être, le seul obstacle ce sont les mystérieux actionnaire cités précédemment qui refusent, empêchent que l'on puisse ne serait-ce qu'envisager les restructurations dont nous avons besoin et ce toujours pour les mêmes raisons, les raisons à EUX.

swans

L'espace de quelques instants, 'Addendum' rend l'utopie presque palpable et appelle à l'engagement, le systême est au bord de l'effondrement et les dirigeants seront obligés de prendre les choses encore plus en charges - moi j'ai pas envie de voir comment, la guerre civile généralisée étant déjà ce que la décence réclame et ce n'est pas le cas .Pourtant à y regarder de près, il semblerait que le problême soit un problême de mentalité : refuser le systême ainsi que ses valeurs. Et nous avons des raisons tellement inattaquables que s'en est rageant.

Amon_Tobin___Supermodified

De plus il doit y avoir une autre solution, un autre moyen que ce que propose l'un des interlocuteurs qui encourage lui aussi un peu au sabotage ou à la discréditation, tout ça parce qu'il y a une chance que ce soit récupéré; par contre si le systême pouvait abdiquer à cause de ses propres échecs et délits, autrement dit s'il était contraint à répondre de ses actes,là on serait davantage au début de quelque chose. Ainsi certaines entreprises ont le droit de polluer en toute impunité, et préparer les injustices de demain ?

_building
http://www.cartoonland.de/archiv/hochhaus-space-invaders/

Posté par sigismund à 23:57 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 mars 2009

Il peut le faire...

Plus militant ?
ok ok

T_shirt___I_don_t_need_sex

Posté par sigismund à 19:40 - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 mars 2009

Z !

Howard_the_Duck__1986_

Posté par sigismund à 16:39 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 mars 2009

Z-Day moins 1

wftwplakatzy5

'We Feed the World' est un film documentaire autrichien réalisé par Erwin Wagenhofer et sorti le 25 avril 2007. Le film a été tourné en 2005. Erwin Wagenhofer s'est inspiré du livre de Jean Ziegler, 'L'empire de la honte' pour tourner son film. ( sources : Wikipédia )
Le film de Wagenhofer pointe en effet quelques uns des problêmes que tout le monde connaît déjà : entre autres les excédents de surproduction gaspillés, statistiques à l'appui, que tous les décès dans le monde liés à la famine ne sont ni plus ni moins que des crimes. La cerise sur le gâteau en ce sens vient à la conclusion du film, avec l'interview de l'actuel pdg de Nestlé; effectivement le problême est bel et bien philosophique, sur le thême bien connu de l'éventuelle désertification de la planète : certains considèrent que l'eau est une denrée vitale qui devrait être dispensée à ceux qui en ont besoin, et ceux qui considèrent que tout à un prix. J'avais pour ma part tendance à penser qu'un pdg n'est rien d'autre qu'un pion aux mains d'occultes actionnaires, mais nous avons ici le bref et glacant portrait de quelqu'un visiblement heureux d'être là ou il est : ' Nous n'avons jamais étés aussi bien nourris, et nous trouvons encore le moyen d'être dépressif ( ...)'. Moralité: battez vous pour votre survie, vous verrez vous aurez moins de problêmes.

jpg_arton1471_1f1eb

C'est ce que nous confirme l'extrait avec Norman Baillargeon du documentaire 'Chomsky et cie ', le fait déjà d'être sollicité de toute part quand à notre propre subsistance nous maintient suffisamment occuppés pour que nous ayons dû temps pour la contestation, qui elle-même, n'arrange en définitive personne. J'ai toujours en tête la photo d'un député de je ne sais plus quelle région en France qui avait réussi à faire passer aux votations l'instauration de couvre-feux. On voyait un type avec les dents qui traînaient par terre pouvant vaquer bien tranquillement à son petit bussiness, mais quelques fois il faut le voir pour le croire. Noam Chomsky, qui n'est pas linguiste pour rien, mais à 80 piges on peut pas non plus lui en vouloir, nous dit ' que non les choses ne vont pas si mal' et que ' le devenir de l'espèce est entre nos mains, à nous la jeune génération'.

manuf

Effectivement, passé un certain cap il semblerait que les affinités ne peuvent plus être autre chose qu'idéologiques. Pour revenir au pdg de Nestlé et à l'interlocuteur du film ' We feed the world', celui-ci comme d'autres, n'obeit qu'à une seule loi et c'est celle de la maximalisation des profits. A ce stade, il n'y a déjà plus rien à comprendre, il s'agirait d'opposer une extrême à une autre extrême, pas au risque de devenir comme eux ( en général ce sont ceux qui militent juste pour grimper plus vite les échellons qui invoquent ces raisons, dites-moi si je me trompe ) mais bien parce qu'il n'y a personne en face. Du coup quand on essaie d'entrevoir qui possède vraiment le pouvoir, qu'on essaie de se représenter quels sont justement ces mystérieux actionnaires, c'est là qu'on bascule véritablement vers l'occulte.

z___a

Pour ma part je n'arrive pas à me les imaginer différamment que dans le film de Pasolini ' Les 120 jours de Sodome', des abrutis habillés en toge qui, à un moment donné, ont sû être patients et organisés pour en être là ou ils en sont. En tout bon fan de comics, je me risquzerais à nouveau à un parallèle, sans trop forcer puisqu'il s'agit de l'adaptation au cinéma de 'Watchmen', l'actualité aidant, on ne peut pas la louper. Réputé pour ses qualités littéraires, l'oeuvre de Alan Moore n' en est pas moins subversive, puisqu'elle soulève des interrogations sur la réalité de ceux qui nous gouvernent, remettant en cause leurs statuts en explorant les racines de l'engagement. Il y a par exemple une scène de viol, qui n'est pas ici montrée de façon aussi 'réaliste' comme dans le comics, mais davantage mise en scène - et on peut saluer ici les intentions du réalisateur - et qui rappelle carrément le côté procéduriel d'une fouille de police.

brought_to_light_tpb

'Watchmen' ne fait pas que changer quelques canons narratifs, le renversement des valeurs qu'il opère -' ce ne sont pas les héros qui gagnent pour une fois, mais il y a un happy-end quand même' - est à l'image de l'hypocrisie de nos sociétés, ou la fin justifie les moyens.
Alan Moore est un pionnier dans tous les sens du terme, et un artiste exemplaire. Malgré les succès de 'Watchmen' et de 'V for vendetta', il ne s'est jamais répété et s'est bel et bien échiné à construire une oeuvre, j'en prends pour exemple un de ses travaux les plus méconnus, lorsqu'il formait avec Bill Sienkiewicz le duo le plus novateur en bande-dessinée, 'Brought to light' ou un narrateur invisible rencontre l'aigle américain complètement bourré dans un bar, récit qui est en fait l'illustration d'un rapport officiel sur les activités de la CIA .
Pour véritablement entrer en Résistance, c'est rien de le dire, il faudrait dès lors chercher du côté de structures qui seraient prêtes à lutter simultanément sur tous les fronts que sont le capitalisme, le communisme, l'immobilisme et la criminalité.
De quoi vraiment se sentir seul parfois.
Envoyez vos dons.

2408

Posté par sigismund à 16:24 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 mars 2009

Z-Day moins 2

Et ça, pour essayer d'en trouver des gens qui pensent comme soi, on peut. Ce qui ne veut pas dire pour autant que ça réussit à chaques coups. Je vous demanderais une seconde compatissante, une pensée pour votre serviteur qui va partager avec vous une de ses nombreuses désillusions, encore une fois.
C'était dans la biblio d'un squatt aujourd'hui evacué que je me procurais ce petit recueil relié à la main sobrement intitulé 'Appel' que j'achetais prestement, enfin je ne sais plus, peut-être que je l'ai juste emprunté. Je me suis dit 'ça y est c'est mon tour de prendre le maquis' et je me mets à lire cette prose plutôt chapitrée ou je trouve différents encouragements au sabotage, en réaction aux formes contemporaines de Résistance, rassemblées sous l'etiquette généralisante ( car 'étant toutes des sortes de ' ) 'nègrisme'.

Non ce n'était ( pour ceux qui croient que je démagogise ) un tract du Front National qui se serait senti obligé de se conceptualiser, suivant la mouvance des textes d'Hakim Bey ( notamment la TAZ- voir épisode précédent ),non ça venait de la Jeunesse Communiste. Je voulais partager ceci avec vous au cas ou on vous demanderait qui sont ces gens.

figb_moyen
( dessin de Manu Larcenet )

Posté par sigismund à 19:46 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2   Page suivante »