katerina_golubeva_nue_dans_twentynine_palms_reference

Elle et Lui partent pour une virée en amoureux sur les routes du désert, profitant de ce que Lui doit faire des repérages pour un film prochain. Au bout de deux minutes, Elle réalise que Lui n'a toujours pas rompu avec sa femme. Première déception.

Comme l'a si bien dit l'écrivain argentin Ernesto Sabato ' dans un couple il y en a toujours un qui souffre et l'autre qui s'emmerde ', avant les road-movies c'était la rencontre avec l'Autre, la possibilité de renaître au monde mais ce que nous dit d'emblée l'histoire de 'Twenty-nine palms' c'est que déjà cela n'est plus possible. C'est l'humain déshumanisé, incapable de recevoir quoi que ce soit de l'extérieur - je pense à l'une des premières scènes dans les rochers ou Elle lui montre ce que véritablement il devrait être venu chercher et Lui ne pense qu'à faire comme d'habitude, faire ce qu'il sait faire : retourner à l'hôtel, autant vous dire le pilleur de mondes dans toute sa splendeur qui n'a de réalisateur que la photogénie, et encore ça dépend d'un tas d'autres trucs...'Twenty-nine palms' est autant la chronique d'un autisme domestique que celle d'une mort annoncée. Bruno Dumont réussit ( rendons grâce aux magnifiques comédiens bien sûr ) un tour de force assez fulgurant entre un dehors à l'abandon ( qui pas une fois ne sera envisagé comme lieu de recommencement ) toujours plus hostile, et un dedans ( qui lui n'arrive jamais à s'affirmer ne serait-ce qu'en terme de compensation ) qui finissent par se pousser l'un et l'autre irrémédiablement jusqu'à l'asphyxie, ce qui reste assez paradoxal pour un film qui se passe dans les grands espaces - comme dirait le touriste.

Une fois encore cher ami lecteur j'ai peur de dire un gros mot - sublime, magnifique, ultime...j'ai peur ( mais oui ) de parler de peut-être de comme ça l'influence d'Antonioni et de la dorénavant fameuse thématique sur l'incommunicabilité entre les êtres qui , entre le trop et le rien, ne manque jamais de faire rire en société. En tout cas peu depuis quelques temps avaient abordés le sujet aussi frontalement et aussi brillament surtout. On pourrait voir dans 'Twenty-nine palms' la simple histoire d'une dégénérescence et on peut y voir également une vraie catastrophe; finalement l'amour, la vie, la mort c'est un peu comme la religion ou les magazines people :   ça reste pour ceux que ça intéresse...